Argent et consommation

Organiser une collecte de fonds étape par étape

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Thinkstock Photographe : Thinkstock Auteur : Coup de Pouce

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Organiser une collecte de fonds étape par étape

Qu'on souhaite amasser 10 000 $, 100 000 $ ou 500 000 $, une collecte de fonds requiert avant tout une bonne organisation. «L'improvisation est la pire des erreurs», affirme Janick Tremblay, ancienne présidente du C.A. de Centraide Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui oeuvre toujours auprès d'associations caritatives. «L'échéancier doit être planifié sur le long terme et inclure certaines variables, comme le temps de réflexion des personnes sollicitées», renchérit Odile Brunelle Beauchemin, responsable du développement au Musée d'art de Joliette.

1. S'inspirer du succès des autres

S'informer, comparer, s'entourer. En exerçant nos talents de recherchiste, on pourra prendre le pouls de ce qui se fait ailleurs, s'inspirer de projets qui ont des parentés avec le nôtre, s'informer sur leur fonctionnement, leurs activités, leur portée. «L'exercice permettra de s'assurer que notre cause est valable et qu'elle n'est pas déjà défendue par un organisme, précise Mme Brunelle Beauchemin. Une quantité phénoménale d'organismes de bienfaisance sont déjà actifs et bien établis dans la communauté. Parfois, il vaut mieux rassembler les forces plutôt que de multiplier les efforts et disperser l'intérêt des donateurs potentiels.»

 

2. Se fixer un objectif réaliste

Comment? Il importe d'abord de faire un budget en additionnant la somme nécessaire à la concrétisation du projet au montant total des dépenses prévues (les coûts liés à la tenue d'un événement-bénéfice, s'il y a lieu). À partir de ce calcul, une formule mathématique très simple permet de se fixer un but réaliste. «Afin d'estimer ce qu'on est en mesure d'amasser, on établit la liste des donateurs potentiels et le montant maximal qu'on s'attend à recevoir de chacun d'eux, dit Mme Brunelle Beauchemin. La règle d'or en philanthropie veut que, sur trois personnes sollicitées, la première offre le montant demandé, la deuxième une somme moins grande et la dernière, rien.» Grosso modo, on peut miser sur l'obtention du tiers de nos prédictions et ajuster notre objectif en conséquence. «Il est plus sage de revoir ses attentes à la baisse, puis de les surpasser, que l'inverse. Les gens veulent s'associer à un succès», juge-t-elle.

3. Choisir la bonne formule

Les avenues à emprunter pour arriver à nos fins sont nombreuses. «Pour les petites campagnes, il y a toujours une prime accordée à l'originalité. Il ne faut pas avoir peur de surprendre, de déjouer les attentes», affirme Mme Brunelle Beauchemin. Elle se souvient avec fierté de la fête de fermeture temporaire du Musée, avant le début des travaux de rénovation: «Chaque donateur était invité à démolir un pan de mur en donnant des coups de masse, après avoir défilé sur un tapis rouge... en papier bulle.» Chaque objectif est une occasion de réinventer la formule. «Mais inutile de se casser la tête, poursuit-elle. Il suffit que le lien entre la cause et la manière soit clair. Pour financer un voyage, par exemple, pourquoi ne pas organiser un garden-party thématique, comme une soirée tapas ou un vins et fromages?» Certaines associations proposent également des sources de financement efficaces et bien implantées, qui encouragent parfois le développement durable et la découverte de produits locaux, comme la cueillette de canettes consignées ou la vente de fromages d'ici. À noter: selon la formule choisie, certains permis d'exploitation seront exigés. Par exemple, dans le cas d'une soirée-bénéfice qui implique la vente de boissons alcooliques ou un tirage, il faut transmettre une demande à la Régie des alcools, des courses et des jeux 15 jours avant la tenue de l'événement. Tarifs et formulaires en ligne: racj.gouv.qc.ca.

4. Créer un argumentaire efficace

Selon Daniel Lapointe, auteur de La Gestion philanthropique, guide pratique pour la collecte de fonds, l'argumentaire est notre carte de visite. Peu importe la forme qu'il emprunte (communiqué diffusé par courriel, vidéo de présentation, brochure distribuée en porte-à-porte, etc.), il doit conquérir autant la tête que le cœur du futur donateur. Dans cet exposé succinct de notre projet, qui en décrira les grands enjeux, on prendra aussi soin d'informer les donateurs potentiels sur l'utilisation et l'impact de l'argent recueilli. «Il s'agit là d'une façon de rassurer le donateur et faire en sorte que notre démarche soit prise au sérieux», ajoute M. Lapointe. Janick Tremblay est du même avis: «Le carburant d'une collecte de fonds, c'est la cause. Et une bonne cause comporte un objectif précis et convaincant, est facile d'adhésion et d'une clarté limpide dans le message.»

5. Rallier les gens à notre cause

«On donne d'abord aux personnes qui épousent des causes, et non aux causes elles-mêmes, estime Daniel Lapointe. Le don est une question de relations et il faut se servir des nôtres, même les plus ténues. Qui peut nous prêter main-forte? Qui est touché par mon projet?» Pour rallier les gens à notre cause, il faut réseauter et favoriser le bouche-à-oreille. La peur de se faire dire non ne doit pas être un frein, notamment au moment d'approcher les entreprises. «Il ne faut pas oublier qu'une association heureuse leur donne de la visibilité, en plus de les aider à se forger une image positive auprès de leur clientèle, rappelle M. Lapointe. Le partenariat est gagnant-gagnant et devient une extension de leurs relations publiques.» Néanmoins, il est approprié de prévoir un plan de reconnaissance, même modeste, pour remercier l'ensemble des donateurs, petits et grands. Une lettre de remerciement, une carte postale une fois arrivée à destination, une mention dans le programme du spectacle, etc.

Pour aller plus loin

> La Gestion philanthropique, guide pratique pour la collecte de fonds, par Daniel Lapointe, Presses de l'Université du Québec, 2013, 238 p., 25 $.

> Imagine Canada. La voix des organismes caritatifs au Canada, qui vise à faire la promotion du rôle et de la contribution des OSBL à la société canadienne. Infos: imaginecanada.ca/fr.

> La fondation communautaire du grand Québec. Un outil pour quiconque souhaite créer un fonds pour une cause qui lui tient à cœur, avec une liste des fonds déjà existants, établie par secteurs d'activité. Infos: fcommunautaire.com.

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