13 ans et plus

Mon ado a été rejetée par ses amis

Shutterstock Auteur : Coup de Pouce Crédits : Shutterstock

13 ans et plus

Mon ado a été rejetée par ses amis

Triste, isolée et parfois colérique, elle ne sort presque plus de la maison et son téléphone reste muet. Comment l’amener à se confier, mais surtout, comment l’aider?

Il y a quelques jours, elle est revenue de l'école les yeux rougis d'avoir pleuré. Elle a retiré ses souliers et elle est descendue dans sa chambre, sans bonjour, sans un seul regard. Inquiète, on a cogné à sa porte. Elle a hésité, mais elle s'est finalement confiée: sur le chemin du retour, ses amies l'ont confrontée. C'était terminé, elles ne voulaient plus d'elle dans leur gang.

«De façon générale, les filles auront tendance à s'ouvrir plus facilement que les gars à cet âge», soutient Nathalie Parent, psychologue et auteure de Alex: surmonter l'anxiété à l'adolescence. Mais le rejet n'en est pas moins douloureux.

Sentiment d'abandon

À l'adolescence, le cercle d'amis devient une deuxième famille. «C'est un élément fondamental. Non seulement l'ado développera des liens très intimes avec ses amis, mais ces derniers l'aideront à structurer son identité, à se positionner dans son univers social. C'est aussi le groupe d'amis qui va l'amener à prendre ses distances par rapport à ses parents et à forger son autonomie», précise la psychologue.

Abandonné à mi-chemin entre le cocon familial et l'acquisition de son individualité, notre jeune pourrait se sentir très démuni. Il ressentira probablement, peut-être pour la toute première fois, un grand sentiment de solitude. «Cela dépend évidemment de notre enfant. S'il a déjà développé une certaine autonomie et un sentiment de valeur personnelle, il ne le prendra pas aussi durement», affirme Mme Parent. Toutefois, pour un ado plus fragile, la remise en question pourrait s'avérer rude et longue.

Comment entervenir?

Anxiété, perte de confiance en soi et en sa valeur personnelle, déprime, dépression... Quoi faire pour soutenir notre jeune et lui éviter de trop dégringoler? Selon la spécialiste, il faut d'abord faire preuve de disponibilité et d'écoute, et l'aborder dans un moment où on le sent disposé à parler. La psychologue propose également de l'aborder avec nos observations: «Tu ne sembles pas dans ton assiette ces derniers temps. Tu veux en parler?» ou encore: «Tu as passé les deux dernières fins de semaine à la maison. Pourquoi?» S'il refuse de nous parler, on lui mentionne notre inquiétude, on lui répète qu'on l'aime et qu'on est là pour lui à tout moment. Laisser de la place au papa, qui aura souvent une autre façon de voir la chose et de l'aborder, pourrait également faire grandir notre enfant dans cette épreuve.

De l'aide extérieure

Si on réalise qu'il n'a pas envie de se confier à nous ni à son père, malgré la tristesse qu'on pourrait ressentir, on lui demande s'il y a quelqu'un d'autre à qui il aurait envie de parler: un oncle, les intervenants de son école, un psychologue ou des ressources téléphoniques anonymes et gratuites comme Tel-jeunes et Jeunesse, J'écoute. Surtout, on fera attention de ne pas transférer notre anxiété sur lui. «Si on se sent démuni face à la situation, on peut aussi consulter un psy ou faire un peu de coaching parental», suggère Mme Parent. Bon à savoir, la LigneParents de Tel-jeunes, une ligne téléphonique confidentielle, conseille les parents qui ont besoin d'un avis professionnel. Et si on craint le pire, les travailleurs sociaux du CLSC et L'Association québécoise de prévention du suicide nous apporteront le soutien nécessaire.

Quoi faire s'il se confie?

«Première chose, on l'écoutera sans le juger. Et ce, peu importe la raison de son rejet», insiste la psychologue. L'important pour le moment, c'est de soutenir notre enfant. On peut lui rappeler qu'on fait tous des erreurs et qu'on apprend énormément des leçons qu'on en tire. Si on a vécu une situation semblable, lui raconter notre parcours pourrait l'aider. «On posera ensuite des gestes concrets pour le faire se sentir aimé, bon et important, poursuit la spécialiste. On invitera ses cousins à s'amuser à la maison, on l'encouragera à poursuivre ses activités sportives ou parascolaires, on lui enverra des textos pour le faire rire pendant la journée, par exemple.» Finalement, on lui laisse entrevoir qu'avec le temps, ces choses finissent par s'arranger.

À lire: Intéressantes, les maisons de jeunes?

 
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