6 façons de se détendre

Auteur : Coup de Pouce

On sait qu'on devrait se détendre, mais on n'y arrive pas. Dans nos vies tellement occupées, il est facile de considérer la détente comme une perte de temps. «Pourtant, ce n'est pas un plaisir inutile: c'est primordial pour notre santé», prévient la psychologue Louise Handfield-Champagne. Quand on s'accorde du temps pour relâcher nos tensions et se mettre en mode détente, on décroche momentanément du tourbillon fou, on se change les idées et on fait le plein d'énergie.

 

1. «Je voudrais bien me détendre, mais je ne sais pas comment faire.»

On connaît les avantages de la détente et on est pleine de bonne volonté. On essaie, mais rien ne semble fonctionner: on n'arrive tout simplement pas à trouver la bonne formule.
Pourquoi est-ce si compliqué? Peut-être parce qu'on est tellement prise dans nos obligations qu'on est déconnectée de ce qui nous repose et nous fait plaisir. Ou parce qu'on s'est tellement investie pour le bonheur des autres qu'on a oublié qui on est et ce qui nous fait vraiment du bien.

À essayer: On tente de repérer dans notre vie ce qui est bon pour nous. Pour y arriver, chaque fois qu'on se sent détendue, on prend mentalement une photo de ce moment. «On pense aussi à ce qu'on faisait quand on était jeune, quand on avait plus de temps libre, ou à ce qu'on aime faire en vacances pour se détendre. Cela nous aide à trouver ce qui nous ferait du bien», explique Marie-Claude Lamarche, psychologue.  

2. «Pour se détendre, il faut absolument s'inscrire à un cours de yoga.»

À une époque où tout va vite, les activités de détente sont à la mode. Alors que notre voisine ne jure que par le yoga, une autre a trouvé la paix dans la méditation. Et nous?

Si on choisit une activité qui ne nous convient pas, on risque de ne pas y prendre plaisir et de la voir comme une obligation. La détente ne doit pas être une corvée! «Il faut éviter de se mettre des exigences, comme une durée, des règles ou un but à atteindre. On ne doit pas rechercher la perfection», dit Marie-Claude Pélissier.

À essayer: Avant de courir s'inscrire au dernier cours à la mode, on tente de déterminer nos intérêts. «Pour décrocher, on n'est pas obligée de se rendre dans un cours structuré ou de faire une détente d'une heure, note Marie-Claude Lamarche. Il faut chercher ce qui est facile et agréable pour nous.»

Le truc de Nathalie, 42 ans: «Me détendre ne signifie pas nécessairement ne rien faire... C'est surtout faire quelque chose qui me fait du bien. Ça peut être aller courir, écrire mon blogue, cuisiner tout l'après-midi en écoutant de la musique et en buvant un thé, bouquiner, recevoir un massage, etc.»  

3. «C'est bon pour les autres. Moi, je n'en ai pas besoin.»

Que ce soit parce qu'on est passionnée par notre travail ou parce qu'on trouve notre valorisation dans la quantité de boulot qu'on abat, on peut avoir le sentiment que relaxer est une perte de temps.

C'est toutefois une erreur de penser qu'on peut rouler sans jamais s'arrêter. Si on aime notre travail et qu'on a envie de poursuivre encore longtemps, il faut faire le plein régulièrement. «C'est une utopie de croire qu'on n'a jamais besoin de se détendre. C'est comme dire qu'on n'a pas besoin de manger ou de dormir», explique Marie-Claude Lamarche. Notre corps peut maintenir le rythme un certain temps, mais, à un moment donné, il faut respecter nos besoins de détente. «Autrement, c'est la vie qui va nous forcer à arrêter», constate Louise Handfield-Champagne.

À essayer: On se cherche des intérêts à l'extérieur du travail. Si on est plutôt compétitive, on peut se tourner vers des modes de détente interactifs, comme les sports d'équipe, par exemple. On mange à notre bureau? Erreur! L'heure du dîner est un excellent moment pour décrocher. Ce temps de pause nous permettra d'être plus productive le reste de la journée. Toujours convaincue de ne pas en avoir besoin? «On essaie quand même diverses formes de détente, suggère Marie-Claude Pélissier, psychologue. Ainsi, on vérifie si notre impression première est bonne.» On risque d'être surprise!

Le truc d'Hélène, 46 ans: «Un jour, ma voisine m'a demandé pour aller marcher avec elle. Chouette! Depuis, on s'appelle presque chaque soir, après le souper, et on sort marcher ensemble. Je n'aurais pas pensé que cette activité aurait cet effet sur moi, mais en l'essayant, j'ai découvert qu'elle me détendait. Merci, chère voisine!»

4. «Pour me détendre, vive la télé ou l'ordi!»

Après une journée bien remplie, on aime se caler devant la télé pour quelques heures de détente. Pourtant, lorsqu'on s'extirpe du sofa, quatre heures plus tard, les soucis refont surface, les tensions reviennent en force et on se retrouve aussi stressée qu'avant.

«La télé, comme Internet, nous stimule plus qu'elle ne nous relaxe. On est bombardée d'informations et d'images. De plus, c'est clair que le zapping n'est pas très relaxant!» note Marie-Claude Pélissier. Quand on regarde la télé, on se change peut-être les idées, mais on ne se détend pas nécessairement. Si on se sent encore stressée ou préoccupée après avoir passé du temps devant notre écran, l'activité ne nous a pas détendue. On choisit peut-être la télévision pour se détendre parce qu'on manque un peu d'idées... et de motivation. C'est beaucoup plus difficile de décider d'aller marcher que de s'étirer pour prendre la télécommande. Se faire un rituel pour regarder notre émission préférée, en voyant ce moment comme une pause dans notre quotidien, peut se révéler une activité réconfortante. Le danger, c'est de s'installer systématiquement devant la télé ou l'ordi chaque soir, sans pour autant en éprouver de satisfaction.

