La foi qui guérit

� Istockphoto.com Photographe : � Istockphoto.com Auteur : Coup de Pouce

La question est noble: un être davantage spiritualisé, c'est-à-dire ouvert à la méditation, au silence, à la prière, voire à l'ascèse, est-il prédisposé à une meilleure santé, peut-être à une guérison éventuelle mieux affirmée? Comme le vieil Homère l'a proclamé, et comme bien d'autres l'ont fait par la suite, le plus grand bien qui soit en ce bas monde est, en effet, la santé.

Un très antique axiome qui fait toujours le tour du monde: Mens sana in corpore sano. Traduisons: «Un esprit sain dans un corps sain». À ce propos, la sagesse populaire n'y va pas par quatre chemins. Elle proclame que «malade qui prie, malade qui guérit». Ou encore: «Aide-toi et le ciel t'aidera».

C'est ainsi que la spiritualité - force psychique - permet d'introduire en nous des motivations supplémentaires, tels le don de soi, la compassion, le soin du corps en tant que temple de l'Esprit. Voilà qui permet au souffrant d'accomplir, par sa souffrance physique, un rôle social qui, parfois, frôle l'héroïsme. Depuis plusieurs millénaires, avant même l'éclosion du christianisme, l'hindouisme dans ses formes variées ainsi que d'autres traditions spirituelles, enseignaient des voies par lesquelles les hommes, les femmes, avec un coeur dévot et confiant, peuvent acquérir une certaine libération qui ne peut qu'être bienfaisante à la santé.

Quatre principes et considérations

Bien entendu, la recette «spiritualiste» n'est pas magique. Plutôt que de valoriser l'exceptionnel, ne vaut-il pas mieux nous rappeler quelques principes et autres considérations? Les sciences humaines ne cessent de rappeler à notre chère humanité qu'elle peut aspirer à plus grand et à plus loin que ses préoccupations immédiates.


1. En santé ou mal en point, l'être humain est d'abord une personne constituée d'un corps et d'esprit. Nos propos seront valables dans la mesure où nous tenons compte des deux «parties» en cause. Une vision globale et de la santé et de la spiritualité s'impose, sans pour autant inféoder le corps et l'esprit à l'un ou à l'autre. De même, on se doit de respecter les rôles et compétences dans chaque domaine.

2. Pas plus qu'elle n'est la propriété d'une seule religion, la spiritualité n'est pas un absolu en soi. La santé, non plus. Les deux, du domaine de l'observation et parfois de l'hypothèse, demeurent dans l¿ordre du devenir. Le corps a ses lois. L'esprit aussi. La médecine savante a des exigences. La spiritualité a les siennes. Face à une maladie chronique par exemple, elle proposera l'oraison, la solidarité avec les autres malades, l'offrande à plus grand que soi, l'allégeance aux forces vives de l'âme, les vertus du saint abandon, ou encore, la délivrance selon certaines lois du karma. Une fois «la petite flamme de l'espérance» (Péguy) allumée, le potentiel spirituel de la personne est énorme.


La puissance de l'esprit est telle qu'elle peut s'affirmer à travers la maladie et même composer avec des infirmités physiques majeures. Tout comme la puissance de l'amour qui agit si souvent au-delà des normes attendues.


3. La santé n'est pas un dû. Pas plus que la vie. Pas plus que le siècle qui me reçoit. La guérison est un don, mais elle peut s'exprimer autrement. Plusieurs héros de la sainteté tels Paul de Tarse, François d'Assise ou Thérèse de Lisieux ont trouvé dans l'inconfort de la maladie la force qui leur a permis de se réjouir de leur condition physique. Pourtant, ces mystiques savaient de par leur tradition spirituelle que «nulle richesse n'est comparable à la santé du corps» (Siracide 30,16).


4. C'est ainsi que, par leur esprit, l'homme et la femme ont le pouvoir, plutôt que de dominer la maladie, de se trouver des motivations additionnelles. La spiritualité agit souvent à long terme et selon ses critères. Elle crée des aptitudes à gérer les inconforts de la souffrance physique et à lui attribuer des rôles libérateurs.

Loin de renier le corps, la spiritualité a ceci de positif qu'elle favorise plutôt l'harmonie de l'esprit, la paix, la compassion vis-à-vis de soi et vis-à-vis des autres. Elle sait pactiser avec la maladie et, en plusieurs cas, intégrer la mort. Telle personne donne sa santé pour la patrie; l'autre la donne à la paix (Gandhi), à une cause sociale (Martin Luther King), à l'humanité entière (le Christ).


«L¿homme, cet inconnu¿»

Parmi tant de témoins autorisés des bienfaits de la spiritualité dans la santé, pourquoi ne pas rappeler certains propos du célèbre Alexis Carrel, médecin français, prix Nobel au début du siècle dernier: «le calme engendré par la prière est une aide puissante à la thérapeutique¿ Le spirituel se montre aussi indispensable à la réussite de la vie que l'intellectuel et le matériel.»


Bref, l'idéal demeure, en ces domaines comme en bien d'autres, le respect des personnes et de leur générosité. Le meilleur est à l'intérieur de soi. La médecine est une mer, le coeur en serait le rivage. Les grandes pensées les font se rejoindre.

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