Santé

Les causes de la fatigue et du manque d’énergie

Les causes de la fatigue et du manque d’énergie

Thinkstock Photographe : Thinkstock Auteur : Coup de Pouce

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Les causes de la fatigue et du manque d’énergie

Si le manque d’énergie et la fatigue nous collent à la peau et semblent avoir raison de notre bonne humeur, il est sans doute temps d’en chercher la raison. Petit tour d’horizon de différentes causes possibles.

À moins d'avoir déjà une bonne idée de la cause de notre manque d'énergie, la première chose à faire pour tenter de pallier notre fatigue est de... dormir! Qui sait, peut-être notre énergie s'est-elle envolée en même temps que nos heures de sommeil? Pour le savoir, on évalue nos habitudes: Se couche-ton très tard? Notre sommeil est-il perturbé? A-t-on l'habitude de faire de l'insomnie? Puis, selon notre bilan, on tente de faire les ajustements nécessaires. Par exemple, se coucher une heure plus tôt, régler nos problèmes d'insomnie en consultant un spécialiste si nécessaire, etc.

De plus, se permettre durant quelques jours de dormir selon notre rythme naturel serait idéal. «Il s'agit de se coucher et de se lever sans réveil, explique Isabelle Patenaude, ostéopathe à la clinique Spinal Mouvement de Montréal. On laisse notre corps se reposer le nombre d'heures dont il a besoin. Une petite cure de sommeil, en quelque sorte!» Si on constate que notre fatigue persiste au-delà d'une ou deux semaines malgré les changements positifs apportés à nos habitudes de sommeil, on consulte notre médecin afin de s'assurer qu'une maladie n'est pas en cause.

 

Les maladies énergivores

Bien entendu, lorsqu'on est malade, quelle que soit la maladie, notre énergie en prend souvent pour son rhume. Néanmoins, certaines maladies ont pour effet de drainer notre énergie sans même qu'on se rende compte qu'on en est atteinte!

L'anémie. On manque de fer et nos globules rouges ne sont pas assez nombreux pour transporter l'oxygène à nos organes. «Chez les femmes, on vérifie toujours si des menstruations trop abondantes n'en sont pas la cause, dit le Dr Sylvain Dion, omnipraticien et président de l'Association des médecins de CLSC du Québec. Ça peut aussi être un saignement digestif occulte, autrement dit un saignement qu'un patient ne peut pas constater lui-même.» Pour l'anémie, un médecin prescrira des doses de fer.

 

La mononucléose. Causée par un virus, cette maladie se manifeste par une très grande fatigue, des maux de gorge, des ganglions enflés et une faiblesse générale. Elle se diagnostique par une prise de sang. Notre système immunitaire s'en débarrassera seul. Le Dr Alain Bédard, omnipraticien au Centre médical Quatre-Bourgeois à Québec, recommande pour notre rétablissement de bien nous hydrater, de nous reposer, de ne pas prendre froid et d'éviter les gros efforts.

 

L'hypothyroïdie. Il s'agit d'une maladie qui touche de 2 à 8 fois plus de femmes que d'hommes. Notre glande thyroïde, située à la base du cou, fonctionne alors au ralenti. Notre métabolisme aussi! On peut avoir froid et être subitement fatiguée. Le Dr Dion compare d'ailleurs la glande thyroïde au thermostat de notre corps. L'hypothyroïdie se règle par la prise d'hormones thyroïdiennes de remplacement.

 

Une dépression. Une déprime passagère ne nous empêche pas de sortir du lit et de rire. Une dépression, si. La dépression est souvent provoquée par des facteurs externes (mise à pied, rupture, maladie, etc.) ou psychologiques (solitude, manque d'estime, etc.). Des facteurs génétiques peuvent aussi entrer en ligne de compte, par exemple si notre mère a elle-même souffert de dépression. Quelle qu'en soit la cause, la dépression entraîne un mauvais fonctionnement de certains neurotransmetteurs et provoque un grand bouleversement physique. Quelques symptômes qui doivent nous mettre la puce à l'oreille: fatigue importante et tristesse qui persistent, dévalorisation de soi et culpabilité excessive, insomnie, perte de motivation et de plaisir, idées noires... Une fois la dépression bien diagnostiquée, on la traitera avec des antidépresseurs, une psychothérapie ou les deux.

 

Le diabète de type 2. Il survient lorsque notre corps traite mal les sucres et qu'en conséquence notre taux de sucre sanguin devient trop élevé. On est alors en hyperglycémie chronique. Souvent associée à l'embonpoint et à une mauvaise hygiène de vie, cette maladie touche près de 650 000 Québécois. Plusieurs personnes ne savent même pas qu'elles en souffrent. Un bilan sanguin permet de la dépister. Une meilleure alimentation et de l'exercice régulier éviteront peut-être la prise de médicaments.

