Argent et consommation

Surveiller «l’intérêt» de votre crédit

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Les consommateurs avertis devraient savoir qu'il est possible de profiter d'une carte de crédit à taux réduit. Auteur : Coup de Pouce

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Surveiller «l’intérêt» de votre crédit

Il existe deux types de cartes de crédit. D'abord, celles dites «régulières», émises par les grandes institutions financières (Visa, MasterCard), et dont les taux d'intérêt se situent autour de 20 %. Souvent, le paiement minimum requis n'est que de 2 % (20 $ pour 1000 $). Vous profitez donc d'un moyen de remboursement souple, si bien qu'en fin de compte, si vous ne payez toujours que le minimum, vous serez surpris du montant final que vous aura coûté votre bien.

«Pour un achat de 1000 $ porté à une carte de crédit à un taux d'intérêt annuel moyen de 18 %, avec le paiement minimum, vous aurez besoin de près de huit ans pour payer votre acquisition, qui vous sera finalement revenue à... 862 $ de plus avec les intérêts! Les gens ont accès plus rapidement aux biens, mais en contrepartie, il leur en coûtera plus cher en intérêts», explique Jean-François Vinet, analyste des services financiers chez Option consommateurs, un organisme sans but lucratif dont la mission consiste à promouvoir et défendre les intérêts des consommateurs et à veiller à ce qu'ils soient respectés.

Taux préférentiel et notion de risque

Les consommateurs avertis devraient savoir qu'il est possible de profiter d'une carte de crédit à taux réduit. Ironiquement, vous devez avoir de l'argent pour que l'on vous en consente une! «Plusieurs institutions émettrices obligent le consommateur à avoir un revenu minimal prédéterminé pour bénéficier de ce taux préférentiel», poursuit M. Vinet. Encore faut-il connaître l'existence de ces cartes pour en faire la demande. En général, on ne vous les proposera pas automatiquement.

Certaines institutions financières font la promotion de ces cartes à faible taux, mais c'est le devoir du consommateur de s'informer pour en profiter. La raison de cette façon de faire est simple et, bien sûr, à l'avantage des émetteurs. «Tout est évalué selon le risque potentiel. Si votre revenu est moins élevé, ils estiment que vous risquez de ne pas pouvoir rembourser. On vous accorde alors un taux d'intérêt plus élevé», note l'analyste financier.

Il est de mise de se demander s'il y a vraiment un risque. Selon les chiffres de l'Association des banquiers canadiens, le taux de créances douteuses, soit le nombre de personnes qui seront incapables de payer le montant minimal requis pour une carte de crédit dans les 90 jours, avoisine le 2 %, et ce, depuis une vingtaine d'années!

«Cela veut dire que très peu de personnes paient en retard. Le paiement minimum demandé est si peu élevé et les modalités de remboursement si souples qu'il est très rare que les gens ne remboursent pas, d'où un risque minime», souligne M. Vinet, qui juge que la notion de risque est discutable quand on considère certaines pratiques.

«On offre des cartes de crédit pendant des parties de hockey du Canadien de Montréal, alors que les spectateurs sont survoltés ou sous l'effet de l'alcool et que leur niveau de "conscience" est beaucoup plus faible que lorsqu'ils sont devant un conseiller financier. Le produit est-il vraiment risqué quand on l'offre partout et à n'importe qui?»

Les cartes des grands magasins

Il y a pire, et c'est le deuxième type de cartes de crédit: celles des grands magasins, dont les frais d'intérêt sont encore plus élevés. «En moyenne, ils demandent 28 % d'intérêt. Les gens doivent être prudents et considérer ces faits», lance l'analyste financier. Parce qu'il est aussi important de bien comprendre le taux d'intérêt réel. Calculé au mois, il ne sera pas le même à la fin de l'année.

«Les cartes proposées par les grands magasins ont en moyenne un taux de 28 %, mais on ne précise pas que la capitalisation est mensuelle. Cela veut dire que le véritable taux d'intérêt est de 32 %. C'est légal, mais pas très fair play pour le consommateur, parce que ces spécificités ne sont comprises que par les spécialistes. Les contrats offerts sont compliqués, certes, mais il faut prendre le temps de les lire. Les institutions financières sont là pour faire de l'argent, alors que le devoir du consommateur est, au contraire, de regarder comment il peut en épargner.»

L'option de la marge de crédit

Plusieurs consommateurs optent pour une marge de crédit plutôt que pour une carte de crédit comme mode de financement à court terme. Même si les taux d'intérêt sont la plupart du temps moins élevés sur une marge de crédit que sur une carte de crédit, Option consommateurs recommande la prudence et ne conseille pas de recourir à cette façon de procéder, puisque cela demeure une dette avec intérêts.

«Pour le consommateur, la meilleure chose à faire est de régler en priorité le solde complet de ses cartes et marges de crédit. L'intérêt demandé sur cette dernière option est généralement beaucoup moins élevé, mais il ne faut pas oublier qu'on devra aussi la rembourser. Si la marge de crédit est un meilleur moyen de financement que la carte de crédit, elle n'en est tout de même pas un bon. L'idée globale demeure d'épargner plutôt que de s'endetter», conclut M. Vinet.

Et si vous recevez une offre magique d'octroi immédiat à votre intention de plusieurs milliers de dollars, lisez bien les petits caractères et toutes les modalités avant de décider d'adhérer ou non. Il n'y a jamais rien de gratuit en ce bas monde, et ce n'est pas parce que les caractères sont petits qu'ils ne sont pas pris en compte. Se munir d'une loupe coûte moins cher que de faire faillite! Et comme le dit si bien mon père: «Qui paie ses dettes s'enrichit!»

  

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