Vie de famille

Survivre aux devoirs: Une mission possible!

Survivre aux devoirs: Une mission possible!

  Photographe : Getty Images

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Survivre aux devoirs: Une mission possible!

Trouver du temps pour les devoirs et les leçons est déjà un défi, on veut au moins que ça se passe bien. Comment éviter l'opposition et les crises de larmes? Voici des conseils pour obtenir la coopération de notre écolier et vivre ce moment de la journée plus sereinement.

Dès le début du primaire, on a avantage à établir une routine concernant les devoirs. C’est encore plus important si notre jeune est du genre à se faire tirer l’oreille pour ouvrir ses cahiers. «En habituant l’enfant à faire son travail scolaire à la même heure, chaque jour, on évite bien des négociations», affirme Magalie Rivest, orthopédagogue en pratique privée.

Le moment idéal dépend de notre organisation familiale et du tempérament de notre enfant. Par exemple, s’il a du mal à cesser de jouer, on se facilitera la vie en programmant les devoirs peu après le retour à la maison. On s’assure toutefois qu’il a un répit après l’école; c’est habituellement le cas s’il va au service de garde.

Répartir la tâche sur deux périodes est utile si notre jeune reste concentré peu de temps ou si l’on revient tard du travail (comme avant et après le repas, au retour de l’école et le matin, avant l’école). À nous de voir ce qui fonctionne le mieux.

Lorsque notre enfant se met à la tâche, on éloigne les sources de distraction (télévision, jeu vidéo, téléphone cellulaire). Toutefois, les devoirs et les leçons ne doivent pas nécessairement se faire dans le silence, selon l’ergothérapeute Josiane Caron Santha. «Certains enfants s’accommodent d’un peu de bruit, d’autres travaillent mieux avec de la musique. Ce qu’il faut éviter, c’est ce qui peut détourner l’attention de l’enfant ou l’empêcher de se concentrer.»

Pour plus d’efficacité, elle suggère d’acheter en double les fournitures scolaires (crayons, règle, dictionnaire, compas, etc.). Ainsi, l’enfant ne sera pas désorganisé s’il oublie du matériel à l’école. Et si la table de la cuisine est utilisée pour les devoirs, on range les fournitures dans un bac pour que tout soit à portée de main.

 

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DOSER NOTRE AIDE

En première et deuxième année, l’écolier a besoin d’un accompagnement soutenu. À mesure qu’il grandit, la supervision parentale doit toutefois se faire plus discrète, afin qu’il gagne en autonomie. En quatrième année, un enfant devrait être capable de se mettre à l’ouvrage sans un parent assis à ses côtés, à lui dire quoi faire et comment le faire.

«Certains parents ne s’occupent pas du tout du cheminement scolaire de leur enfant, et ce n’est pas une bonne chose. D’autres sont trop présents, constate Valérie Barbet, enseignante de sixième année à Pointe-Claire. Lors de la dernière année du primaire, il y a des élèves qui n’ont pas encore été habitués à travailler seuls. La marche est haute lorsqu’ils arrivent au secondaire.» 

L’idéal est de commencer à favoriser l’autonomie de l’enfant dès le début du primaire. Par exemple, on le laisse sortir lui-même ses cahiers. S’il ne comprend pas un exercice, on lui pose des questions pour l’aider à se souvenir des explications de l’enseignante. Au lieu de corriger ses fautes, on lui demande de réviser ses réponses ou on lui donne des indices: «Il y a une erreur dans le premier paragraphe», «Es-tu certain que 3 + 2 = 6?» On lui apprend aussi à se débrouiller quand il est en panne: fouiller dans ses livres, demander des explications à son enseignante, consulter le site alloprof, appeler un ami, etc.»

 

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DONNER DU POUVOIR À NOTRE ÉCOLIER

On veut responsabiliser notre enfant tout en réduisant l’opposition à l’heure des devoirs? On lui permet de faire des choix: dans quel ordre il fera ses exercices, avec quels crayons, quand (lui suggérer deux moments qui conviennent à notre horaire, comme 17 h ou 17 h 30), s’il veut sa collation avant de commencer les devoirs ou au milieu, etc. «On voit comment ça se passe et on s’ajuste, au besoin, dit Magalie Rivest.

