Argent et consommation

Éviter la faillite, malgré ses dettes

Éviter la faillite, malgré ses dettes

Il existe d'autres solutions que la faillite pour se libérer de ses dettes. Auteur : Coup de Pouce

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Éviter la faillite, malgré ses dettes

Si vos créanciers vous harcèlent, si vous payez vos comptes courants avec votre carte de crédit et que vous n'êtes pas capable d'effectuer vos paiements minimums, la faillite vous guette peut-être. Avant de faire le grand plongeon, il est primordial de faire une consultation budgétaire pour tenter de trouver d'autres solutions.

Cette consultation peut se faire gratuitement dans une association coopérative d'économie familiale (ACEF) ou auprès d'un syndic de faillite. Anne-Marie Millaire, conseillère budgétaire de l'ACEF de l'Est de Montréal, regrette que les gens viennent la voir au dernier moment, quand la situation est très critique. « Parler d'argent est plus tabou que parler de sexe, c'est difficile », regrette-t-elle. Pourtant, plus on s'occupe tôt du problème d'endettement, plus on aura des chances de le régler, sans avoir recours à la faillite.

La faillite, une solution miracle?

La faillite peut apparaître comme la solution miracle à l'endettement: on se débarrasse de ses dettes et de ses créanciers pour repartir à neuf. Or, elle comporte des contreparties qu'il faut examiner sérieusement avant de choisir cette option. « En faisant faillite, on peut perdre sa maison, sa voiture ou des biens qui nous sont chers, comme un piano ou une œuvre d'art », explique Éric Lebel, syndic et associé chez Raymond Chabot Grant Thornton.

De plus, la cote de crédit sera affectée pendant sept ans dans le cas d'une première faillite et 14 ans pour une seconde. « Pendant cette période, on aura accès au crédit, mais il sera plus difficile, car on sera considéré comme un client à risque. Les taux d'intérêt pourraient donc s'avérer très élevés », explique Anne-Marie Millaire.

Lors de la consultation budgétaire, le professionnel dresse un portrait financier de la personne. Il établit combien elle peut mettre de côté une fois toutes les dépenses courantes payées. Si ce montant est faible ou nul, on réévalue le budget, afin de déterminer quelles dépenses on peut réduire. « Il faut se demander si on a réellement besoin de notre deuxième voiture ou de notre cellulaire. Il s'agit d'avoir une réelle réflexion sur sa consommation », affirme Anne-Marie Millaire.

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Des alternatives à la faillite

Si malgré tout, on ne dégage pas assez d'argent pour payer nos dettes, la proposition de consommateur est une bonne alternative à la faillite. Elle se fait par l'intermédiaire d'un syndic et consiste en une offre de règlement d'une partie de la dette sur un maximum de cinq ans. Les créanciers ont le choix de l'accepter ou non, mais d'après Éric Lebel, 80 % des dossiers sont acceptés. L'avantage par rapport à une faillite est que l'on conserve ses biens. En revanche, la cote de crédit est quand même entachée. La proposition de consommateur est toutefois mieux vue qu'une faillite par les banquiers, car elle démontre un effort de la part du débiteur.

Deux autres options s'offrent au débiteur: la consolidation de dettes et le dépôt volontaire. La première consiste à emprunter la somme totale de nos dettes à une institution financière pour rembourser nos créanciers. De cette manière, notre dette est concentrée à un endroit et la cote de crédit n'est pas affectée. Mais d'après Éric Lebel, si on est criblé de dettes, il va être difficile de trouver une banque qui prendra le risque de nous prêter une grosse somme d'argent.

Dans le cas du dépôt volontaire, on s'engage à verser 30 % de notre salaire brut au palais de justice pour payer toutes nos dettes. C'est cependant une option rarissime qui s'adresse seulement à ceux qui ont un faible revenu et une dette inférieure à 5000 $, souligne Éric Lebel. Il permet de payer ses dettes, mais le dossier de crédit est entaché et le procédé ne met pas à l'abri des créanciers qui peuvent continuer les mesures de recouvrement.

La perspective d'avoir une mauvaise cote de crédit en choisissant la proposition de consommateur ou la faillite est peu attrayante, mais Éric Lebel relativise: « Quand on est au bord de la faillite, on a déjà un mauvais crédit ». Repartir à neuf et faire faillite s'impose donc parfois comme la meilleure solution.

  

Saviez-vous que?

La Banque du Canada estime qu'un ménage est vulnérable quand il consacre plus de 40 % de son revenu disponible au paiement du capital et de l'intérêt de ses dettes.

 

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