Jardinage

Une belle plate-bande en 4 étapes faciles

Auteur : Coup de Pouce

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Une belle plate-bande en 4 étapes faciles

Étape 1: On fait l'état des lieux

Avant toute chose, on doit bien comprendre la dynamique du terrain où on jardine. Rien de compliqué: on récolte quelques données de base afin de déterminer le meilleur emplacement pour notre plate-bande et de choisir des végétaux qui y seront heureux.

  • L'ensoleillement. On observe la trajectoire du soleil au cours de la journée (et on n'oublie pas qu'elle se modifiera au fil de l'été): combien d'heures d'ensoleillement l'endroit choisi pour notre plate-bande reçoit-il? S'il reçoit plus de 6 heures de soleil direct par jour, on parle de «plein soleil». Entre 2 et 6 heures, de «mi-ombre». Et un secteur qui reçoit moins de 2 heures d'ensoleillement est considéré «à l'ombre». On choisit ensuite le meilleur emplacement en fonction du type de plate-bande qu'on veut: un massif ensoleillé accueille un plus vaste choix de plantes, mais on peut préférer le caractère intimiste d'un jardin d'ombre, sous les arbres.
  • La zone de rusticité. Le Québec est découpé en plusieurs zones qui partagent certaines caractéristiques climatiques. Par exemple, Montréal et ses environs sont en zone 5b, alors que Sept-Îles est en zone 3a. Si on veut que nos vivaces et arbustes puissent résister à l'hiver sans protection particulière, il faut choisir des espèces d'une zone égale ou inférieure à la nôtre, c'est-à-dire qui peuvent supporter les températures qu'il fait chez nous (ou de plus froides). Sur le site d'Horticlub, on trouve un outil pour déterminer la nôtre.
  • L'exposition aux vents. Dans un secteur très venteux, le sol se dessèche rapidement et la température est systématiquement plus basse. Si on tient à installer notre plate-bande dans un endroit exposé, mieux vaut installer un brise-vent pour la protéger: haie, treillis couvert de plantes grimpantes, etc.
  • La nature du sol. Il peut être argileux (il est lourd et reste longtemps gorgé d'eau) ou plutôt sableux (léger et drainant). Dans les deux cas, on pourra y incorporer du compost, qui rendra la terre argileuse plus meuble et améliorera la rétention d'eau du sol sableux. On peut aussi choisir nos végétaux en conséquence: en cherchant bien, on dénichera des plantes pour chaque type de sol, même le plus pauvre et sablonneux.
  • Le pH. Le sol peut être acide, alcalin ou neutre. La plupart des plantes apprécient un pH neutre (entre 6 et 7,5). On peut déterminer le pH de notre sol à l'aide d'une trousse d'analyse (McKenzie, 3,49 $, chez Rona). On peut aussi regarder ce qui pousse dans le voisinage: la présence de plantes acidophiles (azalées, rhododendrons, magnolias) ou de nombreux conifères est un indice de sol acide; à l'inverse, si les oeillets, les giroflées et les clématites prospèrent, on est en présence d'un sol alcalin. Une fois qu'on connaît le pH de notre sol, le plus simple est de choisir des plantes qui l'apprécient, mais on peut aussi le corriger en incorporant des amendements ou des engrais.

 

 

Étape 2: On imagine notre future plate-bande

Maintenant qu'on connaît un peu mieux notre terrain, on détermine l'emplacement de notre plate-bande, sa forme et sa dimension. On trace un petit croquis: il ne s'agit pas de concurrencer les plans des paysagistes, mais simplement de mettre nos idées sur papier. On rapporte le plan du terrain, à l'échelle, sur du papier quadrillé ou encore on photocopie le plan de localisation de notre propriété. Si on préfère travailler à l'ordinateur, on utilise un logiciel d'aménagement paysager comme Garden Planner, pour Windows, 19,95 $, disponible en version d'essai de 15 jours). On esquisse ensuite nos plates-bandes en tenant compte des points suivants.

