Éviter de minimiser son chagrin

On sait bien que ce n'était pas l'amour de sa vie. Mais notre jeune, lui, était convaincu de vivre le grand amour. Ce serait une erreur de lui dire de ne pas s'en faire, que ce n'est pas si pire que cela, qu'il exagère... Car sa peine est immense et bien réelle.

 

«Son monde vient de s'effondrer, dit la psychologue Suzanne Vallières. Il a mal, très mal. La dernière chose dont il a envie, c'est que ses parents ne le prennent pas au sérieux!» Pour mieux le comprendre, il suffit bien souvent de se rappeler comment on se sentait lors de notre dernière peine d'amour. Qu'on ait 15 ou 40 ans, la souffrance est bien présente! «Le rejet est très difficile à vivre à tout âge», affirme la psychologue.

 

Surtout, il faut éviter de prononcer le classique «Un de perdu, dix de retrouvés». Autre phrase à proscrire: «Ce n'était pas un gars - ou une fille - pour toi.» Les ados détestent! Et puis, c'est justement parce que notre jeune croit que c'était son âme sœur qu'il verse toutes les larmes de son corps.

 

Reconnaître ses sentiments

Le parent d'un adolescent en peine d'amour doit en premier lieu reconnaître les sentiments de celui-ci. Des phrases comme «C'est normal d'avoir mal quand notre petite amie nous laisse tomber» ou «Je sais combien tu as de la peine» font du bien et enlèvent un certain poids sur les épaules. À méditer: un ado qui vit une rupture amoureuse a besoin d'empathie et de tendresse, pas de conseils ni de morale.

 

Sans minimiser son chagrin, il est important également de lui donner de l'espoir. Ainsi, on lui rappelle que la douleur s'atténuera et finira par disparaître. «On peut faire une analogie avec une blessure qui guérit avec le temps, suggère Marlène Harvey, directrice des services de Tel-Jeunes et de Ligne Parents. On peut aussi lui parler de certaines peines qu'il a vécues et surmontées.»