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Des progrès dans le traitement de la fibrillation auriculaire

Des progrès dans le traitement de la fibrillation auriculaire

? iStockphoto Photographe : ? iStockphoto Auteur : Coup de Pouce

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Des progrès dans le traitement de la fibrillation auriculaire

Les personnes atteintes de fibrillation auriculaire sont cinq fois plus à risque de subir un accident vasculaire cérébral (AVC) que le reste de la population. Cependant, elles peuvent espérer obtenir un meilleur suivi de traitement grâce à de nouveaux médicaments et au programme FA-CILITER.

La fibrillation auriculaire (FA) est le type le plus courant d'arythmie cardiaque. Elle se caractérise par un rythme cardiaque irrégulier qui peut provoquer une importante accélération des battements du cœur et accroître les risques d'accident vasculaire cérébral (AVC).

«Les gens ne font pas le lien entre la FA et l'AVC. Pourtant, la FA peut causer le type d'AVC le plus dévastateur, qui peut entraîner paralysie, douleur et perte de la parole et de la compréhension. J'encourage tout le monde à parler à son médecin de la fibrillation auriculaire, car une fois que le diagnostic est posé, nous pouvons considérablement réduire les risques que court une personne atteinte de subir un AVC grave», indique le Dr Raymond Gendreau, cardiologue au CSSS et à l'Institut de médecine spécialisée de Laval.

Les personnes atteintes de FA risquent de trois à cinq fois plus de subir un AVC et sont deux fois plus susceptibles d'en mourir que celles qui n'en souffrent pas. On estime que la moitié des gens qui subissent un accident vasculaire cérébral lié à la fibrillation auriculaire meure dans l'année qui suit. Les AVC liés à la FA ont tendance à être de nature plus grave et à entraîner davantage de problèmes fonctionnels chez les personnes qui survivent que ceux qui n'y sont pas associés.

«La défibrillation auriculaire apparaît souvent autour de 50 ans. On ne sait pas exactement pourquoi elle est très rare avant 40 ans, mais on sait qu'après 55 ans, son incidence double avec chaque décennie de vie. Et passé 60 ans, elle est responsable du tiers des AVC», souligne la Dre Thao Huynh, cardiologue au Centre universitaire de santé McGill.

La fibrillation auriculaire est ainsi de moins en moins souvent considérée comme une maladie isolée et de plus en plus comme un marqueur de risque cardiovasculaire, puisqu'elle survient, dans la plupart des cas, dans le cadre d'une maladie cardiovasculaire sous-jacente: insuffisance cardiaque, hypertension artérielle, maladie coronarienne. De manière générale, toutes les maladies cardiovasculaires peuvent se compliquer d'une FA. Cette façon de voir incite à réaliser un bilan cardiovasculaire lorsqu'une FA est diagnostiquée. Elle impose également une prise en charge globale qui vise à réduire le nombre d'épisodes d'arythmie et à prévenir la survenue d'un AVC.

Le traitement médicamenteux

Le traitement médicamenteux de la fibrillation auriculaire s'articule autour de deux familles thérapeutiques: les antiarythmiques, destinés à prévenir les crises et à atténuer les symptômes en maintenant le rythme cardiaque, et les anticoagulants, qui visent à réduire les risques de formation de caillots dans l'une des artères menant au cerveau et à ainsi prévenir un AVC. La majorité des patients souffrant de fibrillation auriculaire ont recours à ces derniers.

La warfarine, un anticoagulant largement utilisé par les patients atteints de FA, peut réduire les risques d'AVC de 70% à 80%, selon les études. Elle exige toutefois une surveillance accrue - elle oblige les patients à passer des tests sanguins fréquents - et comporte des risques de saignements et d'interactions avec divers aliments et médicaments. Le dabigatran (Pradax), un autre anticoagulant, a l'avantage de demander un suivi aux 4 à 6 mois.

Une autre avenue s'ouvre aussi aux patients atteints de FA: l'apixaban. Une étude internationale portant sur ce nouvel anticoagulant oral a permis d'observer une diminution de la fréquence des AVC (ischémiques et hémorragiques), des embolies systémiques, des saignements et des décès chez des personnes atteintes de fibrillation auriculaire ayant au moins un facteur de risque supplémentaire d'AVC (âge supérieur à 75 ans, antécédent d'ischémie cérébrale transitoire ou d'AVC, embolie systémique, insuffisance cardiaque, fraction d'éjection du ventricule gauche de moins de 40%, diabète, hypertension).

«L'apixaban est pris deux fois par jour et ne nécessite aucune surveillance. De plus, d'après notre étude, il est meilleur que la warfarine pour prévenir les AVC. Ce sont des avantages importants», indique le cardiologue Justin Ezekowitz, de l'Université de l'Alberta, qui a dirigé la branche canadienne de l'étude avec le Dr Paul Dorian, de l'Université de Toronto.

