Psychologie

Jouer la fille de l'air

Jouer la fille de l'air

Manon Boyer Photographe : Manon Boyer Auteur : Coup de Pouce

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Jouer la fille de l'air

Avant, j'étais une impitoyable workaholic, travaillant sept jours sur sept et capable de prendre zéro vacances pendant plus d'un an. Puis, Lazygirl est venue à ma rescousse, un peu comme Miss Cheap l'a fait pour Miss Hippie, en dévergondant Superwoman d'aplomb. Désormais, il y a une chose dans la vie que je redoute plus que la mort ou la solitude - ma kryptonite, si vous voulez -, c'est de ne pas profiter pleinement de mes fins de semaine et de mes vacances. Depuis que je connais la planète Farniente, mon time off, c'est sacré, pas touche! Le vendredi après-midi, je me rue vers la sortie en jouant du coude pour ne pas perdre une minute de mon week-end (dans une BD, j'aurais le pouvoir de passer au travers des murs pour aller plus vite).

Suis-je devenue un peu trop obsédée par les congés? Mais c'est que je les mérite! Après tout, je dois venir à bout quotidiennement de méchants en tous genres: dates de tombée, dossiers urgents, factures, courses, impôts, taxes, lavage, ménage, mauvaises herbes... C'est tout à fait naturel que les cellules de mon cerveau, qui vibrent en accéléré la plupart du temps, éprouvent à l'occasion le besoin d'être matées. Tout doux, mes fidèles bestioles, au repos. Lundi, on reprend le boulot. En attendant, on débranche. Sitôt la porte franchie, je suis déjà ailleurs, en train de me fossiliser dans le sable d'une île antillaise. Et je vous assure que, dans cent ans, à proximité de mon empreinte, les scientifiques ne trouveront aucun vestige d'un cellulaire ou d'un portable*. Juste les restes de ma cape de superhéroïne et ceux d'une petite pancarte qui dit: Prière de ne pas déranger.

Bon, ça, c'est mon fantasme. En vérité, je me ressource plutôt en compagnie de mon trio infernal: KFC (Kali, mon garçon très tannant, et Finnigan et Charlotte, mes deux Jack Russell possédés du démon). C'est dire que mes fins de semaine me divertissent en titi. Au bout du compte, dans une semaine, il me reste environ deux fois 25 minutes par jour rien qu'à moi: le moment où je prends le train entre Saint-Bruno et le centre-ville de Montréal et vice-versa. Un voyage en locomotive, aussi court soit-il, ça change une fille! Bercée par le mouvement de l'engin et la musique de mon iPod, je lis et, bien souvent, je m'endors en rêvant au petit cosmopolitain que je vais m'envoyer derrière ma cravate de femme de carrière en arrivant à la maison. Un autre fantasme: dans la réalité, je me réveille deux stations trop loin et je dois appeler pour que quelqu'un vienne me chercher.

Vous imaginez un peu l'ampleur du désastre si j'avais continué à rouler à fond de train (sans jeu de mots), refusant de m'accorder des vacances à l'occasion? Les oublis, les retards, les gaffes qui se multiplient, les commentaires des proches (pourquoi tu n'es jamais avec nous?), ça fesse, même quand on a la peau dure d'une Superwoman. Dans le fond, si j'ai laissé Lazygirl prendre le contrôle de la situation, c'est pour le bien de l'humanité. (Vous me voyez sourire?)

Décidément, bosser dur et jouer fort, ça fait mon affaire. Et je suis drôlement contente d'être une superhéroïne bien groundée. Je vous invite à vous péter les bretelles vous aussi... et à ne pas oublier de profiter de vos pauses bien méritées.
Bonne lecture!


* J'ajoute cette petite stat ici pour ne pas gâcher votre lecture: selon un sondage mené pour expedia.ca en 2011, 58 % des Québécois consulteraient leurs messages vocaux et leurs courriels du bureau pendant leurs vacances. Tss-Tss...

Alerte aux évasions barbares!
Êtes-vous une Superwoman qui n'arrive pas à décrocher ou une Lazygirl qui va jusqu'à oublier l'endroit où elle travaille pendant ses congés? Livrez-nous vos habitudes de week-ends et de vacances ci-dessous.

Linda Priestley
lpriestley@coupdepouce.com

 

À LIRE: Miss Hippie et Miss Cheap*

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