Travail

Trouver un emploi à 30, 40 ou 50 ans

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Auteur : Coup de Pouce

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Trouver un emploi à 30, 40 ou 50 ans

À 30 ans: bâtir son expérience

L'histoire de Marjolaine

Marjolaine Laporte, 32 ans, a entamé une recherche d'emploi au terme de son deuxième congé de maternité. Épuisée par la pression inhérente au poste qu'elle occupait depuis cinq ans, cette titulaire d'un baccalauréat en marketing et d'un certificat en administration cherchait un travail plus facile à concilier avec ses responsabilités familiales. «Je voulais un emploi près de chez moi, qui me permettrait d'exploiter mes compétences en relations publiques. Après une formation dans un centre de recherche d'emploi, j'ai ciblé les entreprises de la région qui correspondaient à mes critères, et j'ai trouvé une firme qui aide les compagnies à réduire l'absentéisme au travail. J'ai contacté la direction pour offrir mes services.» Deux entrevues plus tard, Marjolaine s'est fait offrir un boulot de conseillère senior en partenariat d'affaires. «Je travaille de la maison au développement de la clientèle d'affaires. C'est moi qui gère mon temps, je ne pouvais trouver mieux! Approcher directement une entreprise en lien avec mes valeurs a été une stratégie gagnante. Ma personnalité fonceuse, ma formation et mon expérience ont aussi été appréciées par l'employeur.»

Notre situation professionnelle

À 30 ans, on veut généralement améliorer nos conditions de travail et pousser plus loin nos compétences. «On cherche un milieu de travail permettant notre développement professionnel», note Nicole Lévesque, intervenante en employabilité au Centre d'orientation et de recherche d'emploi de l'Estrie.

La chercheuse d'emploi est alors en pleine possession de ses moyens, observe Annie Chauvette, conseillère en main-d'œuvre au Centre d'intervention des Basses-Laurentides pour l'emploi. «Solide et confiante, elle a acquis une belle expérience de travail par rapport aux gens dans la vingtaine, et sa carrière est devant elle.»

Nos forces

«La candidate dans la trentaine amène de nouvelles idées, de l'énergie et du dynamisme», observe Danielle Noël, conseillère en emploi pour Place Rive-Sud, qui offre des services d'aide à la recherche d'emploi à Longueuil. «Elle est motivée et s'adapte facilement aux nouvelles technologies et aux différentes méthodes de travail, ajoute Annie Chauvette. À cet âge, on est généralement ouverte au changement. Par exemple, on sera prête à suivre des formations, ce qui est bien vu par les employeurs.

Danielle Noël observe également que les trentenaires d'aujourd'hui ont commencé à travailler jeunes. «Elles cumulent une diversité d'expériences et de responsabilités professionnelles malgré leur jeune âge, et elles apprennent vite.» De plus, leur formation est récente et donc à jour, renchérit Nicole Lévesque.

Nos difficultés

Concilier travail et famille constitue LA difficulté des chercheuses d'emploi dans la trentaine. «Elles ont souvent de jeunes enfants, dit Annie Chauvette, ce qui peut limiter leur recherche d'emploi: elles ont des exigences par rapport aux horaires et ne veulent généralement pas travailler trop loin de la maison.» «L'apparence jeune de certaines femmes constitue un autre obstacle», note Danielle Noël. Même si elle a les compétences nécessaires, des recruteurs pourraient hésiter à engager, par exemple, une gestionnaire de 30 ans qui aurait à diriger des employés plus âgés, par crainte qu'elle n'ait de la difficulté à établir sa crédibilité auprès d'eux.

 

Les stratégies à adopter

On vise seulement les emplois qui répondent à nos critères. «Si on ne veut pas travailler les fins de semaine, on ne postule pas pour un poste qui requiert ce genre de disponibilité», dit Annie Chauvette.

En entrevue, on met l'accent sur nos compétences professionnelles et non sur nos exigences en ce qui concerne l'horaire.On souligne également l'intérêt qu'on a pour le poste et pour l'entreprise. «Je me suis brûlée une fois en entrevue, raconte Marjolaine. J'ai posé une question sur les horaires pour vérifier s'il me serait possible d'arriver à la garderie à 17 h. Ça n'a pas plu au recruteur.» On attend d'obtenir l'emploi avant de voir comment aménager notre emploi du temps.

Si on se dit disponible pour l'emploi, on s'arrange pour l'être. Il faut toutefois s'assurer que notre conjoint, notre famille ou des amis pourront intervenir auprès des enfants en cas d'urgence si on ne peut pas se libérer, conseille Nicole Lévesque, et être certaine de pouvoir rater quelques soupers en famille sans se sentir coupable.

