Bien qu'on ne puisse regrouper tous les abstinents sous une même étiquette, Josée Leboeuf a observé de nombreux points communs chez plusieurs célibataires qui vivent un «jeûne sexuel».
Lorsqu'elles demeurent plusieurs mois, voire des années, sans partenaire sexuel, plusieurs femmes auraient tendance à voir leur estime d'elles-mêmes dégringoler. Suis-je normale? Trop grosse? Trop laide? Etc. Bref, elles se mettent à douter sérieusement de leur pouvoir de séduction. Après deux relations amoureuses très difficiles, puis l'arrivée d'une maladie dont les traitements ont entraîné une baisse de sa libido, Nathalie, 45 ans, illustre bien cette situation. «J'ai une drôle de perception de moi-même, c'est comme si j'étais asexuée. Pourtant, j'ai encore mes règles et j'utilise un moyen de contraception, ce qui me rappelle que je suis toujours une femme en mesure de procréer et d'avoir des rapports sexuels, souligne-t-elle. J'ai le sentiment que mon manque de désir est perceptible et que, par conséquent, les hommes m'ignorent. Cela me dévalorise et crée un sentiment de tristesse et d'injustice, plus que de frustration.» Jennifer, 28 ans, se questionne sur son attitude et même sur ses performances au lit. «J'assume mes besoins physiques, je crois que je suis jolie et ouverte aux gens. Mais comme les hommes ne m'approchent pas vraiment pour me faire la cour, j'ai parfois l'impression que je leur fais peur ou alors que toute la ville s'est fait dire que je suis un très mauvais coup au lit!»
Et qui dit manque d'estime personnelle dit souvent difficulté à entrer en relation avec les autres. Un risque important: s'isoler de plus en plus. Le regard et le jugement de notre entourage – famille, amis, collègues et autres – peuvent aussi porter atteinte à l'estime de soi. Qu'est-ce qui cloche chez toi? Comment se fait-il que tu es seule? Et ainsi de suite. Ce type de questions est en effet le lot de plusieurs célibataires. Comme si leur intimité était devenue du domaine public! «Après un an de célibat, sans aucune aventure, j'en suis arrivée à ne même plus avoir envie de socialiser. Mes amies étaient en couple et j'en avais marre de me sentir comme une extra-terrestre sur la planète Amour!», s'exclame Jennifer. Chez certaines femmes, la masturbation comble assez bien leurs besoins hormonaux. Malheureusement, la capacité de conversation d'un vibrateur n'est pas très grande, sans compter qu'il ne peut pas nous serrer dans ses bras! Zéro affection. «Le plus dur, ce n'est pas de ne pas faire l'amour, mais de ne pas me sentir aimée, cajolée…», confie Jennifer.










