Vie de famille

Mon enfant n'aime pas le secondaire

Mon enfant n'aime pas le secondaire

Auteur : Coup de Pouce

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Mon enfant n'aime pas le secondaire

Pour plusieurs jeunes, aller à l'école est stimulant. Pour d'autres, c'est pénible. Ils sont démotivés, anxieux ou tristes. À l'approche de la rentrée, voici des pistes pour aider les jeunes du secondaire.

Il n'aime pas le secondaire

Patrick, 15 ans, déteste l'école. Quand il revient à la maison, il se lance dans le sport et les jeux vidéo. Estimant qu'il a assez travaillé en classe, il ne veut rien savoir des devoirs. «Cela a un impact sur sa réussite scolaire, explique sa mère, Sylvie. Chaque jour, ça crée des flammèches entre nous. Il a repris sa deuxième secondaire. J'ai abandonné l'idée qu'il aille au cégep. Il souhaite travailler en menuiserie, mais, pour être accepté en formation professionnelle, il doit réussir ses cours de maths, français et anglais de quatrième secondaire.»

Récemment, Sylvie a fait appel à une orthophoniste, qui a diagnostiqué chez son fils une dysgraphie (trouble qui se caractérise par une écriture presque illisible) pouvant expliquer une partie des problèmes. «Mais, selon moi, sa démotivation remonte au primaire. Il était rejeté parce qu'il présentait plusieurs allergies alimentaires. Les élèves ne voulaient jamais se mettre en équipe avec lui, on lui volait son matériel scolaire, on mettait du beurre d'arachides sur ses sandwichs, etc. Cette intimidation l'a poursuivi au secondaire. Il en a développé un problème d'anxiété. Pour lui, l'école est un enfer. Il est heureux deux mois par année, l'été.»

Les sources du problème

  • «Des difficultés d'apprentissage non dépistées au primaire peuvent expliquer le manque de motivation au secondaire, note Étienne Gaudet, psychoéducateur, conférencier et auteur spécialisé en intervention auprès des adolescents. D'autres ont simplement moins d'aptitudes pour les travaux scolaires. Ils accumulent les échecs et se démotivent parce qu'ils ne voient pas la lumière au bout du tunnel.»

 

  • Les valeurs familiales ont une influence. «Certains parents ont réussi leur vie professionnelle sans diplôme et ne valorisent pas l'école. Cela se reflète dans le manque d'intérêt de leur jeune», ajoute le psychoéducateur. Le manque de soutien et d'encouragement des parents et des enseignants joue aussi.

 

  • L'absence d'objectif professionnel est source de démotivation, remarque Marie Boulerice, travailleuse sociale au Centre d'éducation des adultes du Nouvel-Envol, à Valleyfield. «Les jeunes adultes qui viennent compléter leur secondaire après avoir décroché sont généralement plus déterminés et persévérants dans leurs études, car leur but est d'aller au cégep ou de faire un DEP.»

  • «Le milieu des écoles secondaires est dur, ajoute Étienne Gaudet. Les jeunes ne sont pas toujours respectueux entre eux. Un élève fragile ou qui n'a pas de groupe d'amis sur qui s'appuyer est vite isolé. C'est assez pour détester l'école.» L'intimidation est une autre cause de démotivation scolaire, reconnaît Julie Benoît, intervenante en soutien scolaire au Carrefour jeunesse-emploi Des Moulins, à Terrebonne. Cela a un impact sur l'estime de soi, la concentration en classe et les résultats scolaires.

 

 

 

Les signes à surveiller

L'absentéisme est le premier signe de démotivation au secondaire, note M. Gaudet. «D'autres jeunes qui n'ont pas beaucoup d'intérêt pour l'école y vont pour socialiser, ajoute-t-il. Ils sont toujours prêts à jaser et à niaiser en classe et se retrouvent souvent en retrait de la classe ou en retenue.» Le jeune qui ne fait jamais ses devoirs et qui voit ses notes chuter est aussi sur une mauvaise pente.

Des pistes de solution

On intervient sans attendre: «On demande à notre jeune ce qui se passe. Ça lui montre qu'il compte pour nous et qu'on veille sur lui», explique Marie Boulerice. «On n'attend surtout pas que l'école se mobilise, ajoute Étienne Gaudet. Certaines polyvalentes ont plus de 1 500 élèves! On dit à notre jeune: "Depuis deux semaines, tu ne fais aucun travail à la maison. Je trouve ça étrange. Explique-moi ce qui se passe. Sors ton agenda: on va regarder ce que tu dois faire." Il faut encadrer notre ado. Ce n'est pas abusif de lui dire qu'il doit consacrer chaque soir 30 minutes à ses travaux scolaires.» «Il ne faut pas lâcher prise, renchérit Julie Benoît, et penser que, parce qu'il est au secondaire, notre jeune est assez mature pour s'organiser seul.»