  • L'emplacement. Un jardin peut être placé en bordure d'un élément architectural ou paysager (sentier, clôture, fondations de la maison) pour mettre ce dernier en valeur ou le masquer. On peut aussi créer un îlot: cependant, comme celui-ci pourra être observé sous plusieurs angles, il faudra penser à créer des points d'intérêt de tous les côtés. Dans tous les cas, on s'assure de préserver de larges allées et de ne pas empiéter sur les zones de passage: notre plate-bande doit agrémenter nos déplacements, pas les gêner.
  • Les dimensions. Pour pouvoir créer de jolis effets de rappel et des dégradés de hauteur, on vise un minimum de 1,80 m de largeur et au moins 3 m de longueur. Quant au maximum, c'est une question d'équilibre (par rapport aux autres éléments du terrain) et de temps disponible... Arrosage, désherbage, nettoyage: plus grande est la plate-bande, plus de temps on devra y consacrer.
  • La forme. Les lignes sinueuses permettent d'obtenir un effet naturel qui convient à la plupart des aménagements. Cela dit, un jardin géométrique et très structuré agrémente bien une cour urbaine et convient aux demeures de style moderne.

Étape 3: On choisit les végétaux

Pour s'inspirer, on feuillette des livres, on fouine dans les jardineries, on utilise un sélecteur de végétaux (voir encadré). Pour être sûre de choisir des plantes bien adaptées aux conditions de notre terrain, on consulte les fiches techniques. Une fois notre choix fait, on leur assigne une place sur le croquis en les représentant par un cercle coloré illustrant leur dimension à maturité. Comment s'assurer d'un beau coup d'œil? Voici quelques principes éprouvés.

  • Les couleurs. Pour éviter les faux pas, dans un premier temps, on y va avec parcimonie: on joue les couleurs complémentaires (jaune et violet, rouge et vert, bleu et orangé), ou on mise sur le blanc ou des dégradés d'une seule couleur. On fera des ajouts avec le temps.
  • La période de floraison. Une plate-bande est comme une symphonie: mieux vaut éviter les temps morts. C'est pourquoi on sélectionnera des plantes qui fleurissent à différents moments de l'été. On tient aussi compte du paysage hivernal: on s'assure que les végétaux qui resteront en place pendant la froide saison (comme les arbustes) soient bien répartis.
  • La hauteur. On dispose les plantes en ordre décroissant de hauteur: arbustes et grandes vivaces à l'arrière jusqu'aux petites plantes à l'avant-plan. Pour éviter la monotonie, on brise l'effet étagé à certains endroits.
  • Le rythme. On plante une même plante à plusieurs endroits dans la plate-bande pour créer des rappels. On procède toujours en nombre impair: cela crée du dynamisme pour le regard.
  • L'espacement. On espace les plantes en respectant leur diamètre à maturité, moins 15 %: une plate-bande bien garnie limitera la croissance des mauvaises herbes.

 

Des suggestions sur mesure

Pour dénicher rapidement des plantes adaptées à nos besoins et aux conditions de notre terrain, on utilise un sélecteur de végétaux. À partir de quelques critères (type de plante, ensoleillement, couleur, période de floraison), celui-ci nous propose une liste de végétaux appropriés. Voici deux ressources pratiques.

  • Le sélecteur de plantes interactif. On précise quelques critères (catégorie, rusticité, exposition, nouveautés, etc.) et le logiciel nous propose des plantes qui y répondent.
  • La trousse de sélection des plantes vivaces du chroniqueur horticole Serge Fortier (34,95 $). Il s'agit d'un astucieux système d'acétates, chacune correspondant à un critère: en les superposant, on cache les végétaux qui ne correspondent pas à nos besoins. À la fin, on a notre sélection.

Les bons outils

Arrosoir. On s'assure que le boyau sera assez long pour se rendre jusqu'à la plate-bande. On choisit une lance plutôt qu'un pistolet: on pourra arroser près du sol sans avoir à se pencher.

Brouette. Pour transporter le matériel de jardinage, la terre et les végétaux d'un bout à l'autre du terrain.

Coupe-bordure. Avec sa lame en demi-lune, il servira à délimiter les bordures des plates-bandes et à enlever les plaques de gazon.

Griffe rotative. Pour ameublir la terre et incorporer des amendements au sol de manière plus confortable qu'avec la traditionnelle fourche.

Pelle ronde. Elle est parfaite pour creuser les trous de plantation et transporter la terre.

Râteau. On cherche un modèle aux dents robustes à angle droit, pour égaliser la terre.

Sarcloir. Pratique pour désherber, mais aussi pour défaire la croûte de surface et aider le sol à absorber l'eau.

Sécateur. Pour tailler les végétaux et couper quelques fleurs de notre plate-bande pour un bouquet.

Transplantoir. Il sert à creuser des petits trous ou à déterrer les végétaux de taille réduite.

 

 

Étape 4: On prépare la plate-bande et on plante

C'est le grand jour! On sort les outils, on met un grand chapeau et on s'installe pour reproduire en vrai la plate-bande dont on a tant rêvé sur papier.

