Travail

Rebondir après une perte d'emploi

Rebondir après une perte d'emploi

Thinkstock Photographe : Thinkstock Auteur : Coup de Pouce

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Rebondir après une perte d'emploi

Selon Statistique Canada, de janvier à septembre 2013, il y a eu quelque 45 000 pertes d’emploi au pays. Quarante-cinq mille personnes qui ont dû vivre un des événements les plus stressants qui soient. «Un licenciement est toujours un choc, dit Isabelle Michaud, conseillère en orientation, psychothérapeute et auteure du Guide pour mieux faire face à une perte d’emploi. Cela entraîne des bouleversements sur tous les plans: personnel, financier, etc. C’est un événement pénible qui peut nous arriver à toutes, quels que soient le type d’emploi qu’on occupe ou les années d’expérience accumulées.» La bonne nouvelle, c’est qu’on peut toutes arriver à rebondir, une étape à la fois.

Étape 1: accuser le choc

Au début, c’est souvent la colère qui domine, selon Claire Savoie, conseillère en gestion de carrière. Il faut éviter de déverser la nôtre sur notre patron ou nos collègues et tenter de quitter dans les meilleurs termes. «On peut poser des questions, mais on ne doit pas s’attendre à obtenir des réponses claires, dit-elle. Notamment parce que les raisons de notre congédiement peuvent en cacher d’autres, de nature politique ou personnelle, par exemple.» Néanmoins, on peut tenter de négocier les conditions de notre départ: compensation, délais plus longs, etc. «On peut aussi demander si l’entreprise prévoit un soutien quelconque, comme des rencontres avec un psychologue», suggère Manon Lachapelle, conseillère principale en gestion de carrière pour la firme André Filion & Associés. Par la suite, on résiste à l’envie de sauter sur le premier emploi qui se présente. «On se donne au moins 2 ou 3 semaines pour laisser la poussière retomber», conseille Isabelle Michaud.

Étape 2: revoir ses finances

On dresse notre bilan financier. A-t-on des économies? A-t-on droit à une compensation? Est-on éligible aux prestations d'assurance-emploi? Ensuite, on refait notre budget pour les prochains mois, voire la prochaine année. «On appelle aussi nos créditeurs pour les informer et prendre des arrangements, si nécessaire», avise Claire Savoie. Parallèlement, on essaie de couper dans les dépenses superflues et, surtout, on évite autant que possible de s'endetter. Certains organismes, comme les ACEF (consommateur.qc.ca), peuvent nous fournir de bons conseils. «Il faut aussi se dire qu'il vaut mieux se serrer la ceinture pendant quelque temps que de se retrouver dans un poste qui ne nous correspond pas du tout», souligne Claire Savoie. 

Étape 3: prendre soin de soi

Il est normal de ne pas avoir envie de faire grand-chose les jours suivant un licenciement. Mais on ne se laisse pas aller! On continue de faire nos activités habituelles ou on en trouve: marcher, voir nos amis, lire, etc. «Plusieurs personnes se définissent par leur travail, dit Isabelle Michaud. On essaie de se défaire de cette idée et de trouver d’autres sources de contentement.» Par ailleurs, pour nous aider à maintenir notre estime à flot, on prend le temps de s’arranger le matin (on se coiffe, un peu de maquillage) et on prend soin de notre santé (on mange bien, on fait du sport.)

Étape 4: se fixer des objectifs

Pour cela, on doit se poser certaines questions: Veut-on continuer à faire le même type de travail? Pour quelles entreprises aimerait-on travailler? Une perte d’emploi peut aussi être l’occasion de se réorienter, en retournant aux études ou en suivant une formation. Si on ne sait plus très bien où on en est, on peut aussi faire appel à un professionnel pour nous aider à y voir clair, comme un conseiller en orientation ou en gestion de carrière ou s’adresser à un organisme d’aide à l’emploi (Centres de recherche d’emploi du Québec, cre.qc.ca; Emploi Québec, emploiquebec.gouv.qc.ca).

Étape 5: utiliser son réseau

«C’est un outil précieux», souligne Manon Lachapelle. On avise notre entourage qu’on cherche un emploi dans tel domaine et on fait de même via les médias sociaux. On n’hésite pas à participer à des activités de réseautage, on visite le site des entreprises qui nous intéressent pour savoir si elles en proposent. Et on reste à l’affut des conférences, ateliers et rencontres en lien avec nos intérêts. On peut aussi devenir membre d’une organisation reliée au domaine qui nous passionne. «Il faut avoir une approche proactive», conseille Manon Lachapelle. On peut également faire appel à une firme de recruteurs ou à une agence de placement. On y soumet notre candidature, gratuitement, et si on correspond à leurs critères (les firmes de recruteurs répondront davantage aux cadres, alors que les agences de placement s’adressent principalement aux cols bleus et blancs), elles agiront comme intermédiaires entre nous et d’éventuels employeurs.