L'intervenante constate que les ados ont besoin de beaucoup d'encouragements pour rester motivés à l'école. «Dans un bulletin, on souligne les bons coups autant que les mauvaises notes. S'il est passé de 45 % à 59 % en maths en une étape, il y a une amélioration malgré l'échec. C'est bon de le féliciter pour qu'il poursuive ses efforts.»

On n'hésite pas à communiquer avec les professeurs, ajoute Étienne Gaudet. «C'est facile d'envoyer un courriel à un prof pour prendre des nouvelles de notre jeune.» Avec lui et notre ado, on trouve des moyens pour qu'il se rattrape: récupération le midi, cours d'été, leçons privées, etc.

On s'informe à la direction adjointe de l'école pour connaître les services qui pourraient aider notre ado (psychoéducateur, psychologue, orienteur, éducateur spécialisé, etc.). On consulte également les ressources comme les CLSC et les Carrefours jeunesse-emploi, qui offrent des services psychosociaux ou de motivation scolaire.

«Si l'intimidation est en cause, on est devant un gros problème pas facile à régler», soutient Julie Benoît. Elle suggère d'appeler la direction de l'école pour signaler la situation. «Il y a de plus en plus de spécialistes dans les écoles pour aider à dénoncer et à atténuer le problème. Pour être efficace, il faut intervenir auprès de l'intimidé, de l'intimidateur et de ceux qui l'encouragent.»

 

Pour donner le goût d'apprendre et prévenir la démotivation scolaire

Avant l'entrée à l'école

  • On s'assure que notre petit développe des compétences sociales. S'il ne va pas à la garderie, il peut fréquenter la pré-maternelle ou pratiquer une activité organisée.

 

Au primaire

  • S'il est rejeté par les élèves, on identifie au moins un enfant gentil avec lui et on l'invite à jouer à la maison afin que notre enfant ne soit pas complètement isolé.

 

Au primaire et au secondaire

  • On redonne confiance à notre enfant en l'inscrivant à une activité parascolaire dans laquelle il excelle. Il pourra ramener ces compétences à l'école.

 

  • On encourage notre enfant dans ses efforts en lui donnant des objectifs à court terme. Par exemple: «Si tu améliores de 10 % tes notes en français d'ici un mois, on sort voir le film de ton choix.» On le soutient dans ses réalisations en allant le voir dans un spectacle ou une activité sportive.

 

Au secondaire

  • Si possible, on magasine l'école avant d'inscrire notre enfant, en privilégiant celle où il aura un fort sentiment d'appartenance. On s'informe des activités parascolaires, des programmes (sport-étude, international) et de la vocation de l'école (axée sur les arts, la musique, la danse, etc.) pour s'assurer que notre enfant accrochera à divers aspects de sa vie scolaire.

 

Au secondaire et au cégep

  • Si notre ado a un emploi, on veille à ce qu'il ne travaille pas plus de 15 heures/semaine.

 

Pour tous

  • On stimule la curiosité intellectuelle de notre enfant en échangeant avec lui sur divers sujets.
  • Pour le stimuler à lire et à écrire, on prêche par l'exemple.
  • On soigne notre relation avec notre jeune. On n'attend pas d'être en situation de crise pour lui consacrer du temps. On s'intéresse à lui, on lui parle de nos propres expériences scolaires.
  • On aide notre enfant à reconnaître ses aptitudes et ses champs d'intérêt. S'il manifeste un intérêt pour un métier, on fait ensemble des recherches sur la profession. Même au primaire, il est bon de faire un lien entre l'école, les études et le choix d'un métier. «Juste le fait que l'enfant se projette dans l'avenir, en train de travailler, le met déjà sur une route intéressante», note Sophie Painchaud.

 

Pour aller plus loin

  • Guider mon enfant dans sa vie scolaire, par Germain Duclos, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2006, 270 p., 14,95 $.
  • J'ai mal à l'école - Troubles affectifs et difficultés scolaires, par Marie-Claude Béliveau, Éditions du CHU Sainte-Justine, 2002, 160 p., 14,95 $.
  • Réussir, ça s'apprend! - Trucs et conseils d'un étudiant qui réussit, par Étienne Lapointe, Septembre, 2006, 80 p., 9,95 $.
  • 100 trucs pour améliorer vos... ados, par Danie Beaulieu, Impact, 2003, 48 p., 9,95 $.

 

Sur Internet

Ressources pour contrer le décrochage scolaire.

Mouvement Desjardins, aide aux parents.

Allô prof.

Les métiers d'avenir en formation professionnelle et en formation technique, Gouvernement du Québec.

 

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