1. On délimite le contour. Pour créer une plate-bande sinueuse, on dépose un tuyau d'arrosage sur le sol et on suit ses courbes au coupe-bordure. Effet naturel garanti! Pour tracer une ligne droite, on utilise plutôt une corde tendue entre deux piquets.

2. On prépare la terre. Traditionnellement, on recommandait de retirer le gazon sur toute la surface prévue pour la plate-bande, puis d'amender le sol avec du compost. On n'a pas envie de s'éreinter? On adopte la technique du «jardinier paresseux», Larry Hodgson, qui consiste à simplement recouvrir la surface gazonnée de papier journal, puis à ajouter 20 cm de terre à jardin par-dessus. Sans lumière, le gazon va mourir et le papier journal, se décomposer. On calcule une dizaine de feuilles d'épaisseur, qu'on trempe d'abord dans l'eau pour qu'elles tiennent bien en place, et on s'assure de faire se chevaucher les feuilles pour éviter tout interstice. On égalise la terre au râteau.

3. On dispose les végétaux. En suivant notre croquis, on dépose les pots de plantes dans la plate-bande et on évalue le coup d'oeil. Dernière chance de faire des modifications avant de creuser!

4. On plante les arbustes et les vivaces en gros pot.

• On creuse un trou deux fois plus large que la motte et une fois et demie plus profond.

• Le sol sous l'ancienne surface gazonnée est compact: pour faciliter l'enracinement, on ameublit le fond du trou avec la griffe rotative.

• On remplit le trou d'eau et on laisse drainer. 

• On ajoute ensuite du terreau de plantation (Pro-Mix pour annuelles, vivaces et arbustes, 5,99 $ pour 28 L, chez Rona). On en met l'équivalent de la moitié de la hauteur de la motte.

• On ajoute de la poudre d'os (C.I.L., 5,99 $ pour 1,5 kg, chez Canadian Tire), qui libérera tranquillement du phosphore bénéfique au système racinaire. On en met une poignée aux vivaces, et une demi-tasse aux arbustes.

• On retire la motte du pot en prenant soin de ne pas la briser et on la place dans le trou, en mettant le plus beau profil du plant en valeur et en vérifiant que le collet (l'endroit où la tige sort du sol) est à la même hauteur qu'il était dans le pot.

• On comble avec du terreau de plantation, on tasse bien la terre avec les pieds, puis on arrose copieusement.

 

5. On plante les petites vivaces et annuelles. Pour les plantes dont la hauteur de la motte ne dépasse pas la couche de 20 cm de nouvelle terre ajoutée à la plate-bande, on creuse simplement un trou au transplantoir, on ajoute un peu de poudre d'os, on dépose la plante et on remblaie.

6. On arrose en profondeur. Plusieurs fois dans la semaine qui suit la plantation, on arrose longuement pour assurer une irrigation en profondeur.

7. On installe une bordure. Pour créer une séparation nette entre la plate-bande et le gazon, on utilise une bordure de résine (19,99 $ les 50 pi, chez Canadian Tire) ou un matériau qui rappelle les autres éléments de notre terrain: pierres, briques, bois. On peut aussi creuser une tranchée à l'aide du coupe-bordure: le coup d'oeil sera plus naturel, mais il faudra refaire le travail chaque année, sans quoi le gazon envahira nos plates-bandes.

8. On épand du paillis. On en met environ 5 cm sur toute la surface. Il préservera l'humidité et la fraîcheur du sol, empêchera les mauvaises herbes de se semer et évitera la formation d'une croûte à la surface de la terre (sur laquelle l'eau ruisselle au lieu d'aller abreuver les racines).

9. On s'adapte. Au fil des mois et des années, certains détails devront être modifiés: un arbuste qui refuse de fleurir, une couleur qui jure avec le reste, etc. Heureusement, les végétaux ne sont pas coulés dans le béton, mais plantés dans la terre! Si on n'est pas entièrement satisfaite de leur emplacement ou de leur effet, on peut toujours les changer de place.

Pour aller plus loin

En librairie:

Jardin facile, collectif, Sélection du Reader's Digest, 2008, 319 p., 49,95 $.

L'Aménagement paysager pour le Québec, par Catriona Tudor Erler (adaptation française par Larry Hodgson), Broquet, 2008, 383 p., 39,95 $.

Les 1500 Trucs du jardinier paresseux, par Larry Hodgson, Broquet, 2006, 704 p., 49,95 $.

Techniques de jardinage, par Albert Mondor, Les Éditions de l'Homme, 2003, 357 p., 39,95 $.

En ligne:

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