La fibromyalgie et le syndrome de la fatigue chronique. On ne connaît pas encore les causes exactes de ces deux maux dont les symptômes sont similaires: fatigue importante et persistante, troubles du sommeil, douleurs diffuses dans tout le corps. Il est souvent difficile de vaquer à ses tâches quotidiennes quand on en est atteint. Le diagnostic de ces maux peut s'avérer difficile, car il faut d'abord éliminer comme hypothèses toutes les autres maladies aux symptômes similaires. Par la suite, une médication pour soulager les douleurs peut être recommandée. Toutefois, une alimentation saine, des périodes de détente quotidienne et des exercices physiques doux (yoga, aquaforme, marche) peuvent améliorer notre état général.

 

L'insuffisance cardiaque. Elle survient lorsque le coeur, endommagé par une maladie ou une crise cardiaque, ne parvient plus à envoyer tout le sang nécessaire aux parties du corps, particulièrement durant un effort ou en période de stress. La fatigue extrême, l'essoufflement, un gain de poids soudain et la sensation continue d'avoir trop mangé sont quelques-uns des symptômes de l'insuffisance cardiaque. Si on ne peut pas la guérir, on peut très bien la contrôler avec une médication et une meilleure hygiène de vie. Il faut notamment ne pas consommer plus de 2 000 mg de sodium par jour et diminuer la caféine. Le suivi avec un médecin s'avère essentiel.

 

D'autres causes physiques

Ce ne sont pas des maladies, simplement de mauvaises habitudes qui alimentent bien souvent notre fatigue. Heureusement, il est assez facile d'y remédier.

 

Une mauvaise respiration. Nos cellules et nos organes ont besoin d'oxygène pour bien fonctionner. Alors, le fait de mal respirer cause inévitablement de la fatigue. Pour bien détendre notre diaphragme et refaire le plein d'énergie, Isabelle Patenaude et le Dr Bédard recommandent la cohérence cardiaque. Bien documentée par le médecin montréalais David O'Hare, la cohérence cardiaque est une technique de respiration qui permet de réguler les battements cardiaques. On la pratique trois fois par jour pendant 5 minutes, à raison d'au moins 6 grandes respirations par minute. On peut même télécharger sur notre cellulaire ou notre tablette une application ludique pour respirer selon la cohérence cardiaque (RespiRelax sur iOS, Respiroguide sur Android).

 

Le manque d'exercice. La sédentarité entraîne un déficit de vitalité et d'énergie. Tous les spécialistes interviewés recommandent d'ailleurs un minimum d'activité physique pour éloigner la fatigue. L'exercice ne se limite pas à s'exténuer 30 minutes par jour sur une machine! On peut commencer tout doucement en achetant un podomètre et en marchant de 6 000 à 10 000 pas par jour. On peut aussi trouver du plaisir dans une activité comme la danse. Faire le ménage énergiquement constitue aussi un bon exercice.

 

Une mauvaise alimentation. Notre niveau d'énergie est fortement lié à la nourriture qu'on mange: celle-ci peut accentuer notre fatigue ou, au contraire, la mettre K.O. La base à retenir pour bien vivre notre journée: ne jamais sauter un repas et manger aux trois ou quatre heures. Sinon, nos batteries se retrouvent à plat. «Et on va se jeter sur les machines distributrices, incapable de faire des choix santé, explique la diététicienne Elaine Caponi, de l'Institut de médecine spécialisée de Laval. C'est comme si le corps se venge!» On privilégie évidemment des repas nutritifs et des collations qui contiennent des glucides et des protéines. Si on mange seulement une pomme, notre sucre va monter et descendre rapidement. Si on la prend avec du fromage ou des noix (protéines), on tiendra facilement jusqu'au prochain repas, pleine d'énergie. Aussi, environ une demi-heure avant de manger, on boit un grand verre d'eau. «Une mauvaise digestion épuise notre corps, dit le Dr Bédard. L'eau absorbée avant un repas nous aidera à bien digérer.» Ce qu'on doit éviter? Trop de gras, difficile à digérer; et trop de sucres, qui donnent une fausse impression d'énergie puisque celle-ci s'épuisera très rapidement. «On peut boire du café, mais plus de quatre tasses par jour est irritant pour le corps et l'épuise», indique Elaine Caponi. Enfin, les boissons énergisantes sont loin de l'être vraiment. «Une boisson énergisante équivaut à deux ou trois cafés, et c'est rempli de sucres», dit le Dr Bédard.

