Psychologie

La maison bleue: aider les familles vulnérables

La maison bleue: aider les familles vulnérables

Catherine Giroux Photographe : Catherine Giroux Auteur : Coup de Pouce

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La maison bleue: aider les familles vulnérables

La maison n'est pas très grande et sa devanture est bleue. Elle existe depuis 2011 et est située dans Parc-Extension. Il y en a une autre dans le quartier Côte-des-Neiges, qui a pignon sur rue depuis 2007. Et il y en aura d'autres, dans d'autres quartiers, un jour. Ce sont La Maison Bleue. De petites maisons aux portes grandes ouvertes et au coeur grand comme le monde.

À l'instar de leurs fondatrices, Vania et Amélie. La première est médecin accoucheur depuis 1989 et présidente du C.A. à la Maison Bleue. La seconde a étudié en petite enfance et en gestion, et est directrice des deux établissements. Mère et fille. «Notre relation a assurément teinté le projet de La Maison Bleue, estime Amélie. Il n'y a pas vraiment de hiérarchie, et le fait qu'on soit proches fait en sorte qu'on est capables de se dire les vraies affaires.»

Un avantage assurément lorsqu'on doit souvent faire face à des dures réalités. La Maison Bleue est en quelque sorte le port d'attache des familles en devenir, issues de milieux fragilisés par la pauvreté, la violence, la toxicomanie. «On accueille ces familles au moment où la femme est enceinte, explique Vania. C'est la philosophie de La Maison Bleue: solidifier un nid qui est friable de manière que lorsque l'enfant arrive, son environnement soit plus propice à l'accueillir.»

Médecins, éducateur spécialisé, ostéopathe, travailleur social... autant d'intervenants de spécialités différentes qui contribuent à faire de La Maison Bleue un petit village en soi, où chacun a tricoté quelques mailles du filet social qui, espère-t-on, contribuera à soutenir ces familles, à rendre leur vie meilleure. Un beau projet qui a éclos dans la tête d'Amélie en 2006: «Je savais que le voulais travailler avec les enfants vulnérables et l'idée de démarrer quelque chose me plaisait aussi.» Puis, au fil des discussions avec Vania, le projet s'est dessiné clairement. «J'ai un véritable plaisir à faire ce que je fais et je sais que c'est pareil pour les autres intervenants, dit Amélie. Je ne le fais pas par devoir, j'en retire vraiment quelque chose.» Notamment, d'être très souvent en présence de bébés, une passion pour la jeune femme. «Tout ce qu'on fait, c'est pour eux au bout du compte», dit-elle simplement.

Également auteure de romans, Vania retire visiblement autant de plaisir que sa fille à faire partie de l'aventure. «Moi, je me nourris d'histoires, dit-elle. J'aime en raconter et j'adore en écouter. J'aime particulièrement les histoires qui finissent bien. Aussi, je fais tout ce que je peux pour que l'histoire des gens que je rencontre se termine bien aussi.» Néanmoins, la réalité au quotidien n'est pas toujours rose et certaines histoires sont à déchirer le coeur. «Je pense que personne n'y arriverait sans le soutien de l'équipe, dit Amélie. On est là pour s'épauler, s'écouter et s'aider à passer à travers les moments plus difficiles. Cela dit, on en voit, des mamans, qui ont vécu des choses atroces et qui rayonnent malgré tout, alors que j'ai des amis autour de moi, avec une vie plutôt confortable, qui ont de la difficulté à trouver leur bonheur.»

Pour Amélie, l'une des clés du bonheur se trouverait au coeur même de la communauté, dans la responsabilité collective: «Si vous voyez un enfant sortir de chez lui sans bottes, au lieu de le signaler à la DPJ, pourquoi ne pas aller porter une paire de bottes à sa mère?»

Infos: maisonbleue.info.

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