Vie de famille

Noël: Non au bisou forcé

Noël: Non au bisou forcé

  Photographe : Annie Villeneuve

Vie de famille

Noël: Non au bisou forcé

Timide, ma fille a un tempérament réservé et plutôt introverti. le temps des Fêtes, avec ses innombrables visites dans la famille, se transformerait en cauchemar si j’exigeais la tournée des bisous et câlins. Un caprice? Pas du tout!

 

Cela a toujours été clair et limpide: ni ma fille ni mon garçon n’ont à se conformer à la convention sociale voulant qu’on s’embrasse en se retrouvant. Dire bonjour, sourire, regarder dans les yeux et répondre à ses interlocuteurs: voilà les seules règles de bienséance dans ma famille. Et c’est très bien ainsi, me dit France Paradis, orthopédagogue et formatrice en intervention auprès des parents: «Il ne faut jamais forcer un enfant à embrasser un adulte, que ce soit un proche, un frère, une sœur ou nous-mêmes! s’exclame-t-elle. Sinon, c’est le début de l’abus.»

Une position radicale? Mme Paradis est convaincue que cela ouvre la voie aux agressions, puisqu’on «force l’enfant à accepter quelque chose qui ne le tente pas». L’idée ferait son chemin et l’enfant pourrait conclure que le respect et le consentement sont des notions dictées par d’autres personnes que lui... et que cela ne lui appartient pas.

Si l’on se sent mal à l’aise devant le refus de notre enfant, Solène Bourque, psychoéducatrice, suggère qu’on essaie de comprendre pourquoi: «Qu’est-ce qu’on trouve difficile? Est-ce le regard des autres, la pression sociale?» questionne-t-elle. Elle propose de trouver un autre petit geste d’affection sympathique, comme un bisou soufflé. «Et on laisse le choix à notre enfant», dit-elle.

C’est ce qu’a fait Frédérique avec sa fille, âgée de six ans. «Rosalie a inventé une poignée de main rigolote, pendant laquelle elle exécute quelques mouvements, toujours les mêmes, dans un ordre précis, raconte la maman. Ça dure cinq secondes et ça l’amuse... C’est devenu son petit rituel.»

Évidemment, la situation peut être interprétée de toutes sortes de manières: notre enfant est sauvage, mal élevé, ou pire, il n’aime pas la famille... «Il y a deux façons de gérer cela, soutient France Paradis. Soit on ment, et alors on envoie le message à notre enfant que son non-désir est inacceptable, donc illégitime... Soit on dit la vérité et, alors, bien sûr, comme parent, on va trouver cela difficile. On va peut-être se sentir jugé.» On peut mettre cartes sur table, simplement mais fermement, en disant par exemple que «dans notre famille, on ne force pas». Et si la tante, l’oncle, un des grands-parents insiste? On demande comment il se sentirait, lui, si on l’obligeait...

À ne pas oublier: il s’agit d’un moment arrêté dans le temps. Cela ne veut pas dire qu’à chaque visite, notre enfant va faire le même choix. «J’aime bien dire: Rosalie n’a pas envie aujourd’hui», conclut Frédérique.

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