Santé

Tout sur les règles

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Auteur : Coup de Pouce

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Tout sur les règles

Que sont nos menstruations, au juste? Et quel rôle jouent-elles dans notre corps? Gros plan sur une réalité 100 % féminine.

Retour sur les bancs d'école: un cycle menstruel, c'est quoi?
Chaque mois, 14 jours environ après nos dernières menstruations, un ovule libéré par un ovaire se déplace dans une de nos trompes de Fallope, où il pourra rencontrer des spermatozoïdes et être fécondé. Après l'ovulation, la sécrétion de progestérone par nos ovaires augmente afin que notre muqueuse utérine épaississe pour être prête à recevoir l'ovule fécondé.

«Si la fécondation n'a pas lieu, les taux de progestérone et d'oestrogène s'effondrent, explique la Dre Camille Sylvestre, gynécologue-obstétricienne et professeure adjointe au département d'obstétrique-gynécologie de l'université McGill. La muqueuse utérine se détache et s'écoule. Ce sont les règles, essentiellement composées de débris cellulaires et de sang.»

«À chaque menstruation, on perd 75 % de notre muqueuse utérine», explique la Dre Sophie Desindes, gynécologue-obstétricienne et professeure adjointe à la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke. Cette chute d'hormones survient environ 14 jours (plus ou moins 2 jours) après l'ovulation.

Cycle long ou court?
On calcule le cycle menstruel du premier jour d'une menstruation au premier jour de la suivante. La durée moyenne d'un cycle est de 28 jours. On parle de cycle court quand cette période dure 21 jours ou moins et de cycle long si elle dépasse 35 jours.

Pas d'alerte rouge en vue ce mois-ci? De nombreux facteurs peuvent modifier le rythme de nos cycles menstruels. On ne s'inquiète pas si...

On vit des changements importants. Un nouveau mode de vie, du stress accumulé ou un voyage peuvent provoquer un arrêt des menstruations. On attribue ces variations à l'hypophyse, une glande qui produit nos hormones sexuelles et dont la production semblerait être inhibée par certains facteurs, dont le stress. Avant de consulter, on tente de réduire notre stress.

On approche de la ménopause. «C'est la période des montagnes russes,» explique la Dre Louise Lapensée, obstétricienne-gynécologue à l'Hôpital Saint-Luc et à la Clinique de fertilité OVO. On peut sauter quelques mois, puis reprendre un cycle normal pour un certain temps. «À cet âge, c'est normal de sauter des menstruations, parce qu'on n'ovule plus tous les mois», explique-t-elle.

On vient de commencer à avoir des règles. À la puberté, les règles peuvent mettre un an ou deux à devenir régulières. «On n'amène pas son adolescente chez le médecin parce qu'elle n'a pas de menstruations aux 28 jours, prévient la Dre Sylvestre. Le cycle d'une jeune fille peut être irrégulier au cours des deux premières années de menstruation.»Irrégulière depuis trois mois? On consulte
Plusieurs causes peuvent être en jeu. En voici un aperçu.

Une thyroïde qui joue des tours. Une dysfonction de notre glande thyroïde affecte la sécrétion de nos hormones sexuelles, ce qui peut chambouler notre cycle. Dans les cas d'hypothyroïdie, les menstruations sont généralement plus fréquentes et, dans les cas d'hyperthyroïdie, elles retardent. Notre médecin diagnostiquera le problème à l'aide de prélèvements sanguins et stabilisera notre cycle à l'aide d'un traitement hormonal.

Des ovaires polykystiques. Cette affection se caractérise par une augmentation des androgènes (hormones mâles) dans les ovaires, ce qui nuit à la maturation des ovules. En plus d'avoir un cycle irrégulier, les femmes touchées ont souvent une pilosité abondante, des problèmes d'acné et souffrent d'obésité. Les contraceptifs oraux aident à diminuer les androgènes et diminuent la pilosité et l'acné. La perte de poids est aussi utile. Si rien n'y fait, notre médecin nous prescrira un traitement approprié.

Un endomètre déréglé. «Plus on a des règles tout croches, plus on devrait s'inquiéter, prévient la Dre Desindes. Ainsi, si on saute un mois et que, le mois suivant, on est menstruée durant 10 jours et qu'on a une autre menstruation 20 jours plus tard, il faut consulter. C'est souvent signe qu'on produit beaucoup d'oestrogène mais qu'on n'ovule pas. Une prescription de progestérone pendant plusieurs jours tous les trois mois prévient ce genre d'affection. Si cela ne suffit pas, notre médecin devrait poursuivre l'investigation.

