Quand une femme ne réussit pas à développer des rapports harmonieux avec la personne qui partage non seulement son code génétique, mais également son sexe, elle pense que quelque chose cloche chez elle.» Quand la relation est bonne, le lien entre soeurs peut être plus fort que tout, affirme la psychologue Florence Marcil Denault. «Cela se traduit par un soutien inconditionnel qui existe rarement chez les amies.» C'est ce que vivent Annie et Renée. «Si Annie n'était pas ma soeur, je ne pense pas qu'on serait amies, dit Renée. On est bien trop différentes! Mais le lien qui nous unit est plus puissant que l'amitié. On se dit tout, le bon comme le mauvais, alors qu'avec une amie on mettrait des gants blancs. Je sais que je peux compter sur elle quoi qu'il arrive.»
Dans ses recherches, Vikki Stark a constaté que 10 % des soeurs sont très proches, assez pour s'appeler plusieurs fois par jour. La même proportion vit une relation conflictuelle, alors que 80 % ont une entente correcte. «Elles se rencontrent quelques fois par année et ne se racontent pas tout», note-t-elle. Sylvie (nom fictif), 50 ans, fait partie de ce groupe: elle s'entend bien avec ses deux soeurs, mais ne les considère pas comme ses confidentes. «J'y vais selon nos affinités. J'ai tendance à m'inquiéter facilement, alors que ma soeur aînée est toujours en contrôle. Je préfère confier mes angoisses à une amie qui me ressemble davantage. D'un autre côté, personne ne comprend mieux mon manque de confiance en moi que mes soeurs: elles le ressentent aussi, ça vient de notre éducation.»














