La dynamique de l'effet yoyo

Lina et Maryse ne sont pas des exceptions. Les diètes permettent de maigrir à court terme, c'est vrai, mais des études ont montré que, dans 95% des cas, le poids perdu est repris dans les cinq ans après la fin du régime. À long terme, une majorité de personnes reprend même plus que les livres perdues.

Il y a une explication physiologique à cela. Pendant le régime, le corps, privé de nourriture, se sent menacé, comme s'il faisait face à une famine, indique Guylaine Guevremont, nutritionniste, coauteure de Mangez! et directrice de la clinique MuUla, qui prône une approche anti-régimes. «Notre corps reçoit moins d'énergie, mais il doit continuer de faire fonctionner nos organes vitaux, comme le coeur, les reins et les poumons, explique Mme Guevremont. Pour diminuer sa consommation de calories et s'assurer d'avoir assez d'énergie pour cela, il réduit alors sa masse musculaire. Les gens au régime perdent donc beaucoup de muscle, et cette réduction de la masse musculaire ralentit leur métabolisme de base (le nombre de calories que notre corps brûle au repos). Résultat: comme leur corps s'est habitué à brûler moins de calories, lorsqu'ils cessent le régime et se remettent à manger comme avant, ils prennent du poids.» Qui plus est, pour prévenir une autre période de privation, leur organisme entrepose l'excédent sous forme de graisse.

«Historiquement, cette capacité d'adaptation du corps a été bénéfique, poursuit Fannie Dagenais, nutritionniste et directrice d'ÉquiLibre, groupe d'action sur le poids. Elle a contribué à la survie de la race humaine en permettant aux hommes préhistoriques de subsister durant les périodes où il était difficile de trouver de la nourriture. Mais aujourd'hui, ce mécanisme nous joue des tours. Plus on suit de régimes et plus ils sont sévères, plus on s'expose à cet effet yoyo.»

Marie-France Lalancette, nutritionniste auteure du livre Adieu régime, bonjour la vie!, rapporte avoir reçu dans son bureau des gens qui avaient fait tellement de régimes et dont le métabolisme de base était si lent que, même en mangeant un seul repas par jour, ils n'arrivaient plus à maigrir.