D'où vient notre bordel?
- Par
- Annie Richer
- Publié:
- 30 mars 2009
- Mise à jour:
- 3 septembre 2009
On part en retard chaque matin parce qu'on ne trouve plus nos clés? Avouons-le: notre maison est un bordel!
Les piles de livres partout et les armoires qui débordent en disent long sur nous... On en a marre? Il n'y a qu'une solution: repenser notre relation avec les objets.
La collectionneuse
Nos armoires, le garage et nos garde-robes sont pleins à craquer, si bien que leur contenu déborde dans les pièces de la maison. Piles de papiers importants, cadeaux et souvenirs accumulés, vêtements qu'il faudrait bien aller porter à l'Armée du Salut: plusieurs d'entre nous croulent littéralement sous le poids des objets.
Si certaines vivent bien avec leur bordel, d'autres étouffent. «Quand on a l'impression que c'est notre environnement qui nous contrôle plutôt que l'inverse, il est peut-être temps de passer à l'action», affirme Roxanne Saulnier, organisatrice professionnelle et présidente de Mieux vivre organisé/Neat Living. Pour enrayer notre fouillis de manière durable, «il faut prendre le temps de s'arrêter pour s'observer», recommande Nicole-Anne Cloutier, psychologue.
«On accumule des choses pour différentes raisons, selon Sophie Legault, organisatrice résidentielle. C'est en sachant à quel type "d'écureuil" on appartient qu'on parvient à identifier la source de notre désordre et à l'enrayer pour de bon.» Prête à prendre l'écureuil par les cornes?
La collectionneuse sentimentale
C'est moi si...
mes objets me rappellent des souvenirs.
je suis incapable de me débarrasser d'un trésor de famille ou d'un cadeau de quelqu'un que j'aime.
j'ai envie de conserver des traces de ma vie.
je suis convaincue que ça vaudra cher plus tard... Pour la collectionneuse sentimentale, les objets ne sont pas que des objets: ce sont des symboles souvent dotés d'une charge émotive. «Pensez-vous vraiment que l'amour que vous aviez pour votre grand-mère décédée se manifestera chaque fois que vous regarderez la théière qu'elle vous avait offerte? Non, vous le portez en vous, cet amour-là!» affirme Jany Dextraze, designer d'intérieur et organisatrice résidentielle.
Quelques trucs
On rassemble au centre d'une pièce tous les objets dont on a du mal à se départir afin d'évaluer l'étendue des «dommages». En voyant la montagne, on réalisera qu'on ne peut pas tout garder.
On s'attarde ensuite aux choses qu'on garde sans savoir pourquoi. «Dès qu'on se questionne et qu'on ne sait pas quoi faire, c'est le signe d'un conflit intérieur, explique Jany Dextraze. C'est souvent à cette étape qu'on tend à s'arrêter, mais il faut persévérer et essayer de comprendre à quoi tiennent nos résistances.»
On se demande si on a intérêt à garder tel ou tel objet, propose Jany Dextraze. Si la réponse comporte un «oui, mais», «peut-être que», «au cas où», «un jour...», il s'agit probablement d'un prétexte et non d'une raison valable. «Il faut s'entendre dire ces choses-là pour se rendre compte que nos explications n'ont aucun sens», ajoute-t-elle.
On peut aussi se demander si l'objet en question nous rend vraiment heureuse, s'il nous rappelle un moment de bonheur: si oui, on peut le garder... et le mettre en valeur en l'intégrant au décor ou en l'utilisant régulièrement plutôt que de le reléguer au fond d'un placard. Si l'objet évoque de la tristesse ou un sentiment d'échec (la robe de mariée après un divorce, par exemple), ou si on ne se souvient même plus pourquoi on y tenait, on lui dit adieu.
On croit que le vase de tante Madeleine prendra de la valeur avec les années? On le fait évaluer. On saura ainsi s'il vaut mieux le conserver ou si on peut le laisser aller.
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