Psychologie

Édito juin 2016 - Le poids du bikini

Billet de blogue par
Édito juin 2016 - Le poids du bikini

  Photographe : istockphoto.com

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Édito juin 2016 - Le poids du bikini

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Si vous êtes une habituée de Coup de pouce, vous savez que nos reportages mode mettent plus souvent en vedette des lectrices que des mannequins. Ça fait partie de ce qui nous distingue, et c’est cohérent avec notre mission pratique: on ne peut pas donner de conseils pour avantager sa silhouette en présentant des vêtements sur une mannequin de 19 ans portant la taille 0.

Ça me réjouit toujours de constater à quel point on peut faire de belles photos avec des femmes n’ayant jamais posé professionnellement devant la caméra. Et mon admiration augmente d’un cran quand on fait un spécial maillots comme celui que vous trouverez à la page 46. Dégager une telle assurance alors qu’on pose en maillot de bain pour un magazine qui sera vu par un million de personnes, il faut le faire!

J’avoue que, si je suis si impressionnée, c’est notamment parce que je fais partie des femmes qui ont une relation difficile avec les maillots de bain. La seule raison pour laquelle j’en possède un, c’est qu’il s’agit d’un article essentiel pour profiter pleinement de l’été. Autrement, ce n’est qu’un symbole d’inconfort (surtout quand il est mouillé, beurk!) et un rappel (brutal) du fait que ma silhouette n’est pas de celles mises en valeur par un joli bikini.

Heureusement, on n’en est plus au temps où il n’y avait point d’options entre le deux-pièces rikiki et les modèles de type matrone. Ça vaut la peine de chercher un maillot qui, à défaut de nous métamorphoser en sirène, nous réconciliera avec les parties de notre corps qu’on exhibe rarement en public. Il faut simplement s’armer de courage pour affronter l’épreuve que représente l’essayage: se voir aux trois quarts nue dans un maillot trop petit ou trop grand, blafarde sous la lumière des néons, avec les jambes à moitié faites et des marques d’élastiques de bas sur les mollets est une sérieuse épreuve d’endurance pour l’estime de soi.

L’an passé, une auteure et blogueuse américaine, Jennifer Trout, a créé un buzz international en publiant sur le Huffington Post une photo d’elle en bikini taille plus. Elle racontait comment son entourage avait semblé mal à l’aise à l’idée qu’une femme ronde comme elle porte un bikini, comme s’il était impensable, voire tabou, qu’on ne cherche pas à tout prix à se dissimuler quand on ne correspond pas aux canons de beauté. «La raison pour laquelle ces gens ne veulent pas voir un gros corps dans un bikini est parce que, depuis toujours, ce vêtement est un trophée qu’une femme mérite en étant suffisamment attirante pour avoir le droit d’exister, écrivait-elle. Si les grosses se mettent à porter le bikini sans crainte et sans honte, qu’arrivera-t-il? Se mettront-elles à avoir de l’amour-propre? Exigeront-elles qu’on les respecte? Qu’est-ce qui les forcera alors à rester à leur juste place? Et qu’en penseront les gens considérés comme “beaux” selon tous les standards?»

Peut-on imaginer un monde où chacune se promènerait sans gêne dans un maillot de bain la dévoilant telle qu’elle est, avec son surplus ou son absence de rondeurs, ses vergetures, ses rides et autres imperfections? J’ai bien peur que ce ne soit pas demain la veille... mais ça me fait du bien d’y penser.

Claudine St-Germain
Rédactrice en chef
Juin 2016

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