Argent et consommation

Acheter en ville ou en banlieue?

Acheter en ville ou en banlieue?

Acheter en ville ou en banlieue? Photographe : iStock Auteur : Les Éditions du Jounal

Argent et consommation

Acheter en ville ou en banlieue?

Urbaine branchée, vous avez envie d’acheter une maison en ville, mais vous croyez que seule la banlieue est accessible? Refaites vos calculs!

 

Certes, le prix au pied carré d’une maison sera probablement moins élevé à Saint-Amable, Saint-Colomban ou Mascouche, qu’à Ahuntsic, Dollard-des-Ormeaux, Pointe-aux-Trembles ou sur le Plateau. Et c’est généralement plus cher dans la Haute-Ville ou à Sainte-Foy qu’à Neufchâtel ou Beauport.

Mais il n’y a pas que le prix de départ que vous devez considérer. Il faut aussi tenir compte des besoins de votre famille, de la qualité et du coût de la vie, de votre budget, de vos liquidités et de la valeur de votre actif.

Par exemple, une majorité de jeunes familles ont envie de préserver leur style de vie urbain, mais ils se rabattent sur la banlieue parce qu’ils estiment qu’ils ne peuvent se payer l’équivalent à Montréal.

Pourtant, la vie de banlieue comporte des coûts insoupçonnés, confirmés par des études qui se multiplient.

Prenez les transports, par exemple : une voiture moyenne coûte environ 10 000$ par année à faire rouler (achat/location, essence, entretien, amortissement). Au bout de 25 ans, soit la durée normale d’une hypothèque, cette deuxième voiture que vous aurez achetée parce que vous vivez en banlieue aura financé votre maison en ville.

En 2013, Luc Gagnon et Pierre-Olivier Pineau, de HEC Montréal, ont démontré qu’un couple avec deux enfants vivant en ville avec une seule voiture pouvait se permettre d’acheter une maison qui vaut 210 000$ de plus que le même ménage ayant choisi la banlieue et ses deux autos.

S’ils roulent 20 000 km par année, ça équivaut à une hypothèque de 160 000$. En fait, sur 40 ans, le coût de la vie sera moins élevé pour un couple se déplaçant en transports en commun, même si leur maison coûte 250 000$ de plus à Toronto qu’en banlieue, selon le Globe and Mail.

C’est la même logique à Montréal et à Québec.

De plus, lorsque viendra le temps de revendre votre maison, à l’aube de la retraite ou même bien avant, la plus-value sera beaucoup moindre en banlieue où la valeur des maisons grimpe moins rapidement qu’en ville. Certaines sources parlent d’une différence de 1% par année. En fin de compte, vous aurez dépensé autant d’argent pour faire la navette entre le boulot et votre paradis banlieusard que si vous aviez acheté en ville. Et surtout: vous vous serez tapé entre deux et trois heures par jour de conduite dans les bouchons de circulation, l’équivalent d’un mois et demi passé en famille ou avec des amis à votre terrasse urbaine préférée…

Autre erreur courante: les gens achètent presque TOUJOURS trop grand, spécialement en banlieue. Parce que l’espace est moins cher qu’en ville, la tentation est grande d’ajoutez de l’espace de plancher… que vous devrez entretenir, nettoyer, assurer, financer et qui sera taxé en conséquence.

Au rayon des coûts cachés: la piscine (10 000$ à l’achat), que vous aurez à entourer d’une clôture et à pourvoir en accessoires pour l’entretenir et la chauffer (2 000$ annuellement). Aussi bien fréquenter la piscine publique intérieure de son quartier, ouverte à l’année, payée par le contribuable (pas juste vous) et dont l’entretien ne mobilise pas une heure de chaque journée de votre très court été.

Nos conseils

L’entretien et la rénovation d’un bungalow ne sont pas déductibles d’impôt, alors le salon d’apparat, le boudoir du deuxième, l’immense sous-sol, l’escalier monumental, les quatre salles de bains et le gigantesque walk-in sont-ils nécessaires ?

En ville, plusieurs propriétaires achètent un duplex ou un triplex, le revenu de location payant une partie de l’hypothèque.

Ce qui laisse du temps et de l’argent pour aller rejoindre les copains à la terrasse du quartier et profiter d’une dolce vita urbaine bien méritée.

Cet article est tiré du livre 99 trucs pour s'enrichir; Parce que gérer son argent ne devrait jamais être inutilement compliqué ou stressant, les chroniqueurs experts du Journal de Montréal ont rassemblé des astuces et des conseils simples et efficaces pour aider le lecteur à réaliser son plein potentiel financier.

 

 

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