Le traitement par ablation

Le traitement de la fibrillation auriculaire a aussi beaucoup progressé grâce à l'utilisation de techniques d'ablation. Cette approche thérapeutique consiste à détruire, par de minuscules brûlures, les tissus chaotiques du cœur à l'origine de l'arythmie afin de stabiliser le rythme cardiaque. L'intervention s'effectue à l'aide de minces fils (ou cathéters) introduits à l'intérieur du cœur par les veines du cou et de la jambe. L'ablation par cathéter n'est utilisée que chez les patients dont la fibrillation auriculaire est difficile à contrôler, souligne la Dre Huynh.

Un meilleur suivi

La véritable différence en ce qui concerne le traitement de la fibrillation auriculaire vient cependant du suivi, selon la cardiologue Thao Huynh, coordonnatrice principale du programme FA-CILITER (Fibrillation Auriculaire dans une Clinique Intégrée pour LImiTer les événEments thRombo-emboliques). «La structure actuelle des soins est désorganisée. Les patients ont parfois cinq ou six médecins qui les suivent (généraliste, cardiologue, électrophysiologiste, hématologue, interniste, neurologue ou urgentologue) et ils ne savent pas toujours qui appeler en cas de problème», souligne-t-elle.

D'où l'intérêt d'une initiative comme FA-CILITER. Le projet pilote d'une durée de deux ans (2012-2014) vise à mieux encadrer les patients et à promouvoir les bonnes pratiques médicales. Les 14 000 personnes qui seront recrutées dans les 14 centres hospitaliers participants seront suivies par une infirmière qui répondra à leurs questions, veillera au respect du régime et de la prise des médicaments, et s'informera des complications liées à la médication.

La Dre Huynh croit que le suivi qui sera effectué dans le cadre du programme, qui s'ajoutera à celui du médecin de famille, permettra de réduire le nombre de thromboembolies et de complications liées à des saignements ainsi que le besoin en ressources médicales, et d'améliorer la qualité de vie des patients atteints de FA.

Quelques faits sur la fibrillation auriculaire
  • Les personnes aux prises avec la FA courent de trois à cinq fois plus de risques de subir un AVC ischémique que celles qui n'en sont pas atteintes.
  • La FA serait responsable de 15% à 20% de tous les AVC ischémiques.
  • La FA touche environ 250 000 Canadiens.
  • La FA est l'arythmie la plus courante gérée par les médecins des urgences. Elle représente environ un tiers des hospitalisations pour troubles du rythme cardiaque.
  • Après 55 ans, l'incidence de la FA double avec chaque décennie de vie.
  • Après 60 ans, un tiers de tous les AVC sont causés par une FA.  
Connaître les déclencheurs de la FA

Lorsqu'on reçoit un diagnostic de fibrillation auriculaire, il est préférable d'éviter l'alcool, la caféine, le tabac et la nicotine ainsi que le stress, qui pourraient en déclencher les symptômes.

 

Réduire le risque d'AVC

Voici quelques améliorations qu'on peut apporter à son mode de vie pour diminuer le risque de subir un AVC:

  • Maîtriser sa tension artérielle
  • Suivre un régime bon pour le cœur:
    - Alimentation faible en gras saturés, gras trans, cholestérol et sodium
    - Portions quotidiennes suffisantes de fruits, légumes, aliments à grains entiers et protéines maigres
    - Alcool en petites quantités seulement
  • Maintenir un poids santé
  • Faire de l'exercice régulièrement
  • Ne pas fumer
  • Suivre les directives de son médecin

 

Références

Schwartz NE, Albers GW. Dabigatran challenges warfarin's superiority for stroke prevention in atrial fibrillation. Stroke, juin 2010; 41(6):1307-9.

 

Bulletin sur l'AVC de la Fondation des maladies du cœur du Canada, 2009. (consulté le 11 mars 2012).

 

Plan stratégique du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. (consulté le 19 janvier 2012).

 

Gladstone DJ, Bui E, Fang J, et coll. Potentially preventable strokes in high-risk patients with atrial fibrillation who are not adequately anticoagulated. Stroke, janvier 2009; 40(1):235-40.

 

Humphries KH, Jackevicius C, Gong Y et coll. Population rates of hospitalization for atrial fibrillation/flutter in Canada. Can J Cardiol, juillet 2004; 20(9):869-76.

 

Lin HJ, Wolf PA, Kelly-Hayes M, et coll. Stroke severity in atrial fibrillation. The Framingham Study. Stroke, octobre 1996; 27(10):1760-4.

 

La fibrillation auriculaire, Fondation des maladies du cœur du Québec (consulté le 5 mars 2012).

 

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