Si le jeune décide d’étudier ses mots de vocabulaire en premier parce qu’il aime ça, mais qu’il chiale pour le reste, le lendemain, on change l’ordre des tâches.» Typiquement, l’enfant fait ses devoirs assis sur une chaise devant une table ou un bureau. Mais à l’heure où la tendance est aux classes à l’aménagement flexible, on gagnerait à faire preuve de souplesse à la maison aussi. «L’important, c’est que l’enfant ait envie de s’investir dans ses études, souligne Valérie Barbet.

S’il veut écrire ses mots de vocabulaire debout, près du comptoir de la cuisine, lire dans son lit, apprendre ses leçons allongé sur le tapis ou s’asseoir sur un ballon de stabilité pour réciter ses multiplications, pourquoi pas?» On lui donne donc du pouvoir là-dessus également. Surtout que les recherches tendent à montrer que le fait de travailler debout, de bouger et de varier les postures améliore l’attention et les capacités d’apprentissage des élèves.

 

DU PLAISIR ET DES ENCOURAGEMENTS

Apprendre en s’amusant, c’est aussi bon pour la période des devoirs et des leçons. «Pour faire réviser l’enfant, on utilise un jeu de serpents et échelles, suggère Magalie Rivest. Une bonne réponse permet de lancer les dés et de faire avancer son pion. Succès garanti!»

D’autres idées: épeler les mots en sautant sur une jambe ou en utilisant des lettres de Scrabble, apprendre ses additions à l’aide d’un jeu de cartes ou de dés, réviser les tables de mathématiques en se balançant au parc, transformer les leçons en jeu-questionnaire... Bref, on fait preuve de créativité pour ajouter du piquant et du plaisir aux obligations scolaires de notre mousse.

Par ailleurs, il ne faut pas sous-estimer l’influence qu’a notre attitude sur sa motivation et sur le climat dans lequel se déroule ce moment de la journée. Si l’on n’aimait pas l’école et qu’on le dit souvent, si on lance des phrases comme «Viens faire tes devoirs qu’on en finisse...», on lui envoie un message négatif. Il faut donc faire attention à nos paroles de même qu’à notre langage non verbal (soupirs, air exaspéré).

À ce propos, l’ergothérapeute Josiane Caron Santha propose de s’attendre au mieux plutôt qu’au pire. «Au lieu de dire à l’enfant qu’on espère qu’il fera des efforts pendant plus de deux minutes, on lui dit qu’on a hâte de lui voir faire son devoir en moins de dix minutes. Lorsqu’on est dans un état d’esprit positif, on a plus de chances qu’il se mobilise.»

Encourager les efforts est une autre tactique gagnante. La calligraphie de notre écolier laisse encore à désirer, mais il s’est appliqué davantage aujourd’hui? On le félicite. Demain, il fera mieux. On se rappelle, de plus, que nos attentes doivent être réalistes par rapport à ses capacités.

 

QUAND RIEN NE FONCTIONNE...

Malgré les stratégies qu’on a mises en place, la période des devoirs et des leçons demeure pénible? La première chose à faire est d’en parler avec l’enseignante de notre enfant. «Quand il y a un problème, l’enseignante peut explorer des solutions avec le parent, donner des trucs pour que ça se passe mieux, faire du renforcement positif auprès de l’élève, assure Valérie Barbet, qui a enseigné à tous les cycles du primaire.

Si nécessaire, elle peut même alléger la somme de travail, comme faire passer de 15 à 8 le nombre de mots de vocabulaire à apprendre.» Cependant, lorsque les devoirs deviennent un combat, lorsqu’on est à bout de patience, la meilleure solution consiste parfois à passer le relais. Est-ce que l’autre parent pourrait s’en occuper? Sinon, la grande sœur, le petit voisin de 15 ans? On peut aussi recourir à un service de tutorat et d’aide aux devoirs si notre budget le permet.

«Même si ce n’est pas facile à accepter, on n’est pas toujours la bonne personne pour aider notre enfant avec ses devoirs, dit Josiane Caron Santha. Mieux vaut alors utiliser notre temps pour faire des activités plus agréables avec lui et laisser le terrain des devoirs à quelqu’un d’autre.» 

 

 

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