Pourquoi est-il important de pardonner?

On pardonne d'abord pour soi. En fait, on doit d'abord reconnaître qu'il y a eu une blessure et, ensuite, par le pardon, on se libère de toute la charge émotive qui s'y rattache. Mais on ne se lève pas un matin en disant: "C'est aujourd'hui que je pardonne!". Ce n'est pas un acte volontaire. Il faut passer à travers toute une gamme d'émotions (colère, ressentiment, peine, etc.) avant de réaliser un jour qu'on est plus sereine face à ce qui s'est passé et que les émotions sont moins vives.

Pourquoi dit-on «Je ne lui pardonnerai jamais»?

C'est un mécanisme de défense! On est tellement fâchée ou on a tellement honte qu'en fait, on dit cela pour se protéger. Pardonner, c'est explorer toute notre vulnérabilité.

Pardonner, est-ce oublier?

Non! Si c'était le cas, on n'aurait pas besoin de pardonner. On n'oublie donc pas la blessure, mais on la détache de toute l'intensité des émotions qui l'entourait. De fait, on n'a pas nécessairement besoin de dire à l'autre qu'on lui pardonne, parce que c'est parfois impossible de le faire ou encore qu'on n'a pas envie de reprendre une relation avec elle. C'est une démarche personnelle qui nous amène à être en paix avec notre histoire et notre blessure. Si on le désire, on peut poser un geste symbolique en écrivant une lettre - sans la remettre à l'autre - pour mettre en mots comment on se sent désormais, alors que le tumulte émotionnel est passé. La lettre peut commencer par: «Maintenant, je suis en paix parce que... je me sens...»