Travail

Partager son bureau de travail pour économiser et établir des contacts

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� iStockphoto Photographe : � iStockphoto Auteur : Coup de Pouce

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Le phénomène de l'espace communautaire de travail, ou coworking space, est relativement récent. Mais en quelques années, il a fait de nombreux adeptes parmi les travailleurs autonomes. Le principe consiste à regrouper des personnes à leur compte et des petites entreprises dans un même lieu afin de favoriser les échanges et de faciliter l'interaction.

Échange de compétences

Le simple fait de réunir dans une même pièce des professionnels aux compétences différentes et complémentaires peut favoriser le travail des uns et des autres. «Le coworking amène un réseau de contacts qui facilite la résolution de problèmes par l'entraide, la collaboration et le partage», dit Jacques Forest, psychologue organisationnel et professeur à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM. Chez Ecto, la graphiste Martine est souvent sollicitée par les autres membres de la coopérative, de manière informelle. Emmanuel, programmeur Web, travaille régulièrement avec Yves et Samantha, les fondateurs de l'entreprise sociale Percolab. C'est un cheminement presque naturel que de s'associer à des personnes qui partagent les mêmes valeurs.

«À la différence d'un centre d'affaires, l'espace de travail partagé véhicule des valeurs communautaires et sociales fortes. Certes, on réalise des économies de fonctionnement en mettant des services en commun, mais on a aussi la volonté de créer une synergie entre ceux qui s'y côtoient», explique François-Xavier Michaux. Ce dernier avait une idée très claire de ce qu'il voulait apporter aux travailleurs indépendants lorsqu'il a fondé l'espace Exeko, à Montréal, avec Nadia Duguay, en septembre 2008.

Il ne s'agit pas que du partage d'un espace, d'une connexion Internet et d'une imprimante. Chez Exeko, la pause de midi sert souvent de prétexte à la discussion, comme on le ferait entre collègues d'une même entreprise. La seule différence réside dans l'éclectisme des professions. Ici se côtoient les métiers de l'économie sociale, du Web, de la communication, de la traduction et de l'architecture.

Briser l'isolement

Les profils des travailleurs en quête de partage sont variés. Certains commencent une activité, tandis que d'autres ressentent le besoin de séparer vie professionnelle et vie privée ou souhaitent briser l'isolement dans lequel ils sont confinés. Et ça marche.

Une enquête dont les résultats ont été publiés en décembre 2010 sur le site du magazine en ligne Deskmag, consacré au phénomène, a permis de conclure que 70% des gens qui partagent un bureau de travail seraient comblés par celui-ci. Mais quelles sont les principales raisons de ce succès? Toujours d'après ce sondage, mené auprès de 661 personnes de 24 pays, cette manière de travailler aurait des effets positifs sur l'interaction avec les autres (88%), la motivation (85%) et l'organisation de la journée (59%). Selon Jacques Forest, «le travailleur autonome, comme tout être humain, doit satisfaire trois besoins essentiels: ceux d'autonomie, de compétence et d'affiliation sociale. Ici, c'est le besoin d'affiliation sociale qui est le plus comblé.» Car dans la majorité des cas, être indépendant ne signifie pas vouloir être isolé de tous, bien au contraire.

Plutôt sédentaires ou nomades?

Dans la seule ville de Montréal, il existe autant de modèles de cette façon de travailler que d'espaces partagés. Certains, comme Exeko, ne proposent qu'une possibilité: un bureau fixe accessible en tout temps pour 250$ hors taxes par mois. D'autres, comme Station C ou Ecto, offrent davantage de flexibilité: bureau fixe ou table partagée, usage ponctuel, fréquent ou illimité, pour des frais mensuels allant de 25$ à 350$ hors taxes.

À l'espace coopératif de travail Ecto, la trentaine de membres qui utilisent le lieu a misé sur l'option «moitié-moitié», autrement dit, trois jours de présence par semaine pour 180$ hors taxes. «L'aspect financier est l'une des raisons, mais pas la principale. Certains ont fait ce choix parce qu'ils font beaucoup de rencontres à l'extérieur, d'autres parce qu'ils ont des enfants», dit Élodie Jobin Groulx, coordinatrice à l'administration et aux communications de l'espace. Pour François, programmeur informatique, c'est surtout pour des raisons pratiques de transport. «J'habite sur la Rive-Sud, et lorsque je prévois quelque chose avec ma blonde, par exemple, je trouve cela plus simple de travailler à la maison.»

Ainsi, travailler pour soi n'est pas incompatible avec le fait de travailler avec d'autres. Et à l'heure où le nombre de personnes à leur compte est en constante augmentation au Québec - elles étaient 565 000 à se déclarer en tant que telles en 2009 -, le partage de l'espace de travail s'avère une solution intéressante pour bon nombre d'entre elles.

  

Lire aussi: Que signifie s'occuper de ses affaires au bureau et Travailler en coupler: les pièges à éviter.

 

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