1. Un peu de poussière n'a jamais tué personne

Rien ne nous prépare vraiment à l'immense fatigue qui nous envahit parfois après la naissance d'un premier enfant. On croit que ça n'en finira jamais. Pourtant, plusieurs nouvelles mamans n'aident pas leur cause: dès que bébé dort, elles tentent d'expédier le plus de tâches possible. Et quand elles s'étendent enfin, Junior se réveille! Des mères qui ne se laissent pas de répit, Diane Bouchard, du Centre périnatal Le Berceau, à Beloeil, en voit beaucoup. «Elles se sentent coupables de se reposer alors que la lessive s'empile. Pour récupérer plus vite, elles ne devraient s'occuper que du bébé et de leurs soins personnels pendant les deux premières semaines.»

Un conseil: sage est le conseil qu'on se fait répéter avant d'accoucher et qu'on a tant de difficulté à mettre en pratique: se reposer en même temps que bébé. Infirmière au CLSC Olivier-Guimond, à Montréal, Carmelle Victor n'emploie plus le verbe dormir car trop de mamans rétorquent qu'elles n'ont pas sommeil ou qu'elles n'arrivent pas à dormir. «Je leur dis plutôt de s'étendre dès que leur poupon s'endort, car on peut se reposer même si on ne dort pas.»

2. Il n'y a pas de honte à accepter de l'aide

Après son accouchement, Annie, maman d'une petite Émilie d'un an, a eu peu de soutien de son conjoint. Elle était au bout du rouleau quand elle s'est enfin décidée à appeler une tante à la rescousse. «Pendant un mois, elle a séjourné chez moi deux jours par semaine. En plus d'effectuer des tâches ménagères, elle donnait le biberon la nuit, ce qui me permettait de dormir sans interruption. Si c'était à refaire, je n'attendrais pas six semaines avant d'accepter son offre.»

Un conseil: prévoir le coup avant l'accouchement. Si on hésite, on se garde une porte ouverte au lieu de refuser d'emblée. Par exemple, à belle-maman qui nous propose un coup de main, on répond qu'on n'hésitera pas à faire appel à elle si on en a besoin. Et on le fait! À la condition, toutefois, d'avoir une bonne relation avec elle. «Des nouvelles mamans me racontent que leur mère vient les aider mais qu'elles sont plus fatiguées à son départ qu'à son arrivée, dit Denise Viens, du Groupe les Relevailles de Québec. Quand on a une mère trop envahissante, il vaut mieux lui demander une autre forme d'aide. Par exemple, préparer des repas congelés ou faire une sortie avec notre aîné une fois par semaine.»

Par ailleurs, plusieurs organismes offrent des services de relevailles. Ainsi, une dame peut nous épauler quelques heures par semaine pour les soins à apporter au bébé et pour le ménage. Pour obtenir le nom des organismes oeuvrant dans notre région, on communique avec notre CLSC.

3. C'est normal d'éprouver des difficultés à allaiter au début

L'allaitement est naturel... mais pas toujours facile! Difficulté à mettre le bébé au sein, douleur, engorgement, crevasses et gerçures (souvent causées par un mauvais positionnement du bébé) sont des problèmes assez courants au début. «Avant que l'allaitement soit bien installé, il faut compter environ un mois, explique Louise Filteau, accompagnante à la naissance pour Alternative-Naissance, marraine d'allaitement chez Nourri-Source et maman de quatre enfants. On ne doit donc pas se décourager à la première difficulté. L'allaitement exige une adaptation tant de la mère que du bébé.» Et une très grande disponibilité, car un nouveau-né peut boire jusqu'à 12 fois par jour.

Un conseil: l'important, c'est de savoir qu'on peut facilement avoir accès à de l'aide si on tient vraiment à allaiter. Plusieurs organismes voués à la promotion de l'allaitement organisent des rencontres dans les CLSC et peuvent aussi nous suggérer une marraine d'allaitement. Les infirmières des CLSC peuvent également nous apporter le soutien et l'encouragement dont on a besoin.

Rachel, maman d'Ariane, 5 mois, s'est donné une longueur d'avance en suivant avant son accouchement un cours sur l'allaitement donné par l'organisme Chantelait de la région de Québec. «À l'hôpital, les infirmières se contredisaient à propos de l'allaitement, se souvient-elle. Par chance, j'avais confiance en moi grâce à la formation que j'avais suivie.»