Un indice de masse corporelle inférieur à la normale. Une diminution de la masse graisseuse conduit à une baisse de la production d'oestrogène et à un arrêt des menstruations. Ce phénomène s'observe couramment chez les athlètes, les danseuses, les mannequins et les anorexiques. Cela pose toutefois un risque: «On a besoin d'oestrogène pour maintenir notre masse osseuse, souligne la Dre Lapensée. Et des taux d'oestrogène bas sur une longue période peuvent entraîner de l'ostéoporose plus tard.»

C'est le déluge!
Nos règles sont trop abondantes si...

  • on remplit une serviette sanitaire à l'heure;
  • on doit se changer la nuit, sinon on tâche nos draps;
  • on perd des caillots de sang plus gros qu'une pièce de 1 $;
  • nos règles durent plus de sept jours.

    Des saignements excessifs peuvent amener une anémie et signaler divers problèmes. Si on est affectée par l'un ou l'autre de ces symptômes, on consulte sans tarder.

    Trois causes de saignements excessifs (aussi appelés ménorragie)

    Un déséquilibre des prostaglandines. Des chercheurs ont détecté une production anormalement élevée de prostaglandines chez des femmes ayant des règles abondantes. On parle dans ces cas de ménorragie essentielle, soit des saignements excessifs qui ne sont pas liés à une maladie ou à un problème. «Généralement, on prescrit des contraceptifs hormonaux pour amincir l'endomètre et rétablir l'équilibre des prostaglandines», dit la Dre Desindes. La prise d'anti-inflammatoires non-stéroïdiens, comme l'ibuprofène, dès le début des menstruations contribue aussi à équilibrer les prostaglandines et à réduire le flux menstruel.

    Une adénomyose. Cette affection touche essentiellement les femmes qui ont déjà eu des enfants, précise la Dre Desindes. Elle se caractérise par le développement de cellules de l'endomètre dans le muscle utérin et provoque des saignements importants. On la traite de la même façon que la ménorragie essentielle.

    Un fibrome ou un polype utérin. Les fibromes sont des tumeurs bénignes du muscle de l'utérus. Les polypes sont des tumeurs bénignes des cellules de l'endomètre. On peut les localiser par une radiographie de l'utérus ou par échographie et les enlever par chirurgie. L'hystérectomie est également une option envisagée pour des cas graves de fibrome.Je perds peu de sang : je m'inquiète ou je me réjouis?
    «Vous faites partie des chanceuses!» explique la Dre Lapensée. En autant qu'on saigne régulièrement, même si c'est juste trois jours par mois, c'est normal.»

    Vous avez dit spotting?
    Il s'agit tout simplement de saignements entre nos règles. Le phénomène est souvent associé à l'oubli d'une pilule contraceptive ou deux. La présence d'un stérilet hormonal peut aussi provoquer des saignements, surtout pendant les deux ou trois premiers mois d'utilisation.

    Le spotting est préoccupant s'il persiste. «Les saignements entre nos menstruations peuvent indiquer une infection transmise sexuellement, un polype, un fibrome ou un cancer du col de l'utérus», dit la Dre Desindes. «Il arrive aussi que certaines femmes saignent après une relation sexuelle, simplement parce qu'elles ont un col de l'utérus fragile, ajoute la Dre Lapensée. Mais les causes sont multiples et il est prudent de consulter.»

    SOS crampes douloureuses
    Les crampes menstruelles sont dues aux mouvements de l'utérus qui se contracte pour évacuer le sang et les tissus lorsque l'endomètre se détache. Plus nos pertes sont abondantes, plus la douleur sera importante. «Il n'y a pas de cause organique ni d'anomalie gynécologique derrière tout ça», précise la Dre Lapensée.

    Voici quelques traitements pour faire passer ce mal qui peut irradier dans nos jambes et dans le bas du dos.

  • On applique de la chaleur sur la région douloureuse: bouillotte, bain chaud, sac thermique...

  • On bouge. Même si on n'en a pas particulièrement envie, un peu d'exercice augmentera le débit sanguin et libérera des endorphines, ces fameux antidouleurs naturels bénéfiques.

  • On prend des anti-inflammatoires offerts en vente libre, comme l'ibuprofrène.

  • On régularise nos menstruations avec des traitements hormonaux comme la pilule contraceptive et le stérilet avec hormones.

    Le fameux SPM!
    Une semaine ou deux avant nos règles, on est gonflée de partout, on a mal à la tête et on est irritable? C'est la faute au syndrome prémenstruel! Ses causes exactes ne sont pas bien définies, mais on estime que ses symptômes sont surtout dus aux changements hormonaux. Parmi les principaux, on note: rétention d'eau, gonflement des seins, ballonnement abdominal, maux de tête, migraines, sautes d'humeur et irritabilité.

    Souvent, de bonnes habitudes de vie et une saine alimentation permettent de réduire l'intensité de certains symptômes. Concrètement, on peut...

  • Contrôler les problèmes de rétention d'eau en réduisant notre consommation d'aliments salés, en buvant beaucoup d'eau et en mangeant plus de fibres.

