Psychologie

Les athlètes et la beauté… naturelle

Billet de blogue par
Les athlètes et la beauté… naturelle

  Photographe : Paolo Bona /  Shutterstock.com

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Les athlètes et la beauté… naturelle

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Je me suis maquillée pour la première fois en secondaire 4. Ce n’était pas très joli et j’en n’avais pas vraiment envie. La raison pour laquelle je ne me mettais ni mascara ni fard à joues à l’époque de ma vie où le gloss aurait pu devenir le point central de mon existence (ah l’adolescence !), était que je pratiquais un sport d’élite: la natation.  Dans la piscine quatre heures par jour (deux le matin et deux le soir), je trouvais complètement imbécile de m’imposer une ligne de crayon sur la paupière alors que je savais très bien que je terminerais la journée avec des coulisses noires jusqu’au menton. J’ai donc été interpelée par certains visages d’athlètes olympiques qui, pour la compétition la plus importante de leur vie, portaient du mascara.

Je ne parle pas des sports comme le patinage artistique, pour lequel le maquillage va de soi. Mais plutôt de sports comme le slopestyle ou le ski par exemple. Il y a les sports où rien ne doit dépasser. Où la fille (et le gars aussi) est évaluée sur sa grâce, son sourire et la finesse de ses gestes. Ici, on comprend les multiples couches de fond de teint, mais je crois qu’il est primordial de rappeler qu’il y des milliers d’heures d’entraînement sous ces épaisseurs de maquillage. Je ressens le besoin de ramener le spectateur à l’essentiel.

Dans sa vidéo officielle de l’équipe olympique canadienne ( Nous sommes l’hiver), la championne olympique Justine Dufour-Lapointe dit : «Je veux montrer au monde entier que j’ai travaillé toute ma vie pour ce moment-là.» Je crois qu’elle est là la beauté. Et le fard à paupière n’ajoute rien à cette beauté-là. J’ai eu envie de juger quand j’ai vu des lignes de crayon noir sur les yeux de certaines athlètes. Probablement qu’elles portaient aussi du cache-cernes, qui sait. Je me suis par contre ravisée après en avoir discuté avec des amies qui m’ont dit: «des fois, je me sens vraiment mieux dans ma peau parce que je porte un peu de maquillage, que je me montre sous mon meilleur jour». Je me dis donc que le fait que ta face soit en gros plan sur les écrans HD des spectateurs de tous les continents influence peut-être ton choix de te maquiller. Peut-être que c’est pour le confort, la confiance et tout, mais j’espère seulement que ce n’est pas pour répondre aux standards. Soumettre des athlètes à des standards de beauté me semble tout à fait inapproprié, particulièrement lorsqu’on s’attarde à la plus grandiose compétition au monde.

Des sites web comme Affaires de gars ou même  Paris Match ont fait leur palmarès des plus belles athlètes présentes à Sotchi. Le Time a analysé avec des spécialistes le «double standard» qui existe au sein des performances sportives homme-femme: l’homme doit gagner et la femme doit gagner ET être mignonne. Pourquoi on ne nous énumère pas plutôt la liste des sacrifices faits pour atteindre les JO, le nombre d’heures investies dans ce rêve, la quantité de jours passés loin de leurs proches pour en arriver là, les efforts surhumains déployés depuis l’enfance? Il est là l’intérêt. Et même si Paris Match a déterminé que Justine Dufour-Lapointe est la plus belle femme de ces Olympiques, j’espère que ce qui nous reste en tête c’est surtout qu’elle est la meilleure au monde dans sa discipline. Et même si chaque athlète féminine porte une attention particulière à son apparence avant de dévaler une pente ou d’embarquer sur la glace, je crois que c’est quand le sport prend finalement toute la place que la beauté existe. 

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