On mise sur notre capacité d'apprentissage. «La candidate dans la trentaine doit montrer qu'elle apprend vite, dit Danielle Noël. S'il lui manque des compétences, elle peut souligner à l'employeur qu'il sera plus facile de la former que de faire perdre de mauvais plis à un candidat plus âgé et expérimenté.»

Quelques ressources

L'Association des centres de recherche d'emploi du Québec

Le Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec, pour les 16 à 35 ans

À 40 ans: la force d'un réseau

L'histoire de Diane

À 42 ans, Diane Tremblay a perdu son emploi de directrice au développement des produits dans une entreprise de fabrication de linge de maison, à la suite d'une réorganisation. «J'ai immédiatement appelé mes anciens collègues et mes amis pour les informer de ma disponibilité, dit Diane. J'ai mis à jour mon CV et j'ai fouillé sur les sites de recherche d'emploi.» Après trois mois de recherche, elle contacte l'Association Midi-Quarante de Laval, qui offre des services d'aide à l'emploi pour les plus de 40 ans, et précise graduellement ses besoins. «Je ne voulais plus faire des semaines de 70 heures. J'ai réalisé que la production textile m'intéressait toujours, mais que je pouvais aussi transférer mes compétences dans un autre secteur créatif, comme l'imprimerie, parce que j'avais dirigé des équipes de graphistes.» Quatre mois plus tard, elle décroche un poste en production textile, puis, en juillet 2007, change d'emploi afin d'améliorer sa situation. «J'ai trouvé un poste de directrice au développement des produits dans une autre entreprise de linge de maison. En prime, je fais moins d'heures supplémentaires et je voyage plus.»

Notre situation professionnelle

À 40 ans, il arrive souvent qu'on se remette en question, et cela se reflète dans notre vie professionnelle. «C'est généralement là que survient la réorientation professionnelle, remarque Annie Chauvette. On veut développer notre carrière, mais on veut aussi être heureuse au boulot.» Par ailleurs, on réalise qu'on vieillit, ce qui peut nous faire douter de l'intérêt qu'on représente pour les recruteurs. En contrepartie, on connaît bien notre valeur professionnelle.

Nos forces

Plusieurs femmes dans la quarantaine ont développé une expertise spécialisée. «Elles comptent parfois 15 ou 20 ans d'expérience dans un domaine. C'est un atout majeur», indique Lucie Dubé, responsable des communications pour l'Association Midi-Quarante. «Ce qui a séduit mon employeur actuel, c'est mon bagage de connaissances, confirme Diane Tremblay. En entrevue, j'ai fait valoir mon expérience dans l'impression sur tissu, sur papier et sur tissage. J'ai parlé du fait que j'avais dirigé des équipes multidisciplinaires. Il a réalisé que j'étais opérationnelle sur-le-champ, sans supervision.»

À cet âge, on arrive aussi à mettre des mots sur nos compétences, ajoute Lucie Dubé. «On sait ce qu'on veut et ce qu'on vaut, et on sait comment se vendre à l'employeur.» On est également plus disponible pour le travail. «Les contraintes liées à la famille sont généralement moins importantes, car les enfants sont rendus à l'adolescence», explique Murielle Lafond, conseillère en transition de carrière à l'Association Midi-Quarante.

Nos difficultés

On raison de nos années d'expérience, on ne veut pas retomber au bas de l'échelle et on cherche un salaire intéressant. Une mission difficile, selon Diane Tremblay. «J'ai passé huit entrevues avant de trouver mon poste actuel. Le plus difficile a été d'obtenir un salaire équivalent à mon expérience. Les employeurs ne sont pas prêts à payer! Pourtant, en investissant dans une candidate expérimentée, l'entreprise gagne en efficacité.» Autre désavantage: «celles qui se retrouvent sur le marché après avoir longtemps travaillé pour la même entreprise ne sont pas toujours au courant des nouvelles technologies», rapporte Korinne Charier, conseillère au Centre Eurêka, un service de recherche d'emploi pour les 40 ans et plus.

 

Les stratégies à adopter

On fait valoir la richesse de notre expérience. «Expliquez à l'employeur ce que vous pouvez apporter à son entreprise, comment vous comptez simplifier sa tâche et contribuer à l'augmentation des ventes, par exemple», suggère Diane Tremblay.

On utilise nos contacts. «Plus on vieillit, plus on connaît de gens, note Murielle Lafond. Il faut utiliser notre réseau: amis, famille, anciens collègues ou employeurs, pour faire connaître ce qu'on recherche comme emploi.»

