Partage des tâches : où en sommes-nous?

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Chez vous, qui fait quoi? Le partage des tâches est-il équitable? En êtes-vous satisfaite? Vous avez été nombreuses à répondre au sondage que nous avons mis en ligne l’automne dernier. Si certaines réponses étaient attendues, d’autres sont tout à fait étonnantes!

Qui fait quoi chez vous?
Le partage des tâches va plus loin que l'aspirateur et la vaisselle. Quand on énumère toutes les tâches d'organisation, de gestion et de soins aux enfants, on voit qu'on en fait beaucoup!

(Seulement 9 femmes sur plus de 200 répondantes ont dit en faire moins que leur conjoint!) 

Inéquitable... mais correct?
Quand on demande si le partage des tâches dans leur couple est équitable, les répondantes se rangent en trois camps:

30% disent que c'est très équitable;
30% disent qu'elles en font plus que leur conjoint, mais que c'est correct ainsi;
35% disent que c'est un sujet de dispute occasionnel ou constant.

Quelles solutions utilisez-vous pour un partage plus équitable?

56% J'en discute avec lui.
14% Je lui répète sans cesse de faire telle ou telle tâche.
9% Je ne fais pas les tâches que j'aimerais qu'il fasse.
21% Je n'ai pas de solution.

Une étude réalisée en 2013 par des chercheurs de l'Université du Missouri le confirme: partager les responsabilités domestiques favorise des mariages plus heureux. Mais attention! Partage n'est pas nécessairement synonyme d'égalité, soulignent les chercheurs. Chaque couple a une interprétation bien personnelle du mot «partage», l'essentiel étant de s'accorder mutuellement sur ce partage.

De quelle façon le partage des tâches s'est-il établi dans votre relation?

20% Le partage des tâches n'est pas encore bien établi dans notre couple.
64% Ça s'est fait naturellement, au fil du temps.
13% Après plusieurs chicanes, un certain partage a fini par se faire.
3% On a discuté longuement pour trouver la bonne façon de partager les tâches. 

En parler, le plus tôt possible!
Une étude menée par le Sloan Center de l'Université de Californie à Los Angeles a montré que, pour éviter toute confusion en ce qui a trait au partage des tâches (et les conflits qui vont parfois avec!), il est important de parler du quoi, du quand et du comment des tâches ménagères. Les couples qui ont affirmé en avoir discuté dans les débuts de leur relation ont aussi rapporté passer moins de temps et d'énergie à débattre du sujet. Inversement, les couples qui n'avaient pas organisé le partage des tâches de façon claire au préalable devaient «renégocier leurs responsabilités jour après jour», et cela provoquait des conflits.

Que reprochez vous à votre conjoint?

8% Il en fait beaucoup moins que moi.
20% Il oublie souvent d'accomplir certaines tâches.
33% Il ne semble pas se rendre compte de tout ce que je fais.
39% Rien.
28% des répondantes ont avoué que, si leur conjoint valorisait davantage les tâches qu'elles faisaient, celles-ci leur paraîtraient plus agréables. «Les couples heureux se disent de 5 à 10 fois plus de compliments que de reproches», souligne Yvon Dallaire, psychologue, sexologue et auteur. Si on désire plus de reconnaissance, on peut commencer par en donner davantage, suggère-t-il. Un peu de renforcement positif, comme un merci ou une petite tape sur l'épaule pendant que l'autre cuisine un bon repas, peut faire toute la différence. «Plus on renvoie une image positive à quelqu'un, plus cette personne aura envie de nous faire plaisir et de conserver cette image», rappelle le psychologue.

Quelles tâches confiez-vous à des tiers?
Aucune, pour 57% des répondantes. Mais près du tiers laissent la tonte du gazon et le déblayage de la neige à quelqu'un d'autre.

Quand on leur demande quelles tâches elles aiment faire et lesquelles elles détestent, 56% des répondantes disent aimer beaucoup faire les courses, tandis que 61% rechignent à l'idée de faire du ménage.


 

Partage des tâches: 5 erreurs à éviter

Autre résultat issu de l'étude du Sloan Center: plus encore que l'équité du partage des tâches, c'était le sentiment de former une équipe qui donnait le plus de satisfaction aux couples. On met toutes les chances de notre côté en évitant de faire ce qui suit.

1. Souligner les tâches que l'autre ne fait pas. Au retour d'un 5 à 7 entre copines, on apostrophe notre conjoint avec la phrase assassine: «Tu n'as pas encore fait la vaisselle!» Il a pourtant cuisiné le souper des enfants, supervisé les devoirs, lu une histoire et peut-être même fait un peu de lessive. «Si on ne remarque pas ce que l'autre fait de bien, il risque de démissionner, en se disant qu'il ne fait jamais rien de correct de toute façon», précise Yvon Dallaire.

2. Dire à l'autre comment faire. Une répartition équitable des tâches ménagères ne veut pas dire qu'elles doivent être accomplies de manière identique. «Chaque personne possède sa façon de faire les choses, d'agir et de penser», explique Sylvie Boucher. Il faut accepter cette différence et permettre à l'autre d'être ce qu'il est. Après tout, qui aime être confiné dans un rôle d'exécutant ou être infantilisé?

3. Tout calculer. Il est 23 h et on réalise que la dernière brassée est restée dans la laveuse. Pour déterminer qui se lèvera pour charger le tout dans la sécheuse, on énumère nos tâches de la soirée: «J'ai fait le souper, promené le chien et payé les comptes! - Et moi, tu crois que je n'ai rien fait? J'ai été chercher du lait, j'ai déblayé l'entrée et j'ai fait la vaisselle! - Au cours du dernier mois, j'en ai fait beaucoup plus que toi! Etc.» Ce qui, au départ, n'était qu'un petit incident se transforme alors en véritable lutte de pouvoir!

4. Sexualiser les tâches. Par souci d'affinité et d'efficacité, il est préférable de laisser notre chéri passer l'aspirateur, si tel est son désir, et de s'occuper du jardin, si c'est nous qui avons le pouce vert. «Il ne faut pas hésiter à inventer nos propres règles pour trouver le bonheur et l'équilibre dans le partage des tâches», affirme Yvon Dallaire.

5. Se comparer aux autres. Pour prouver à l'autre qu'il n'en fait pas assez, on lui dit: «Mon beau-frère, lui, fait le souper en arrivant du boulot!» Et si notre beau-frère n'était pas aussi présent pour les enfants ou aussi habile de ses mains que notre conjoint? «Il n'existe pas de règle quant à la répartition des tâches ménagères dans le couple. Chaque conjoint utilise ses habiletés pour faire du foyer un endroit où il fait bon vivre», indique Sylvie Boucher.

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