Éric et Geneviève, tous deux dans la trentaine, ont acheté en 2006 leur premier condo, à Montréal. Ils s'y sont installés après avoir fait revernir les planchers, en se promettant d'attaquer la cuisine plus tard pour ne pas retarder leur déménagement. «On avait tellement hâte d'avoir un vrai chez-nous qu'on se disait que, avec tous les restaurants à proximité, refaire la cuisine ne serait pas si terrible, rapporte Geneviève. On s'est trompés!»
Car dès que l'ouvrier - recruté sur la seule bonne foi de son tarif horaire plus qu'attrayant - commence à faire tomber les murs, tout leur petit monde s'écroule aussi. De un, parce que cet homme va étirer les travaux sur quatre longs mois (un poignet foulé, un autre contrat à finir, un tour de reins, un fils malade, etc.); et de deux, parce qu'il semble souffrir de surdité subite chaque fois que Geneviève s'adresse à lui. «Il fallait que les directives émanent d'Éric, même si j'étais plus souvent présente sur place, poursuit-elle. Au début, on en rigolait. Mais avec le temps, c'est devenu très frustrant pour moi, et ça s'est retourné contre Éric... Surtout que la cuisine, une fois finie, était loin d'être à mon goût. Est-ce que c'est ça qui nous a conduits à la séparation? Avec du recul, je suis certaine que ça n'a pas aidé. La preuve, c'est qu'aucun de nous deux n'a voulu garder le condo.»