Étape 6: tirer profit de chaque journée

Dans notre agenda, on planifie la semaine à venir: Quelles démarches fera-t-on? Avec qui prendra-t-on contact? Etc. «Il faut aussi personnaliser notre CV, en mettant en valeur nos compétences en lien avec le poste convoité, et consacrer du temps à préparer nos entrevues», dit Manon Lachapelle. Mieux vaut en faire un petit peu chaque jour que s’épuiser en y passant 12 heures par jour. «On entend souvent qu’on doit faire de la recherche d’emploi son emploi, mais ce n’est pas réaliste, dit Claire Savoie. On choisit la période de la journée où on est le plus efficace.» Le reste du temps? On prend soin de nous. «Tous les jours, on fait quelque chose qui nous fait du bien», recommande Mme Savoie. Et on s’arme de patience! Selon Statistique Canada, il faut 23 semaines en moyenne pour se retrouver un emploi.

Sortir de l'isolement

Une étude publiée dans The Academy of Management Journal en 2012 révélait que la plupart des travailleurs qui perdaient leur emploi voyaient leur niveau de bien-être augmenter sensiblement dans les semaines qui suivaient, une sorte de sentiment de liberté en quelque sorte. Toutefois, lorsqu’ils n’arrivaient pas à trouver un nouvel emploi dans les 10 à 12 semaines suivant leur mise à pied, ce bien-être faisait place à un sentiment de rejet et de dépression. La raison: chercher un emploi relève de soi-même et on doit souvent s’encourager et se motiver seule, chose qui devient plus difficile à mesure que le temps passe. Bonne nouvelle, cependant: 78 % des participants avaient trouvé un nouvel emploi dans les 20 semaines, malgré leur état un peu dépressif. Une solution proposée par les chercheurs pour briser l’isolement: limiter le temps passé sur les sites web, notamment sur les sites de recherche d’emploi, et prendre contact «pour de vrai» avec notre réseau ainsi qu’avec des employeurs potentiels.

Licenciement: que dit la loi?

Incompétence, difficultés financières de l’entreprise, abolition du poste... Autant de motifs que peut faire valoir un employeur lorsqu’il décide de nous licencier. Selon la Loi sur les normes du travail, ce dernier doit toutefois nous aviser par écrit (avis de cessation d’emploi) dans les délais prévus par la loi, qui peuvent varier de 1 à 8 semaines selon qu’on est en poste depuis 3 mois ou depuis plus de 10 ans. L’employeur ne se conforme pas à ces délais? Il devra alors nous verser une indemnité équivalente au salaire qu’on aurait gagné entre la date à laquelle l’avis aurait dû nous être envoyé et la fin de notre emploi. L’employeur est aussi tenu de payer nos vacances et les heures supplémentaires qu’on aurait faites. On juge notre renvoi injustifié? On a 45 jours pour porter plainte à la Commission des normes du travail. Par ailleurs, on doit savoir que si notre licenciement a été justifié par notre inconduite, on n’aura pas droit à des prestations d’assurance-emploi. Infos: 1-800-265-1414, 514-873-7061, cnt.gouv.qc.ca.

«Faites du bénévolat dans le domaine qui vous intéresse. J’en ai fait dans un musée avant de devenir agente de presse pour eux. J’avais créé des contacts, on savait que j’étais motivée.» – Anne, 38 ans

«Ne dites jamais de mal de votre ancien employeur aux gens qui font partie de votre réseau et encore moins en entrevue, même si vous digérez mal le fait d’avoir été mis à la porte. Personnellement, ça m’a coûté un ou deux emplois très intéressants.» – Charles-Étienne, 27 ans

«Il faut se montrer souple sur le plan du salaire, mais n’acceptez pas un salaire très en deçà de vos attentes: vous pourriez le regretter plus tard si vous avez à négocier un salaire pour un emploi futur.» – Jeanne, 47 ans

«N’oubliez pas de remercier les personnes qui vous permettent d’entrer en contact avec d’éventuels employeurs. C’est important de prendre soin de ses relations.» – Isabelle, 35 ans

«Préparez-vous mentalement à une entrevue en vous disant que c’est vous qui avez quelque chose à offrir à l’employeur; vous n’allez pas quêter un travail!» – Marie-Claude, 40 ans

«Ne vous sous-estimez pas! Parfois, on refuse de répondre à une offre d’emploi parce qu’on se dit que c’est au-delà de nos compétences. Il faut oser et croire en soi! Je croyais que je n’étais pas assez bonne pour gérer une équipe. Maintenant, je suis à la tête de 20 employés et je suis très appréciée.» – Nathalie, 41 ans

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