  • Ralentir les montagnes russes émotives grâce à «la prise quotidienne de suppléments de calcium, qui peut atténuer les changements d'humeur, note la Dre Desindes. L'activité physique pratiquée de façon régulière est aussi efficace, entre autres parce qu'elle stimule la production d'endorphines.»

  • Soulager les migraines causées par la chute des oestrogènes avec la prise d'oestrogène par timbre ou par pilules pendant les jours de menstruations apporte un bon soulagement, ajoute la Dre Desindes.

  • Réduire l'anxiété et l'irritabilité grâce à l'aromathérapie. Quelques gouttes d'huiles essentielles de lavande, de camomille ou de géranium dans un bain chaud pourraient nous relaxer.

  • Diminuer les effets négatifs du SPM en utilisant l'actée à grappes noires, qui réduirait aussi les douleurs menstruelles et certains problèmes reliés à la ménopause (notamment les bouffées de chaleur et les troubles de l'humeur).

  • Diminuer l'intensité de notre SPM grâce à la prise de contraceptifs hormonaux, estiment les spécialistes interrogées. «Avec les contraceptifs, on a moins de changements hormonaux, note la Dre Sylvestre. Cela réduit les symptômes.» Dans le cas de celles qui présentent des symptômes graves, notamment une instabilité d'humeur, des antidépresseurs sont parfois nécessaires.Bénéfique grossesse
    «La plupart des femmes qui avaient des crampes menstruelles avant leur grossesse n'ont souvent plus de douleur après leur accouchement, observe la Dre Lapensée. Probablement parce que leur col utérin est plus ouvert et qu'il y a moins de contractions au moment des règles pour évacuer le flux menstruel. Neuf mois de grossesse améliorent aussi les symptômes associés à l'endométriose.» Le retour des règles surviendra en moyenne après deux mois (entre 6 à 8 semaines). Les premières menstruations après un accouchement sont généralement plus abondantes que des règles normales. Si on allaite, les règles pourraient ne réapparaître qu'après le sevrage du bébé.

    Ménopause ou préménopause?
    Dès que les règles sont interrompues pendant 12 mois, on parle de ménopause. La ménopause survient en moyenne à 52 ans, mais on peut s'attendre à des changements de 4 à 7 ans avant. Règles irrégulières, bouffées de chaleur, sautes d'humeur, problèmes de sommeil: la préménopause (aussi appelée périménopause) touche plusieurs femmes. «Pour certaines, le simple fait de maintenir un poids santé, de ne pas fumer et de faire de l'exercice réduit les effets néfastes de la préménopause, soutient la Dre Desindes. Les femmes qui risquent le plus de souffrir de bouffées de chaleur sont celles qui font de l'embonpoint, les fumeuses et les sédentaires.» La Dre Lapensée note que la pilule contraceptive est très efficace pour réduire les effets de la préménopause chez les femmes qui ne fument pas.

    Plus de règles du tout, le rêve?
    La prise de contraceptifs oraux en continu a pour effet de supprimer complètement les règles. Ils suspendent notre ovulation et maintiennent un taux fixe d'œstrogène et de progestérone dans notre corps, ce qui garde notre endomètre dans un état stable. «Il n'y a pas de danger à prendre ses contraceptifs oraux en continu, soutient le Dre Desindes. Une femme pourrait utiliser cette méthode pendant des années sans danger. Mais, dans les faits, la majorité des utilisatrices finissent par avoir des saignements au bout de quelques mois.» Les médecins n'arrivent pas à expliquer ces saignements soudains qui, par ailleurs, ne sont pas inquiétants. Si ça nous arrive, on arrête de prendre nos pilules durant 4 jours, puis on recommence. Quand on décide d'utiliser cette méthode, il faut bien sûr en parler à notre médecin, qui nous expliquera la procédure à suivre.

    Le stérilet hormonal peut aussi suspendre les règles. Ce cylindre libère lentement son progestatif, ce qui a pour effet, entre autres, d'amincir la paroi de l'utérus. «Seulement 20 % à 30 % des utilisatrices cessent d'avoir leurs règles avec cette méthode, note la Dre Desindes. Mais celles qui continuent à avoir des menstruations voient leurs saignements diminuer de 80 %.»

    Pour en savoir plus
  • La Femme, équilibre et santé, par Dre Lesley Hickin, Sand, 2002, 320 p., 9,95 $.
  • Micro Dico gynéco, Larousse, 2007, 384 p., 19,95 $.
  • Département d'obstétrique-gynécologie de l'Hôpital Sacré-Coeur de Montréal
  • Femmes en santé (sous l'onglet Centres de santé)
  • Le Réseau canadien pour la santé des femmes
  • Passeport Santé (sous l'onglet Troubles et maladies - Troubles menstruels)
  • Retour au dossier Hormones féminines

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