Psychologie

Vivre la dépression d'un proche

Vivre la dépression d'un proche

iStockphoto.com Photographe : iStockphoto.com Auteur : Coup de Pouce

Psychologie

Vivre la dépression d'un proche

Des signes à reconnaître

« La dépression est toujours déstabilisante, surtout lorsqu'elle touche un être cher », constate d'emblée la psychologue Marie Bérubé. Ceci dit, il importe de distinguer la dépression de la simple déprime, note le Dr Brian Bexton, psychiatre et président de l'Association des médecins psychiatres du Québec. « La déprime est normale. Tout le monde peut vivre des petits moments de déprime, de temps en temps, mais c'est passager. La dépression est une maladie qui affecte le fonctionnement du cerveau et qui s'inscrit dans le temps », précise-t-il.

On s'inquiète pour la santé d'un de nos proches? Voici quelques signes habituellement associés à la dépression. Cependant, il faut savoir que les symptômes varient d'une personne à l'autre et que ceux-ci doivent être présents depuis un minimum de deux semaines:

  • Humeur maussade; sentiment de découragement;
  • Retrait de la vie sociale;
  • Baisse d'énergie, fatigue;
  • Sommeil perturbé;
  • Difficultés de concentration;
  • Perte d'intérêt pour les activités normalement appréciées; absence de plaisir.

Aider de façon efficace

Accompagner un parent, un conjoint ou même un enfant dépressif n'est pas de tout repos. Plusieurs se demandent s'ils posent les bons gestes, si leurs paroles sont aidantes, etc. « Le principal piège à éviter, c'est de croire qu'on peut « guérir l'autre » simplement avec de l'amour et de bonnes intentions. Malheureusement, ça ne marche pas comme ça », observe le Dr Bexton.

Voici plutôt les conseils des deux spécialistes:
  • Accepter que la dépression est une maladie et qu'il ne s'agit pas de paresse ou d'un manque de volonté.
  • Être à l'écoute de l'autre. « On parle ici de la vraie écoute, sans jugement. Elle est à la base du processus de guérison. En se sentant accepté tel qu'il est, notre proche va se sentir plus à l'aise de s'exprimer, sans avoir à cacher ses émotions ni à se défendre », explique Marie Bérubé.
  • Faire voir à la personne le beau côté des choses et ce qui va bien. Bien souvent, les personnes dépressives ne voient plus le positif. C'est comme si elles portaient des lunettes qui venaient teinter leur vie de gris. Leur faire remarquer leurs progrès et les remettre en contact avec leurs forces et leurs ressources peut être bénéfique.
  • Encourager la personne à rester en contact avec ses amis et sa famille et l'inviter à sortir de la maison, à l'occasion, pour faire des activités qui ont l'habitude de lui plaire. Ceci évitera qu'elle ne s'isole complètement.
  • Comme les personnes dépressives vivent généralement beaucoup de fatigue et une baisse d'énergie, offrir ses services pour les tâches ménagères et la cuisine peut être très apprécié.
Éviter de dire ou de faire

Ceci dit, « mieux vaut ne rien faire que de faire quelque chose qui pourrait nuire à notre proche », estime la psychologue. Voici, selon elle et le Dr Bexton, ce qu'il faut à tout prix éviter de dire ou de faire:

  • Banaliser l'état de la personne ou, pire, le nier.
  • Éviter de culpabiliser la personne pour son état, ce qui lui imposerait une pression supplémentaire dont elle n'a pas besoin. On évite donc les reproches du type: « Tu ne fais pas d'efforts », « Qu'est-ce que les autres vont dire? », « On ne fait plus rien », etc.
  • Éviter de décourager la personne et de lui faire douter de ses choix ou de la compétence de son médecin. « Par exemple, même si on n'est pas d'accord avec l'utilisation des antidépresseurs, ce n'est pas le temps de donner son opinion », note Marie Bérubé. Celle-ci précise que la personne dépressive doit avoir confiance dans les soins qu'elle reçoit.
  • Ne pas amener la personne consulter un médecin ou un psychologue « par surprise ». Il est préférable de lui proposer de l'accompagner et d'attendre que celle-ci se sente prête à y aller.
Aider sans s'épuiser

Dans son bureau, le Dr Brian Bexton a vu bien des aidants s'épuiser à force de vouloir « sauver » l'autre. « On peut aider, mais on ne peut pas devenir le thérapeute d'un proche ou d'un enfant qui fait une dépression », fait-il remarquer. Celui-ci ajoute que l'aidant doit être capable de mettre ses limites face aux demandes de l'autre, sans oublier de prendre du temps pour lui-même et de sortir de la maison, de temps en temps, pour se changer les idées. « Il ne faut pas hésiter à aller chercher  de l'aide extérieure, que ce soit auprès de spécialistes ou de groupes d'entraide », conclut-il.

Sources

REVIVRE (Association québécoise de soutien aux personnes souffrant de troubles anxieux, dépressifs ou bipolaires)

Fédération des familles et amis de la personne atteinte de maladie mentale (FFAPAMM)

 

Suggestion de lecture

Vivre avec une personne dépressive, Dr Brian Bexton, Éditions Bayard, 2008.

 

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