Famille envahissante: solutions

Ayant perdu ses parents jeune, Michèle, 39 ans, s'est vite rapprochée de sa belle-mère italienne. Les rapports étaient sains, chacun restait à sa place... jusqu'à l'arrivée du premier enfant. À ce moment, tout a basculé. «Elle voulait assister à l'accouchement - Il n'en était pas question! Elle s'est mise à comparer ses principes éducatifs aux nôtres, jugés trop sévères. Jusqu'à s'en plaindre à ma propre famille, puis à en parler aux enfants, semant le doute dans leur esprit. Cela a généré des conflits entre mon mari et moi, et entre les enfants et nous», raconte Michèle, qui, comme on s'en doute, n'utilisait pas les bons produits d'entretien, abîmait le linge dans la sécheuse et ne savait pas faire la purée de pommes de terre. «Elle prenait le contrôle sous notre propre toit et nous gâchait la vie», analyse-t-elle. Il a fallu changer de continent, mais cela a réglé beaucoup de choses. Les relations sont devenues polies, superficielles. «Nous n'aurions jamais dû attendre 10 ans pour le faire!» regrette-t-elle aujourd'hui.

Évidemment, on a rarement besoin d'en venir à une coupure aussi radicale. Il reste, selon les experts, que l'idéal est de ne pas trop attendre avant d'exprimer notre inconfort. Quelques pistes de solutions.

  • Tout d'abord, chercher des appuis. Si on est en couple, on veille à ce que notre conjoint soit présent lors des réunions familiales. «Il aura le recul que l'on a pas», estime André Perron. On peut aussi parler de ce qui se passe à une véritable amie pour voir quelle image elle nous renvoie, ou encore consulter un spécialiste.

  • Une autre porte de sortie qui évite la confrontation directe: être occupée, tellement, en fait, qu'on a pas le temps de parler ou de recevoir le ou les envahisseurs. Ou alors, on sort faire des courses ou des activités, on voit des amis.

  • Filtrer les appels grâce à un afficheur.

  • Recadrer les rencontres à notre convenance: on peut les réduire, les espacer, se voir ailleurs que chez nous. On n'est pas tenue non plus de toujours jouer les hôtesses ou d'organiser de grands repas interminables: proposer une sortie au cinéma ou prendre un verre dans un bistro empêche les gens de se sentir trop chez eux.

  • Une autre stratégie efficace: la discrétion. On évite d'en dire trop à l'envahisseur sur nos attentes, nos projets, nos préoccupations, nos activités, nos états d'âme. «Autrement dit, ne pas se mettre la tête sur le billot», résume André Perron.