13 ans et plus

L'intimidation à l'école: l'importance d'agir

L'intimidation à l'école: l'importance d'agir

� iStockphoto.com Photographe : � iStockphoto.com Auteur : Coup de Pouce

13 ans et plus

L'intimidation à l'école: l'importance d'agir

Les conséquences de l’intimidation à l’école sont dévastatrices pour les enfants qui en sont victimes, d’où l’importance d’agir dès que des gestes d’agression sont détectés.

L'agression indirecte se manifeste dès l'école primaire sous la forme de comportements tels l'intimidation, le dénigrement, l'ostracisme ou l'aliénation avec des conséquences dévastatrices pour ses victimes. Il est donc important pour les directions d'école, les enseignants, les parents et les élèves de savoir la déceler. Pour les y aider, le Centre de liaison sur l'intervention et la prévention psychosociales (CLIPP) propose depuis 2006 un programme innovateur avec la trousse L'agression indirecte... cette violence qu'on ne voit pas. Quelque 600 trousses sont déjà utilisées dans les écoles du Québec.

Élèves, personnel, enseignants et parents

S'adressant aux élèves de 10 à 13 ans, à leurs parents, au personnel enseignant et professionnel des écoles primaires, la Trousse de sensibilisation à l'agression indirecte propose des activités, telles que le visionnement d'une vidéo, des jeux de rôles, des discussions de groupe ou des devoirs à faire en compagnie des parents, qui permettent aux élèves de mieux identifier les comportements d'agression indirecte lorsqu'ils en sont témoins ou victimes de même que de comprendre l'ampleur des conséquences pour ceux qui la subisse.

Le programme, développé sous la direction de Pierrette Verlaan, professeure-chercheure au Département de psychoéducation de l'Université de Sherbrooke et France Turmel, conseillère pédagogique au Service régional de soutien et d'expertise pour les commissions scolaires de l'Estrie, permet également au personnel scolaire d'identifier les signes d'intimidation, de rejet et de dénigrement et d'être apte à intervenir auprès des élèves qui les utilisent et de leurs victimes. Il outille également les enseignants afin qu'ils soient en mesure d'aider les élèves à réagir lorsqu'ils sont témoins de tels actes d'agression. La démarche implique également les parents. 

Monnaie courante

Alors que les agressions physiques sont relativement rares dans les écoles du Québec, la violence psychologique est monnaie courante. L'agression indirecte, comme sont nom l'indique, est un moyen détourné de blesser quelqu'un psychologiquement en détruisant ses relations interpersonnelles et son environnement social. Parfois pour se venger, par jalousie ou pour mousser sa réputation, un jeune peut monter les autres contre un élève en particulier, raconter ses secrets, le ridiculiser, l'exclure du groupe ou répandre des rumeurs à son sujet sur des sites de clavardage. Ces actes sont peut-être moins spectaculaires que les agressions physiques, mais ils sont tout aussi préoccupants puisqu'ils affectent progressivement la santé mentale.

L'enquête sur la violence dans les écoles publiques québécoises (EVEQ), la seule étude québécoise sérieuse à s'être penchée sur l'ensemble du phénomène, de 1999 à 2001, révèle que près de la moitié des jeunes sont, dès le primaire, victimes de violence à au moins une occasion. Presque chaque jour, près de 60% des adolescents de 12 à 17 ans subissent les insultes de leurs camarades de classe.

Victimes à répétition

Plusieurs études rapportent qu'entre 10% et 20% des élèves peuvent être identifiés comme étant des victimes à répétition de la violence à l'école (Batsche et Knoff, 1994; Desbiens, Janosz, Bowen, Chouinard et Bélanger, 2004). Bien que les actes d'agression indirecte seraient plus nombreux chez les filles (en effet, en milieu scolaire, environ 25% des filles seraient impliquées dans des actes d'agression indirectes soit en tant qu'agresseurs, en tant que victimes ou en tant que témoins (Craig et Pepler, 1997)), cette forme de violence n'exclut nullement les garçons. Le phénomène n'est cependant pas en progression, selon les auteurs de l'EVEQ.

Les auteurs difficiles à identifier

L'EVEQ met également en évidence les difficultés pour les enseignants de contrer le phénomène. Près de 70% des enseignants disent observer régulièrement des comportements d'isolement et de rejet chez les élèves, sans pour autant être en mesure d'identifier les responsables. Ce qui rend leur tâche difficile, c'est le caractère caché de l'agression indirecte.

Contrairement aux cas d'agression verbale ou physique, l'enfant agresseur est rarement en contact direct avec celui qu'il attaque; il entraîne plutôt les autres élèves avec lui. Et le plus souvent, il agit en dehors des salles de classe: dans les corridors, la cour de récréation, les toilettes ou l'autobus.

Les enfants solitaires, introvertis ou différents des autres de par leur apparence ou leur personnalité peuvent plus facilement être la cible d'autres élèves. Cependant, même le plus populaire d'entre eux peut être confronté à l'isolement, à l'humiliation et au rejet.

Une violence qui laisse des traces

Cette violence invisible dure parfois plusieurs années et occasionne de graves séquelles au niveau du développement et de la vie sociale des jeunes qui en sont la cible. Les conséquences de l'agression indirecte s'apparentent d'ailleurs à celles que vivent les personnes victimes de harcèlement psychologique (dépression, anxiété, diminution de l'estime de soi, problèmes d'ordre académique, somatisation et idéation suicidaire).

Les personnes intéressées à en savoir plus ou à se procurer une trousse peuvent le faire en communiquant avec le CLIPP par téléphone au (514) 393-4666, par courriel à info@clipp.ca ou par Internet.

Sources

CLIPP

 

Christiane Bouthillier, Michel Janosz, François Bowen, Linda Lacroix, Roch Chouinard & Nadia Desbiens, CRIRES/Université de Montréal, Québec, L'enquête sur la violence dans les écoles publiques québécoises (EVEQ).

 

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