À essayer: On évalue comment on se sent après avoir éteint le téléviseur: se trouve-t-on énergisée, l'esprit plus léger ou complètement «patate»? Une détente ne devrait pas nous fatiguer, mais plutôt nous amener à un état de bien-être. La pause qu'on s'est offerte en regardant notre émission doit avoir un effet positif. C'est l'indication que cette forme de détente est efficace pour nous. Si elle ne l'est pas, on essaie une activité différente afin de trouver ce qui nous aiderait vraiment, ou on utilise une minuterie pour ne pas oublier de se lever du divan une fois notre émission préférée terminée!

Le truc d'Anne, 32 ans: «Quelques copines et moi avions un rituel lors de l'émission La Galère. Chacune chez soi, on se versait une coupe de vin, on se préparait une collation et on écoutait l'émission en se téléphonant pendant les pauses.»

5. «Ma tête n'arrête jamais.»

On sait ce qui est propice à la détente: un bon bain, un film avec des copines, une séance au gym. Mais notre cerveau, lui, refuse de s'arrêter: «Qu'est-ce que je vais faire pour souper? Bon, encore un party de famille cette semaine!» Etc.

Certaines personnes vivent beaucoup dans l'anticipation, s'imaginant une foule de scénarios, repassant dans leur tête diverses possibilités, tout en ayant besoin de ne rien manquer. «Ce sont des hyperactifs cérébraux!» constate Marie-Claude Lamarche. Attention: surchauffe à prévoir! En effet, le cerveau a lui aussi besoin de repos. «Si notre tête n'arrête jamais, c'est une lumière rouge qui clignote! Il y a un problème. On doit s'arrêter», dit Louise Handfield-Champagne. Un athlète qui s'entraînerait sans jamais prendre de pauses risquerait de se blesser. C'est la même chose pour les «athlètes» du cerveau qui fonctionnent à plein régime!

À essayer: «Toutes les activités répétitives qui n'exigent pas une grande réflexion sont bénéfiques, car elles nous hypnotisent presque! On les fait machinalement tout en continuant de penser, mais tout à coup, on part et on se déconnecte enfin de notre esprit», dit Marie-Claude Lamarche. Des suggestions? Tricote, marcher, peindre (ou décaper) un joli meuble, pétrir du pain, etc. «Arracher les mauvaises herbes peut être salvateur! On n'a pas besoin de réfléchir, on n'est pas dans un cas de résolution de problème et on fait quand même un travail concret», explique Marie-Claude Lamarche. Si on souhaite aller plus loin, on peut essayer la méditation, qui est très bénéfique pour apprendre à vivre le moment présent et calmer le flot de pensées dans notre tête. Pour savoir comment s'y prendre, on consulte Méditer, c'est santé!

Le truc de Marie-Josée, 45 ans: «Le jardinage me procure beaucoup de détente. Cette activité me permet de faire le ménage dans mes pensées, de me vider la tête pour un instant. J'aime dire que c'est une forme de méditation pour moi.»

6. «Je me reposerai quand le ménage sera fini, quand j'aurai bouclé un gros dossier, quand les enfants seront grands, etc.»

Une récompense, la détente? Pas nécessairement, et surtout pas toujours! Si on croit qu'on doit «mériter» de se détendre, on aura peut-être de la difficulté à le faire quand on en aura vraiment besoin. Peut-être aussi a-t-on du mal à arrêter quand deux paniers de linge nous font de l'oeil.

Lâcher prise n'est pas toujours facile. Pour les perfectionnistes, c'est pratiquement impossible quand toutes les conditions ne sont pas réunies. Mais, si on attend le moment parfait pour se détendre, on risque de ne jamais le voir arriver. Et puis, à moins d'être Jack Bauer, le monde ne s'écroulera pas si on prend 20 minutes de repos... Il ne faut pas s'en culpabiliser, même si tout n'est pas parfait autour.

À essayer: On se dit qu'une petite pause est bien meilleure qu'un long moment qu'on n'arrive pas à caser dans notre vie. Le mieux? On met un temps de détente à notre horaire pour se défaire de notre manie d'attendre que la perfection règne avant de s'accorder cette pause. «Le simple fait de prendre trois longues et profondes respirations suffit parfois. Et ça ne dure pas plus de 90 secondes! Ma prescription? Trois fois par jour, avant les repas pour commencer», suggère Louise Handfield-Champagne. On peut aussi aussi utiliser les transitions dans la journée pour se faire plaisir et penser à soi. «Se mettre en mode détente peut tout simplement vouloir dire prendre un verre de vin au retour du boulot pendant qu'on s'attaque au repas», précise Marie-Claude Lamarche.

Le truc de Nathalie, 42 ans: «Je me suis longtemps sentie coupable de prendre du temps pour moi, sans aucun objectif productif: je me disais que je devais m'occuper de mes enfants ou passer au point suivant sur ma liste infinie de choses à faire. Puis, j'ai réalisé que moins je prenais de temps pour moi, plus je devenais impatiente avec les enfants. Et qu'à l'inverse une pause de quelques heures avait des effets bénéfiques pendant des jours.»

Quelques pistes pour se détendre

  • 1001 solutions naturelles pour relaxer, par Susannah Marriott, Broquet, 2010, 192 p., 24,95$.
  • 10 minutes pour soi, par Françoise Réveillet, Marabout, 2009, 256 p., 10,95$. 

 

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