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Diriger comme une femme, c'est mieux?

Auteur : Coup de Pouce

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Diriger comme une femme, c'est mieux?

Janie Duquette a mené une carrière de premier rang comme avocate et productrice d'artistes de renom. Elle a travaillé des semaines de 100 heures, a dû se battre pour faire reconnaître son leadership et a dû mettre pendant de nombreuses années une croix sur sa vie privée au profit de sa carrière. Mais elle est confiante que tout ceci peut changer. Que les femmes ont tout à gagner à ne pas « agir en hommes » quand elles assument des postes de leadership et qu'entre elles, les femmes doivent s'épauler pour mieux s'aider dans leurs ascensions. Quatre questions à celle qui souhaite voir chaque femme prendre toute la place qui lui revient.

1. De quoi parle-t-on quand on parle de leadership féminin?

Du leadership, c'est la capacité de prendre des décisions, pas seulement être en position de pouvoir. Les femmes peuvent occuper les mêmes postes que les hommes, mais quand elles essaient de nier les façons de faire et les qualités typiquement féminines, elles font fausse route. Je pense qu'un leadership féminin bien assumé, c'est de faire les choses en revendiquant une façon de faire plus empathique, plus collaboratrice. Le féminisme d'aujourd'hui n'est plus le féminisme revendicateur d'il y a 50 ou 60 ans. C'est une recherche de nouvelles solutions, de nouvelles façons de faire. C'est pourquoi on peut, selon moi, être femme à la maison ET féministe et influente. L'entraide et le partage qui sont propres au leadership féminin ont un rôle à jouer partout, peu importe ce qu'on fait dans la vie.

2. Quand on parle de leadership féminin, à qui s'adresse-t-on? Seulement aux femmes qui aspirent à devenir PDG?

Pas du tout. Les femmes ont déjà énormément de pouvoir. Par exemple, les femmes contrôlent déjà 80% des dépenses de consommation dans leur foyer. Ce n'est pas rien! C'est en soit une forme de pouvoir et il s'ajoute au pouvoir citoyen (le droit de vote, de faire bouger les choses dans notre collectivité), au pouvoir familial et professionnel. Imaginez maintenant ce qu'on pourrait en faire de ce pouvoir si les femmes s'épaulaient entre elles, l'utilisaient ensemble pour faire avancer les choses?

3. Pour réussir son rôle de leader (et par extension, réussir sa vie), faut-il nécessairement aspirer à une grosse carrière, un gros chèque de paie?

C'est quoi tout avoir dans la vie? Avoir un gros char? J'ai travaillé fort, dans un métier que j'adorais. Je ne regrette pas mon parcours, car j'ai eu du fun, du succès et du plaisir à voir les gens pour qui je travaillais gagner leur vie par leur savoir-faire. Mais l'excès de performance a fait dévier nos attentes. On sait maintenant qu'une personne heureuse est plus performante qu'une personne à boutte. L'équilibre est de plus en plus valorisé. Dans un monde idéal, nous aurions tous une patronne raisonnable qui demande des heures raisonnables de travail, pour laisser de la place pour autre chose. Personne ne parle de sa job sur son lit de mort. Faut s'en rappeler.

4. Comment fait-on pour parler de féminisme et de leadership féminin sans tomber dans le gnagna?

En ayant des résultats! Quand on verra qu'une équipe menée par des qualités comme l'intuition, l'empathie, la générosité, la recherche d'équilibre fait des grandes choses, on aura envie d'y croire. Faut commencer quelque part. Mais je sais pour l'avoir vécu que la collégialité féminine peut faire de grandes choses.

Les 7 clés du leadership féminin, Éditions Transcontinental, 2014, 182 p., 24,95$

 
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