Loisirs et culture

Les confidences de Fred Pellerin

Auteur : Coup de Pouce

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Les confidences de Fred Pellerin

D'ici le printemps, plus de 170 spectacles sont prévus. Le film Babine, dont il signe le scénario, sera en salle le 28 novembre.

1. Votre juron préféré, et les moments où vous l'utilisez? Dans la vie, je suis un bon sacreux. Mais jamais sur scène, jamais dans les moments où je suis en public, parce que le sacrage est perçu comme une pauvreté de langage. J'ai mes petits sacres normaux, du roulement habituel, mais de temps en temps, j'ai ceux qui défoulent mieux. Lesquels? Ah! Le sacrage a ses vertus d'invention et ses possibilités de construction qui nous laissent le champ vaste. D'ailleurs, il existe une grammaire, écrite par Clément Légaré, qui montre à quel point le sacrage est une discipline typiquement québécoise, très évoluée et haute en invention langagière. Le juron que je préfère, je ne l'utilise pas, mais il vient d'un ami de mon père: «Chapelet noir!»

2. Parlez-nous de la sorcière de Saint-Élie-de-Caxton. Madame Stroop, une étrangère qui habita sur un immense domaine et dont le souvenir est vague et ouvert aux in¬ter¬prétations. Une femme riche, aux moeurs étranges parce que différents, une femme libre, peut-être, simplement. Fait à savoir: du temps qu'elle vécut à Saint-Élie-de-Caxton, personne au village n'est mort. Hasard? On ne saura jamais.

3. Que vous inspire le vedettariat? Je ne me sens pas vedette. Vraiment pas. Dans l'image que je capte du vedettariat, je sens une grande place offerte à l'image, à la gestion des couettes, à l'accou¬tre¬ment, et encore. Et je me demande comment on peut faire pour s'en faire autant pour si peu. Je préfère mijoter des idées, monter des projets, prendre du temps avec les miens.4. Une façon agréable de perdre votre temps? Quand je remplis des questionnaires. Ça me fait réfléchir fort. Ça frôle la théra¬pie. Valérie, une amie qui accompagne la tournée de temps en temps, nous apporte des questionnaires pour habiller le temps de route. Elle nous arrive avec ses revues de filles, à la page des choix de réponses, et se met à nous sortir les vers du nez et à nous inventer des diag¬nos¬tics aléatoires. À chaque fois, ça s'enfarge dans l'existentiel.

5. Un beau souvenir professionnel? La tournée est chargée de moments magiques, de rencontres surprenantes. Difficile de n'en sortir qu'un seul souvenir. J'ai mémoire d'un soir de frette à fêter à Lebel-sur-Quévillon, d'un air d'accordéon sur les dunes des Îles-de-la-Madeleine, d'une visite à Brouage, le village qui a vu naître Champlain... Parmi ça, un moment qui ressort fort, c'est l'été 2007 passé à Saint-Élie, avec les 30 dernières représentations de Comme une odeur de muscles. Le village avec un bouchon de circulation en fin de soirée, des visiteurs de partout qui tâtent de la véracité des dires et qui veulent savoir si les gens du village sont à la hauteur de leurs légendes.

6. Une qualité qu'il vous fait plaisir de trouver chez les autres? Le sourire.

7. Un voyage rêvé? Je fais beaucoup de voyages. Je ne suis pas un voyageur-né, mais les contes m'amènent à voyager beaucoup. Aussi, si ce n'était pas de mon métier, je crois bien que je ne voyage¬rais presque pas. Mon voyage rêvé, donc? Déjà, mes voyages, en quantité et qualité, dépassent la rêvure. Pourtant, une chose dans le rêve… cette idée d'amener avec moi en tournée une bande de gens de Saint-Élie qui viendrait répandre l'affaire avec moi.
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