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Télétravail: moins de métro-boulot-dodo

Télétravail: moins de métro-boulot-dodo

  Photographe : Getty Images

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Télétravail: moins de métro-boulot-dodo

Travailler en pantoufles n’est pas donné à tous. Mais lorsque la nature de notre emploi – et notre personnalité! – rendent la chose possible, le télétravail peut grandement améliorer notre qualité de vie. Encore faut-il avoir la bénédiction du patron...

L'an passé, Rose-Marie, 38 ans, a quitté son emploi des 12 dernières années pour se joindre à une entreprise en démarrage qui lui permettait de travailler à la maison. «J’étais tannée des horaires de travail rigides, d’avoir l’impression de devoir “puncher” matin et soir. J’avais envie de vivre autre chose, d’être évaluée par tâches accomplies plutôt que pour le nombre d’heures passées au bureau», explique celle qui travaille en comptabilité.

 

UN CHANGEMENT DE MENTALITÉ

Rose-Marie n’est pas la seule à vouloir un horaire plus flexible. Selon un sondage mené par le site de recherche d’emploi canadien Indeed, 47 % des répondants qui travaillent pour des entreprises qui n’ont pas de politique de télétravail aimeraient que leur employeur leur offre cette possibilité. Parmi eux, 33 % envisagent de se chercher un emploi dans une compagnie qui le permet et 14 % cherchent activement.

Il faut dire que les bénéfices pour les employés sont nombreux: meilleure conciliation travail-famille, diminution du stress et des pertes de temps en lien avec les déplacements entre le bureau et la maison, économies sur les dépenses liées notamment aux vêtements, à l’essence et aux repas ainsi que davantage de latitude dans l’organisation du travail et de l’horaire. «Dans l’ensemble, le télétravail a grandement augmenté ma qualité de vie», clame Rose-Marie.

Cette dernière enlève les mots de la bouche d’Adèle, 36 ans. La chargée de projets en environnement a dû négocier sa journée de travail à domicile hebdomadaire lors de son embauche il y a six ans. Pour elle, c’était une condition sine qua non pour prendre ce boulot situé à une heure et quart de route de chez elle. «Disons que ce n’est pas dans la mentalité des patrons, dit-elle. Leur approche de travail est axée sur le travail d’équipe, c’est donc important pour eux que les employés se côtoient tous les jours au bureau. Mais ils ont acquiescé à ma demande, entre autres parce qu’ils avaient besoin de personnel.»

 

AU NOM DE LA PRODUCTIVITÉ

Le télétravail est loin d’avoir sa place dans toutes les cultures d’entreprise. Pourtant, il est aussi bénéfique pour les employés que pour les employeurs. Selon l’enseignant à HEC Montréal et consultant en développement organisationnel Jean-François Bertholet, les employeurs ont tout intérêt à proposer à leurs employés de travailler à partir de leur domicile, pas nécessairement à temps plein, mais au moins à temps partiel. «L’objectif du télétravail n’est pas de travailler moins, mais de travailler mieux, avance-t-il.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les employés sont généralement plus productifs à la maison. Ils sont moins dérangés par leurs collègues et les réunions et ils peuvent mieux se concentrer.» Le rapport d’Indeed le confirme: 90 % des employés estiment être aussi productifs au bureau qu’à la maison et 55 % déclarent être plus productifs quand ils travaillent dans le confort de leur foyer.

Toutes les deux mamans de jeunes enfants, Rose-Marie et Adèle profitent évidemment de leur journée à la maison pour effectuer quelques tâches ménagères. Jongler ainsi avec les obligations professionnelles et les responsabilités familiales exige toutefois beaucoup de discipline. Selon les filles, l’idéal pour rester concentré sur le rapport à produire plutôt que sur le rôti de porc à cuisiner est de s’aménager un coin bureau dans la maison pour éviter de travailler sur le comptoir de la cuisine.

«Les personnes qui travaillent à la maison doivent être capables de se mettre en mode travail même si elles restent en pyjama toute la journée. Il faut pour ça établir une routine de travail, ne pas accomplir trop de tâches ménagères... et se tenir loin de Netflix», blague (à peine) Jean-François Bertholet.

 

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