Coiffure

Au secours, je perds mes cheveux!

Au secours, je perds mes cheveux!

IStock Photographe : IStock Auteur : Coup de Pouce

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Au secours, je perds mes cheveux!

On veut une belle chevelure et, surtout, la garder abondante le plus longtemps possible! Comment faire? Nos experts viennent à la rescousse.

Cheveux 101

Pour chouchouter nos quelque 100 000 cheveux, il faut comprendre comment ils naissent, poussent et tombent. «Ils sont tous à des stades différents de croissance, explique la Dre Charlene Linzon, dermatologue et porte-parole de l'Association canadienne de dermatologie. Durant la phase de croissance, qui dure entre trois et six ans, ils allongent d'environ 1 cm par mois. Puis, la croissance cesse, la racine se détache et tombe pour laisser la place à un nouveau cheveu. Ce cycle se produit environ dix fois dans une vie.» Avec l'âge, nos cheveux deviennent généralement plus fragiles et plus fins.

«Les femmes vivent trois périodes fortes de changements, explique Sophia Iannantuono, professeure de coiffure et copropriétaire de l'Académie St. Laurent Trends. À la puberté, les cheveux deviennent plus foncés et, sous l'effet des hormones, plus gras. Souvent, ils ondulent alors qu'ils étaient droits jusque-là. La deuxième étape survient dans la trentaine: le cheveu devient plus rebelle, car il contient moins de mélanine et est plus sec. C'est souvent le moment où apparaissent les premiers fils blancs. La troisième vague de changements arrive avec la ménopause: sous l'effet des changements hormonaux, les cheveux sont moins brillants et encore plus secs et indisciplinés. Ils tombent aussi en plus grande quantité.»

À lire: Lumière sur 10 mythes capillaires

Consultez notre dossier Trucs beauté 

 

Je perds ma crinière!

En temps normal, on perd de 50 à 100 cheveux par jour. Mais il arrive que la quantité augmente, de façon soudaine ou graduelle. «Si on a l’impression d’en perdre plus que d’habitude ou s’ils tombent par touffes, on consulte», conseille la Dre Linzon. «Plusieurs maladies peuvent causer leur chute, explique le Dr Yves Lambert, généraliste. Les chutes importantes qui suivent un événement stressant (choc émotif, maladie, accouchement) sont souvent temporaires. Les cheveux repoussent dans les semaines et les mois qui suivent. Des dérèglements hormonaux, l’hypo ou l’hyperthyroïdie, le syndrome des ovaires polykystiques, l’anémie, une maladie auto-immune comme le lupus et la prise de certains médicaments peuvent aussi être en cause. Dans ce cas, d’autres symptômes devraient sonner l’alarme bien avant la chute des cheveux.»

Quand une perte anormale se manifeste de façon graduelle et permanente, il s’agit d’alopécie androgénique. Les solutions ne sont pas légion, mais elles existent (Des solutions de rechange à la chirurgie, voir la dernière page). Une visite à notre médecin de famille ou à un dermatologue est essentielle pour trouver la cause de la chute des cheveux et en évaluer la gravité.

La santé, des pieds à la tête

Tous les experts consultés sont formels: la santé des cheveux et du cuir chevelu passe par une préoccupation pour la santé globale. «La chose la plus importante que l'on puisse faire, c'est de gérer notre stress, car il peut amener les cheveux en phase de repos (ils arrêteront de pousser) et la faire durer beaucoup plus longtemps que la normale, explique la Dre Linzon. Il est aussi très important de bien s'alimenter.» On gagne aussi à pratiquer régulièrement une activité physique, éviter de fumer et soigner notre santé cardiovasculaire.

Consultez notre dossier Soins des cheveux

Des mythes qui ont la vie dure

Attacher les cheveux trop serré ou porter la casquette les fait tomber. «C'EST FAUX, répond la Dre Linzon. Si on les attache toujours très serré au même endroit, ils peuvent se fragiliser et casser à cet endroit. Certaines coiffures, surtout les fines tresses françaises qu'on garde très longtemps ou les rallonges qui mettent beaucoup de poids sur les vrais cheveux, peuvent causer une alopécie de traction, mais cette chute cesse dès qu'on change de coiffure.»

La teinture abîme les cheveux. OUI... ET NON. Selon la Dre Linzon, c'est l'accumulation de produits, d'ingrédients chimiques et de chaleur intense qui les endommage. Bref, nos cheveux sont plus solides qu'on ne le pense. «Une teinture appliquée une fois par mois en suivant les directives du fabricant, c'est correct.» Ce qui abîme les cheveux, c'est de leur faire subir plusieurs traitements (permanentes, colorations, tresses, etc.) à une fréquence trop rapprochée.

Les gens qui ont des pellicules ne sont pas propres. PAS DU TOUT, répond le Dr Lambert. «Les pellicules sont souvent causées par des champignons et se traitent avec des shampooings antifongiques. Et pas besoin de dépenser une fortune: ceux vendus en pharmacie font très bien l'affaire.» Les pellicules sont-elles dangereuses pour nos cheveux? Il arrive qu'elles causent leur chute, tout comme d'autres problèmes du cuir chevelu tels l'eczéma, le psoriasis et la séborrhée, mais c'est rare. Si cela se produit, on consulte sans tarder.

L'accouchement cause la perte de cheveux. OUI... ET NON. Les hormones de grossesse les gardent dans leur phase de croissance. Après l'accouchement, alors que la concentration d'hormones baisse de façon importante, tous les cheveux qui auraient dû tomber au cours des neuf mois précédents le font en même temps, entraînant une chute plus importante, mais temporaire, précise la Dre Linzon. On devrait retrouver notre chevelure d'avant la grossesse au fil des mois.