On met nos connaissances à jour. S'il nous manque une formation d'appoint, on n'hésite pas à aller la suivre. «On peut par exemple s'inscrire à un cours portant sur de nouveaux logiciels», illustre Korinne Charier.

Quelques ressources

L'Association Midi-Quarante, un service spécialisé en recherche d'emploi pour les 40 ans et plus (450-664-0711).

Le Centre Eurêka, qui facilite la transition d'emploi pour les plus de 40 ans (514-937-8998).

 

À 50 ans: une expérience de vie utile

Notre situation professionnelle

On est en fin de carrière et on ne cherche plus à performer autant. On veut un emploi stable qui va nous mener jusqu'à la retraite, et plusieurs préfèrent travailler à temps partiel. «Certaines aussi retournent sur le marché du travail après une longue absence», note Francesca Dalio, coordonnatrice de la Cinquantelle, un service d'aide à l'emploi pour les femmes de 50 ans et plus.

Malheureusement, l'insécurité est souvent présente. «Plusieurs femmes dans la cinquantaine se croient trop âgées pour le marché du travail, dit Annie Chauvette. Elles craignent de ne plus être à la hauteur et d'être dépassées sur le plan des nouvelles technologies.»

Nos forces

À 50 ans, on est dévouée envers notre employeur et assidue au travail, remarque Annie Chauvette. «Des études ont d'ailleurs montré que cette génération s'absente moins souvent que les autres groupes de travailleurs.» «Les personnes dans la cinquantaine s'expriment bien, ajoute Lucie Dubé. Elles présentent une facilité relationnelle et utilisent spontanément le vouvoiement», ce qui en fait d'excellentes candidates pour le commerce au détail, entre autres. De plus, leur maturité les rend efficaces et fiables. «Une infirmière dans la cinquantaine, par exemple, sait rapidement comment organiser son travail, comparativement à une jeune diplômée», soutient Francesca Dalio.

Nos difficultés

L'âge est la principale difficulté à surmonter: les recruteurs hésitent parfois à choisir des personnes dans la cinquantaine, malgré leur expérience, craignant qu'elles ne partent rapidement à la retraite ou qu'elles ne soient moins productives en raison d'ennuis de santé. De plus, le manque de formation peut désavantager ces candidates, note Annie Chauvette. «Une étude d'Emploi-Québec révèle que 40 % des 50 ans et plus n'ont pas de diplôme d'études secondaires.» Certaines peinent aussi à vendre leur candidature. «Les femmes dans la cinquantaine ne voient pas toujours qu'elles ont des compétences transférables dans d'autres domaines», explique Francesca Dalio.

 

Les stratégies à adopter

On mise sur nos réalisations. Pour pallier l'absence de diplôme, on met de l'avant ce qu'on a accompli. «On ne travaille pas avec ce qu'il nous manque, mais avec ce qu'on a à offrir», rappelle Murielle Lafond.

On fait oublier notre âge. Dans notre CV, on n'inscrit pas qu'on a terminé nos études dans les années 60. On met l'accent sur nos réalisations récentes. «Les recruteurs veulent un résumé des quinze à vingt dernières années. Tout ce qui est antérieur à 1988, on n'en parle pas», conseille Murielle Lafond.

On étend notre recherche à des domaines variés. «Souvent, nos compétences peuvent s'appliquer dans un autre domaine, soutient Korinne Charier. Par exemple, une couturière habituée à lire des patrons pourrait suivre des plans dans une usine de coupe de feuilles métalliques.»

On s'initie à l'informatique. Si on a pris du retard par rapport aux nouvelles technologies, on se met à jour. «Plusieurs organismes, comme La Cinquantelle, offrent des cours sur les logiciels de base, dont Excel et Outlook», note Francesca Dalio. De nombreuses municipalités offrent ces formations.

On évite de parler de notre santé. «Et ce, même si le recruteur nous apparaît plein de compassion, dit Paul Gagner, directeur général du Centre Eurêka. On mise plutôt sur notre dynamisme.»

On n'aborde pas nos projets de retraite. «Le recruteur doit nous voir comme un employé à long terme», explique Paul Gagner.

Quelques ressources

La Carrière à 50 ans et plus, Les Éditions Jobboom, 2007, 58 p., 12,95 $.

La Cinquantelle, un service d'aide à l'emploi du Centre des femmes de Montréal, pour les femmes de 50 ans et plus (514-284-2023).

50 Plus Job, un site d'emploi pour les 50 ans et plus.

 

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