 

Le stress qui siphonne

Le stress n'est pas non plus étranger à la fatigue qu'on peut traîner depuis longtemps. Au contraire. On désire se surpasser dans tout: la meilleure amie, la meilleure employée, la meilleure maman, la meilleure conjointe, ça doit être nous! Cette pression peut engendrer beaucoup de fatigue. Par ailleurs, le surplus d'obligations qu'on s'impose constitue également un facteur important de notre manque de souffle. Entre la course effrénée du métro-boulot-dodo et les multiples tâches et obligations sociales, on en oublie ce qu'on désire pour nous.

«On est dans une époque de manque de compassion envers soi, constate Sylvie Boucher, psychologue et coach en développement personnel. Mais le plus grand problème, c'est la déconnexion de soi. Quand tu es déconnectée de toi-même, de tes désirs, tu ne prends pas soin de toi.» Selon la psychologue, on dépasse alors nos limites et on peut vite se retrouver avec un trop-plein d'émotions, d'inquiétudes, de stress et, comme résultat, un état à la limite de l'épuisement.

«Ce qui arrive dans la société d'aujourd'hui, c'est qu'on maintient un niveau de stress élevé quotidiennement à très long terme. Et le corps n'a pas été fait pour ça», ajoute Isabelle Patenaude. Comment notre corps réagit-il à tant de stress? Comme devant toute situation jugée dangereuse, les glandes surrénales produisent de l'adrénaline et, quelques minutes plus tard, du cortisol, deux hormones essentielles à la survie des humains. Mais la sécrétion excessive de ces hormones finit par épuiser le corps, car elles puisent à même les réserves de sucres, donc d'énergie. «Lorsque nos glandes surrénales vivent une exposition répétée au stress, on peut avoir plus de difficulté à dormir, faire plus d'inflammation et avoir de la difficulté à digérer», souligne Isabelle Patenaude.

 

Moins de stress = plus d'énergie!

Voici cinq façons d'évacuer un peu de stress pour faire place à plus de vitalité.

1. On prend au moins 15 minutes par jour pour se reconnecter.

Non seulement ce temps d'arrêt nous permettra de reprendre notre souffle, mais il nous donnera aussi l'occasion d'identifier les zones tendues de notre corps. On pourra les détendre par des étirements. Cela nous permettra aussi d'ancrer notre corps et notre esprit dans le présent en nous faisant plaisir: bain chaud, roman, musique... C'est la pagaille à la maison? On s'évade en sortant marcher seule.

 

2. On revoit nos priorités.

Si on se dit incapable de prendre 15 minutes pour soi par jour, on devrait repenser nos priorités. «Si quelqu'un qu'on aime avait besoin qu'on lui accorde 15 minutes, on les trouverait», estime Sylvie Boucher. On en profite pour faire un grand ménage. Y a-t-il à notre horaire des tâches superflues ou qu'on peut déléguer? Doit-on absolument repasser cette pile de vêtements plutôt que de s'offrir une petite demi-heure rien qu'à soi?

 

3. On voit des personnes positives.

Leur grande qualité? Elles sont contagieuses! Sans même qu'on s'en rende compte, leur bonne énergie illuminera nos petites zones d'ombre. On prend note que les personnes négatives sont malheureusement elles aussi contagieuses: si on manque déjà d'énergie, leur présence risque de nous mettre à plat. On se pose la question: se sent-on énergisée ou drainée par les personnes de notre entourage? Notre constat nous amènera peut-être à faire le ménage de notre cercle social.

 

4. On fait plus de place aux choses qu'on aime.

On peut penser qu'on est fatiguée parce qu'on a trop de choses à faire dans une journée. Mais la vraie raison est peut-être qu'on ne fait pas assez de choses qui nous plaisent vraiment. Les tâches et les activités qui nous pèsent drainent notre énergie. La solution: on essaie de se départir d'une ou deux tâches qui nous ennuient au profit d'activités qui nous intéressent. Qu'a-t-on délaissé au fil des ans qui nous faisait réellement plaisir? On aimait écrire notre blogue? On adorait aller au cinéma? Aller au spa? Dessiner? On s'y remet!

 

5. On remplace les «Il faut» par «Je choisis ».

«Chaque fois qu'on dit "il faut", on le fait à contrecoeur », estime le Dr Bédard. Par exemple, «Il faut que je fasse le lavage» est beaucoup plus contraignant que «je choisis de faire mon lavage ce soir pour avoir des vêtements propres et aller au cinéma demain». «Et c'est là que réside toute la différence entre subir sa vie ou la créer, dit Sylvie Boucher. On a les mêmes tâches, mais elles deviennent tout à coup moins pesantes.»

 

Pour en savoir plus

Vaincre la fatigue. Accroître son énergie en huit étapes faciles, par Dre Eva Cwynar en collaboration avec Sharyn Kolberg, ADA Éditions, 2013, 464 p., 24,95$.

Cardio plein air. S'entraîner à ciel ouvert, par Danielle Danault, Trécarré, 2012, 195 p., 29,95$.

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