Q.: Quand dois-je consulter un médecin?

R.: On le fait si notre condition est grave (des problèmes respiratoires, par exemple) et nous empêche de fonctionner normalement, si les antihistaminiques sont inefficaces ou que leurs effets secondaires nous incommodent. Le médecin pourra alors nous proposer des médicaments sous ordonnance, comme des corticostéroïdes sous forme de vaporisateur nasal. En plus d'atténuer les symptômes, ils réduisent l'inflammation causée par les rhinites allergiques. «On les utilise de façon préventive. Il vaut donc mieux commencer le traitement avant l'apparition des allergies et prendre ces médicaments régulièrement, pendant toute la durée des allergies», explique le Dr Hébert. Il faut souvent attendre quelques semaines avant d'en ressentir les effets bénéfiques, mais ils sont généralement très efficaces. «Toutefois, ils assèchent les muqueuses et peuvent provoquer des saignements de nez», mentionne le Dr Petit.

Q.: La désensibilisation est-elle à envisager?

R.: Si on souffre d'allergies sévères, le médecin pourrait proposer une immunothérapie ou une désensibilisation. «C'est une série d'injections régulières de l'allergène, de doses croissantes. À long terme, le traitement permet de modifier les réactions de l'organisme et de réduire la sensibilité à l'allergène ciblé, explique le Dr Petit. On doit commencer le traitement à l'hiver ou au printemps, avant le début des allergies.» Dans les cas les plus bénins (allergie unique), un traitement de neuf semaines peut suffire. Cependant, le processus est généralement beaucoup plus long: des injections une fois par semaine pendant cinq à six mois, puis une fois par mois durant trois à cinq ans. «Si nos allergies sont sévères, cela vaut tout de même la peine, dit le Dr Hébert. Chez 80 à 85 % des gens, les symptômes diminuent grandement et deviennent plus faciles à contrôler, et dans 20 % des cas, ils disparaissent complètement. La désensibilisation est une forme de prévention: ce n'est pas une réponse immédiate aux symptômes, mais un traitement à long terme. Si on souffre d'asthme allergique, entre autres, l'immunothérapie est à considérer, car elle permet de le prévenir.»


Q.: Existe-t-il des solutions alternatives efficaces?

R.: Il y en a peu. Quelques recherches ont prouvé qu'un lavage régulier des narines par injection d'une solution saline (diluer 2 ml de sel dans 250 ml d'eau chaude) aide à prévenir l'inflammation et à réduire les symptômes en empêchant le pollen d'entrer dans les voies respiratoires. Quant à l'homéopathie, à l'acupuncture et aux traitements aux extraits de plantes naturelles, «peu d'études prouvent que ces méthodes pourraient être efficaces», dit le Dr Hébert.