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10 mythes persistants sur la maladie coeliaque

10 mythes persistants sur la maladie coeliaque

Getty Images/agcuesta Photographe : Getty Images/agcuesta Auteur : Coup de Pouce

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10 mythes persistants sur la maladie coeliaque

Les produits sans gluten pullulent, mais nos connaissances sur la maladie cœliaque demeurent souvent bien limitées. On distingue le vrai du faux!

1. Souffrir de maux de ventre, de gaz et de ballonnements est souvent le signe qu'on est atteint de la maladie cœliaque.

Pas nécessairement! Ces symptômes peuvent être associés à plusieurs autres troubles, comme le syndrome du côlon irritable. Mais comme la maladie cœliaque peut être à la source de divers problèmes de santé (parfois graves), Mme Suzanne Laurencelle, directrice générale de la Fondation québécoise de la maladie cœliaque (FQMC), encourage les gens à prendre rendez-vous avec leur médecin en cas de doute. «La maladie cœliaque se traduit par une réponse anormale du système immunitaire, qui, en présence de gluten, crée de l'inflammation dans le petit intestin. Graduellement, les lésions causées par cette inflammation vont nuire au bon fonctionnement de l'intestin, l'empêchant d'absorber les nutriments nécessaires au bon fonctionnement du corps humain.» Parce que différentes pathologies peuvent en découler (malnutrition, ostéoporose, infertilité, diabète, etc.), il est important d'éviter l'autodiagnostic et de se référer à un professionnel.

2. La maladie cœliaque est une intolérance au gluten.

Faux. On utilise à tort cette expression. La maladie cœliaque est une maladie auto-immune qui détruit les cellules de l'intestin. Il ne s'agit pas d'une intolérance ni d'une allergie. Si une personne réagit au gluten sans être cœliaque, on dira qu'elle a une sensibilité au gluten.

3. La maladie cœliaque est très répandue.

Globalement, on estime que 7% de la population est affectée par le gluten; 1% souffre de la maladie cœliaque, alors que de 5% à 6% vit avec une sensibilité au gluten. Selon la Fondation Canadienne de la Santé Digestive, les deux tiers des personnes cœliaques ne seraient pas diagnostiquées.

4. Pour savoir si on a la maladie cœliaque, il suffit de couper le gluten de notre alimentation.

Voilà une bien mauvaise idée! Pour diagnostiquer la maladie cœliaque, notre médecin commencera généralement par nous faire passer une prise de sang afin de détecter les anticorps antitransglutaminase. Pour que ces anticorps soient détectés, il est nécessaire de consommer du gluten. Il faut aussi savoir qu'éliminer le gluten peut entraîner des carences. Avant de se lancer dans une telle aventure, vaut mieux parler avec un nutritionniste.

5. Les gens qui souffrent de la maladie cœliaque peuvent, s'ils «habituent» leur système digestif, tolérer le gluten.

Selon la FQMC, 30 à 60% des gens cœliaques présentent encore une atrophie villositaire (destruction de la paroi de l'intestin) après plus de deux ans de régime. L'absence de symptômes incommodants comme les crampes ou les ballonnements ne signifie pas que la maladie ne nous affecte plus! On s'assure donc de respecter son régime.

6. Le gluten est mauvais pour la santé. On aurait tout avantage à ne pas en consommer.

Essentiellement, le gluten est un ensemble de protéines présentes dans certaines céréales. Il permet à la pâte de lever et de conserver sa forme pendant la cuisson. Rien de bien vilain! Mme Laurencelle nous assure qu'il n'y a aucun avantage à manger sans gluten si ce n'est pas nécessaire.

À lire aussi: Faut-il bannir le gluten?

7. Éliminer le gluten de son alimentation fait maigrir.

Cette mode, en partie lancée par les vedettes américaines, n'est pas fondée. Si une perte de poids survient après l'adoption d'un régime sans gluten, elle serait plutôt attribuable au fait d'avoir banni la pizza et les pâtisseries de son alimentation...

8. Les pains et pâtisseries de style «artisanal» qui ne contiennent pas de blé sont sans danger.

Si seulement c'était vrai! Pour que notre alimentation soit exempte de gluten, on évitera de consommer du blé, de l'épeautre, du kamut, du seigle, de l'orge et du malt (sous forme de farine, d'amidon, de crème, de semoule ou de flocons). L'avoine est aussi déconseillée. Bien qu'elle ne contienne pas de gluten, elle est sujette à la contamination croisée puisqu'elle est souvent cultivée, transportée et transformée dans les mêmes environnements que les autres céréales.

9. Les aliments bios ne contiennent pas de gluten.

Il n'y a aucun lien entre le gluten et le fait qu'un aliment soit bio ou pas. Pour savoir si un aliment contient du gluten, on se réfère à liste des ingrédients. À l'instar des allergènes prioritaires, les fabricants ont maintenant l'obligation d'indiquer toutes sources de gluten sur les étiquettes de leurs produits. Bon à savoir aussi: l'allégation «sans gluten» est réglementée par Santé Canada. Les fabricants ont donc la responsabilité de s'assurer que leurs produits en sont exempts.

10. La cuisson à haute température détruit le gluten.

Totalement faux! La cuisson à haute température ne détruit pas le gluten, pas plus qu'elle n'élimine les risques de contamination croisée.

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