Argent et consommation

Le salaire du bonheur

Le salaire du bonheur

Thinkstock Photographe : Thinkstock Auteur : Coup de Pouce

Argent et consommation

Le salaire du bonheur

Combien de femmes sont toujours «à dix kilos du bonheur »? Beaucoup. Mais il y en a aussi beaucoup qui se trouvent toujours à «dix mille dollars du bonheur». Ou 20 000$, 30 000$, 40 000$... Et ce, peu importe leur revenu. Quel est donc le salaire du bonheur? Existe-t-il?

Les mauvaises motivations

Eh bien, non. «Depuis le début des années 60, le revenu disponible des ménages ne cesse d'augmenter, souligne Jacques Forest, psychologue et professeur chercheur à l'École des sciences de la gestion de l'UQAM. Mais le niveau de bonheur, lui, n'augmente plus.» L'argent ne fait donc pas le bonheur?

Oui et non. «L'argent est un super outil pour éloigner les irritants de la vie, poursuit le psychologue. Se loger, se nourrir, prendre soin des siens. Mais au-delà d'un certain seuil, il n'a plus aucun effet sur le bonheur.» L'argent, c'est super efficace pour motiver... à court terme. On dit que si vous êtes insatisfait au travail, une augmentation de salaire vous motive six mois, pas un jour de plus.

Travaillez-vous pour l'argent? C'est ce qu'on appelle une motivation extrinsèque, elle vient de l'extérieur. Il existe quatre types de motivations au travail, deux partent de nous et deux de l'extérieur. On peut travailler par plaisir ou par vocation, parce que notre travail a un sens à nos yeux. Ce sens n'est pas nécessairement évident; parfois, il faut un petit effort. «Je déteste assister aux assemblées départementales, j'aime bien mieux enseigner, confie Jacques Forest. Mais je sais qu'elles sont importantes pour le fonctionnement de la faculté, alors, elles ont un sens à mes yeux.» On peut aussi travailler pour nourrir son ego. Être reconnu. Ou pour obtenir des récompenses: de l'argent, des prix. «Plus l'ego et les récompenses prennent de la place, moins il en reste pour le plaisir et le sens. Et moins l'argent vous apporte de bien-être», souligne Jacques Forest.

Les bons besoins

N'est-il donc pas possible de faire un job qu'on aime et qui paie bien? Bien sûr, répond le psychologue, à condition qu'on le fasse d'abord pour le plaisir. Le bonheur mène au succès et non l'inverse, telle est la thèse de la professeure Sonja Lyubomirsky, auteure de Comment être heureux et le rester.

Vous voulez que les fameux dix mille dollars de plus augmentent votre bien-être? Assurez-vous d'abord que vos trois besoins de base liés au travail sont comblés. Nous avons tous besoin d'autonomie. De nous sentir libres d'initier des actions et d'agir conformément à nos valeurs. Nous avons aussi besoin de nous sentir compétents. Et, finalement, d'entretenir des relations sociales satisfaisantes. C'est le besoin d'affiliation sociale.

Combien de plus voudriez-vous gagner? Plus ce chiffre est élevé, plus vous devriez vous questionner sur vos motivations au travail. «Maintenir son pouvoir d'achat contribue au bien-être, conclut Jacques Forest. Orienter toutes ses actions de l'année pour décrocher un boni n'y contribue pas.»

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