13 ans et plus

La cyberdépendance qui guette nos enfants

iStockphoto.com Photographe : iStockphoto.com Auteur : Coup de Pouce

13 ans et plus

La cyberdépendance qui guette nos enfants

Après la dépendance à l’alcool, aux drogues, à la bouffe, au sexe et au jeu, voilà qu’aujourd’hui, c’est la cyberdépendance qui guette nos enfants.

Un grand classique

Un après-midi d'octobre: voilà maintenant sept heures consécutives que David, 13 ans, est planté devant son ordinateur. Il s'est «logué» plus tard que d'habitude, car on est samedi: il a fait la grasse matinée jusqu'à 7h15: faut bien en profiter!  Pas d'école aujourd'hui, les parents sont au chalet pour la fin de semaine donc il n'y aura pas les habituels commentaires: «Va donc jouer dehors pour prendre de l'air!», «Hey, les nerfs, arrête de bûcher sur le clavier, c'est rien qu'un jeu!», ou encore: «Viens donc dîner, ça va être froid!». David va pouvoir assouvir son besoin: celui de jouer online à Warcraft sans se faire déranger par personne.

Si ses parents avaient su que l'ordinateur offert à David par ses grands-parents pour Noël allait devenir le centre de sa vie... 

Piégé par son talent

Au fil des mois, le jeu virtuel a pris de plus en plus de place dans la famille de David.  Au début, il n'y avait pas trop de problème: nouvelle technologie, nouveau jeu...  Mais avec le temps et le talent de David, le monde virtuel a occupé tout l'espace: obsession sur les stratégies à employer pour améliorer ses scores, chat avec ses compagnons virtuels de jeu que l'on ne connaît que par leurs nick (surnom que se donne chaque usager), augmentation des colères et des explosions à chaque fois que le modem ralentit ses «élans guerriers»...  Et que dire des batailles en fin de soirée au moment où il fallait carrément cacher le clavier pour réussir à l'envoyer se coucher...  Plus d'exercice, troubles de l'attention, colères fréquentes, obsessions, troubles du sommeil, syndrome du canal carpien, douleur dorsale et cervicale, hygiène douteuse, alimentation irrégulière, plus d'amis en chair et en os...  Il faut bien se l'avouer: David est aux prises avec un nouveau fléau: la «cyberdépendance».

Mais quelle position doit-on prendre comme parents, dans un monde où la technologie semble essentielle à nos enfants, pour éviter qu'ils ne deviennent des «mésadaptés sociaux-électroniques»? 

Du bon ou du mauvais usage des jeux

Tout d'abord, la technologie, comme n'importe quel autre produit, doit être consommée de manière éclairée: est-ce que mon enfant, lorsqu'il négocie ses heures de jeux virtuels, confond ses «besoins» et ses «désirs»?  À ce jour, aucune charte des droits de l'enfant ne justifie la possession des dernières consoles de jeux ou leur usage abusif! En théorie, le jeu, dans le développement de l'enfant et de l'adolescent, demeure la voie royale pour apprendre à jongler avec des concepts théoriques, pour développer diverses stratégies d'adaptation ainsi que pour socialiser. Si ces critères vous semblent remplis en partie par les jeux électroniques de votre enfant, bravo! À une dose raisonnable, même les jeux vidéo servent au développement cognitif et social de votre enfant.  À l'opposé, si votre enfant se replie sur lui-même, se coupe de la réalité extérieure pour se centrer sur sa vie virtuelle et perd ses repères de la vraie vie, peut-être est-il temps de tirer la «plogue» sur l'électronique et opérer un «sevrage» psychologique. 

Solidaires de nos ados

La cyberdépendance ne guette pas seulement les ados accrochés à leurs tueries virtuelles en ligne. On peut être dépendant aux chats, à la pornographie ou même au courrier électronique, et les ordinateurs, outils si performants et si nécessaires dans l'accomplissement et l'expédition du travail, peuvent vous empêcher d'accomplir ce même travail si vous vous égarez trop longtemps et trop souvent dans le cyberespace.  Certaines entreprises encadrent sévèrement l'accès de leurs employés à Internet pour le limiter aux sites qui concernent leurs activités. Problème sanitaire, la cyberdépendance pose aussi des problèmes sociaux et économiques. 

Quand les jeux remplacent les parents

N'oublions pas que notre responsabilité de parents est d'assurer le développement harmonieux de notre enfant. Certes, les jeux électroniques ont un certain attrait puisqu'ils peuvent facilement se substituer à notre rôle parental: pendant qu'il joue, on n'a pas à lui parler, à se chicaner avec lui, à jouer avec lui: la garderie électronique est ouverte!  Par contre, à moyen et long terme, une fois la dépendance installée, le coût à payer pour vous, pour votre famille et surtout pour votre adolescent sera énorme. Son ancienne vie devra passer par la fonction «supprimer» et il devra faire control-alt-delete sur sa nouvelle.

Traiter la cyberdépendance

Les centres de réadaptation pour alcooliques et toxicomanes ont le mandat d'offrir des services aux personnes éprouvant diverses dépendances. Vous pouvez également consulter un psychologue qui utilisera une approche cognitive ou behaviorale: cette thérapie est généralement reconnue comme efficace pour ce genre de problèmes. 

Ressources

Ordre des psychologues du Québec

Associations des centres de réadaptation en dépendance du Québec

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