À lire: Comment choisir sa brossse à cheveux?

La greffe en 5 questions

Le Dr Michel Prévost, directeur médical et chirurgien au Groupe médical PAI, nous éclaire.

1. En quoi consiste la microgreffe capillaire? Il s'agit d'un transfert de follicules pileux d'une zone de la tête plus fournie vers les zones dégarnies. On prélève les follicules en pratiquant une incision dans le cuir chevelu et on repique les greffons. L'intervention dure trois ou quatre heures et se fait sous anesthésie locale. Les cheveux greffés sont permanents et vivants. On peut les peigner, les couper et les teindre.

2. À qui convient-elle? Aux personnes dont la perte est stable. On ne peut rien faire avant d'avoir écarté la possibilité d'une chute temporaire (maladie, stress, débalancements hormonaux). C'est pourquoi un chirurgien sérieux proposera au patient un suivi de trois à six mois avant de pratiquer la greffe.

3. Comment la convalescence se passe-t-elle? L'enflure du cuir chevelu et l'inconfort ressenti pendant les deux ou trois jours suivant la chirurgie sont traités avec des analgésiques et des antiinflammatoires. On peut reprendre rapidement nos activités quotidiennes, mais il est recommandé d'attendre de 10 à 14 jours avant de recommencer l'activité physique afin que les greffons aient le temps de bien guérir. Il faut de 8 à 12 semaines avant que la zone de prélèvement soit complètement cicatrisée.

4. Est-ce pour les hommes ou pour les femmes? Les deux, mais les greffes visant à regarnir des zones de calvitie bien délimitées (habituellement chez les hommes) offrent de meilleurs résultats que celles visant une perte diffuse, typiquement féminine.

5. Combien ça coûte? Chaque clinique a son échelle de prix, et le coût varie énormément selon l'ampleur de la greffe, soit entre 4 000$ et 12 000$. Selon l'importance de l'alopécie, il faut parfois jusqu'à quatre interventions pour arriver au résultat souhaité.

À lire: Cheveux: que penser des traitements lissants?

Trois choses que votre coiffeur aimerait vous dire

Les conseils de Sophia Iannantuono:

1. Des cheveux en santé, ça se voit. Ils sont souples, ni secs ni gras au toucher, et ont une belle brillance. Un cuir chevelu sain est souple (on sent une certaine élasticité quand on appuie avec un doigt). Pour une personne à la peau blanche, il est d'un rose très pâle, sans croûtes, pellicules ou démangeaisons

2. Cessons le décapage! Idéalement, on espace les lavages aux trois jours ou plus. Des shampooings plus fréquents risquent de rendre les cheveux trop secs. Au besoin, on peut laver seulement la frange, qui tend à être plus grasse parce qu'elle touche le front et qu'on la manipule plus souvent avec les mains. Les blondes naturelles, dont les cheveux sont plus fins et tendent à être plus secs, ont avantage à ne les laver qu'une fois par semaine. Entre-temps, les shampooings secs en vaporisateur permettent d'absorber l'excès de sébum.

3. Le fer plat, c'est beau, mais... Ça abîme drôlement les cheveux. Si on tient à l'utiliser, on protège notre chevelure avec un soin thermoprotecteur qui la gaine.

Consultez notre dossier Nos cheveux aux petits soins!

Des solutions de rechange à la chirurgie

Les médicaments. Les femmes peuvent utiliser le Monoxidil, un traitement topique offert en vente libre. Il ferait cesser la chute des cheveux et, chez certains sujets étudiés, il y aurait même une repousse. «Aux États-Unis, la Food and Drug Administration a approuvé la formule à 2 % pour les femmes, et le traitement fonctionne bien, explique la Dre Linzon. Importante précision: on doit l'appliquer deux fois par jour, pour le reste de notre vie. Dès qu'on cesse, la perte de cheveux reprend.» Enfin, même s'il s'agit d'un médicament en vente libre, on consulte notre médecin pour obtenir son accord.

Les prothèses temporaires ou permanentes. Les prothèses capillaires ont beaucoup évolué au fil des ans. La qualité des produits actuels répond à tous les types d'alopécie. Au salon Les Jumelles de Montréal, Joanne et Carole Taillefer proposent aux femmes des solutions sur mesure, comme le volumateur capillaire, qui peut être teint et permanenté pour se fondre au reste de la chevelure. Sa base, en filet de la couleur de la peau, est légère, respire et a l'aspect du cuir chevelu. La prothèse peut être temporaire (fixée par des clips solides) ou permanente (collée au cuir chevelu). Après la rencontre initiale en salon, qui dure une heure, il faut prévoir une visite mensuelle pour entretenir la prothèse collée, et des visites plus espacées pour des prothèses temporaires. Un volumateur, qu'il soit permanent ou temporaire, coûte entre 1 100$ et 1 700$ selon le modèle et dure environ deux ans.

On entend parler d'une nouvelle méthode? On fait attention aux autres traitements proposés en salon ou en clinique capillaire, ou encore aux comprimés «naturels» censés favoriser la repousse, car peu ou pas d'études scientifiques crédibles ont démontré leur efficacité. Par exemple, le traitement au laser LLLT (low level laser therapy) stimulerait la repousse des cheveux, entre autres après une microgreffe capillaire, mais les preuves scientifiques se font attendre, précise le Dr Lambert.

 

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