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Sport et cycle menstruel

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Sport et cycle menstruel

Photographe : istockphoto.com Auteur : Amélie Cournoyer

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Sport et cycle menstruel

Certains entraîneurs sportifs recommandent aux femmes d’adapter leur entraînement à leur cycle menstruel, question de tirer profit de leurs fluctuations hormonales plutôt que de travailler contre elles. Mais est-ce vraiment recommandable?

 

Chaque femme a une histoire bien personnelle avec ses hormones: certaines ressentent à peine leurs fluctuations et vivent sans montagnes russes; d’autres seraient prêtes à conquérir l’Everest autour de la période ovulatoire, puis voudraient passer les journées précédant leurs menstruations en petite boule dans leur lit. Mais devrait-on pour autant conseiller aux femmes de planifier leur pratique sportive en fonction de leurs hormones?

Pas vraiment, selon le professeur agrégé au département de kinésiologie de l’Université de Montréal et physiologiste de l’exercice Jonathan Tremblay. Celui-ci s’est justement intéressé aux effets du cycle menstruel sur le métabolisme énergétique et la performance sportive. «Les plus récentes données indiquent que les hormones naturellement présentes dans l’organisme ainsi que les doses contenues dans les anovulants actuellement sur le marché n’ont pas d’impact observable sur la performance, soutient-il. On rapporte seulement des cas anecdotiques de femmes qui ont vu une différence... qui était parfois positive, parfois négative. On ne peut donc pas faire de recommandation générale aux femmes, en leur disant d’adapter leur entraînement en fonction de leur cycle menstruel.»

Chaque femme est unique

Vicki Harber est experte en entraînement des athlètes féminines et professeure à la faculté d’éducation physique et de loisirs de l’Université d’Alberta. Elle reconnaît que certaines femmes perçoivent davantage l’impact de leurs fluctuations hormonales sur leur niveau d’énergie. «Les phases du cycle menstruel n’ont généralement pas d’influence sur les différents aspects de la performance sportive, tels que la force, l’aérobie, l’anaérobie ou les fonctions cognitives, dit-elle. Cela dit, il y a de grandes variations entre chaque femme et quelques sportives peuvent remarquer des changements dans leur performance au cours de leur cycle.»

Or, il n’y a pas que les hormones qui influent sur notre niveau d’énergie: une période de stress ou de deuil, une mauvaise nuit, un petit virus, une maladie sont autant de facteurs qui sabrent notre vitalité. Puisque la plupart d’entre nous ne sont pas des athlètes de haut niveau qui doivent atteindre des objectifs de performance, pourquoi ne pas tout simplement adapter notre entraînement en fonction de notre vigueur du moment? Les joggeuses peuvent par exemple raccourcir leur parcours ou faire une marche les jours de grande fatigue. Un cours de Pilates peut sûrement remplacer notre cours de spinning; et l’entraînement modéré en salle peut se substituer au CrossFit lorsque l’on se sent moins d’attaque.

SPM et exercice physique

Mal de tête, de cœur, de ventre et de dos, nausées, crampes, grande fatigue... Les 40% de femmes qui souffrent du syndrome prémenstruel (SPM) n’ont pas forcément envie de lacer leurs espadrilles les jours précédant leurs menstruations. Quoi faire dans ce cas: se reposer ou se pousser à bouger dans l’espoir de diminuer son SPM? «Les études montrent que l’activité physique n’a pas d’impact sur les douleurs associées au SPM et que les douleurs ressenties n’affectent généralement pas la performance. Mais, encore une fois, c’est très variable. Certaines femmes voient leurs symptômes aggravés par l’exercice; pour d’autres, c’est le contraire», affirme Jonathan Tremblay.

Pour déterminer dans quel camp on se situe, Jonathan Tremblay conseille de l’expérimenter à quelques reprises et d’adapter son entraînement au besoin, en évitant par exemple les exercices qui peuvent être douloureux (abdominaux, flexions des hanches, sauts), ou de tout simplement le reporter. «Ce qu’il faut retenir, finalement, c’est que plusieurs femmes croient qu’elles sont limitées durant certaines périodes de leur cycle, alors que c’est rarement le cas en réalité», conclut Vicki Harber.

 

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