Psychologie

Édito septembre 2016: Quand les parents vieillissent

Billet de blogue par
Édito septembre 2016: Quand les parents vieillissent

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Édito septembre 2016: Quand les parents vieillissent

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Je ne sais pas pour vous, mais moi, je ne veux pas savoir que mes parents vieillissent. Non, en fait, je ne veux pas qu’ils vieillissent, point. Dans ma tête, ils ont encore autour de 55 ans, ce qui les place dans une autre génération que la mienne, mais encore loin de tout ce qui peut être angoissant avec la vieillesse. Ils sont actifs, relativement en bonne santé et encore disponibles pour nous aider quand on a besoin d’eux. Ce sera ainsi pour toujours, n’est-ce pas?

Jusqu’à ce printemps, il était facile de me bercer de mes naïves illusions. Mais à la fin du mois de mars, j’ai perdu ma dernière grand-mère. Elle aussi était supposée rester la même pour toujours. À 92 ans, elle avait du mal à marcher, mais habitait encore dans sa maison, adorait autant la visite et avait conservé non seulement toute sa tête, mais aussi son magnifique sens de l’humour (quelques mois après son départ, j’entends encore son rire contagieux résonner dans ma tête). Quand elle était là, à observer le monde à partir de sa fenêtre, au coeur de mon village natal, il n’y avait pas de raison de m’inquiéter: tant qu’on est encore la petite-fille de quelqu’un, on ne vieillit pas, et nos parents non plus.

Désormais orpheline de grandsparents, je ne suis plus une petitefille. Et la vérité, c’est que non seulement les parents vieillissent, mais ils meurent, aussi. Un mois après ma grand-mère, c’est mon oncle Alain qui s’en est allé. Et en écoutant le très bel hommage que mon cousin lui a rendu aux funérailles, j’ai chassé très vite la pensée qu’un jour, cette tâche va nous échoir, à mes frères et moi.

Il peut être angoissant de penser au fait que nos parents vieillissent, mais se mettre la tête dans le sable ne fait qu’accentuer le choc, le jour où on réalise qu’ils ont besoin d’aide. Surtout si notre situation familiale est compliquée. Nos parents sont séparés et ont refait leur vie avec de nouveaux conjoints? Il y a des conflits dans la famille? Nos frères et soeurs habitent à l’autre bout de la province, ou du monde? S’il est difficile de trouver une date pour réunir tout le monde à Noël, ce ne sera pas de la tarte de déterminer qui conduira maman à ses rendez-vous hebdomadaires chez le médecin!

En lisant le reportage Que doit-on à nos parents? (p. 60), j’ai réalisé ma chance d’avoir une bonne relation avec mes parents. J’ai aussi, une fois de plus, constaté à quel point les soins à donner à une personne malade reposent en majeure partie sur ses proches, qui se retrouvent souvent dépassés par la situation. Tôt ou tard, il faudra bien s’intéresser au sort de tous ces aidants coincés entre les exigences de leur vie familiale et de leur vie professionnelle, et l’attention requise par leurs parents âgés. Si on savait qu’un réseau fiable nous soutiendrait au moment où on en aurait besoin, on serait peut-être moins angoissés à l’idée que nos parents vieillissent...

Claudine St-Germain
Rédactrice en chef
Septembre 2016

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