Argent et consommation

Créer son entreprise à 40 ans: c'est possible?

Créer son entreprise à 40 ans: c'est possible?

iStockphoto.com Photographe : iStockphoto.com Auteur : Coup de Pouce

Argent et consommation

Créer son entreprise à 40 ans: c'est possible?

Retourner aux études

Johanne Lavigne, 56 ans, propriétaire d'une garderie

«Suite à un divorce, je me suis retrouvée seule avec mes deux enfants, sans le sou et sans aucun diplôme. J'ai alors entrepris un retour aux études à temps plein. Des années après avoir quitté les bancs de l'école, j'ai obtenu mon diplôme d'études secondaires, en sept mois seulement! C'était tout un exploit, parce que j'ai dû reprendre mes études de première secondaire dans plusieurs matières. J'ai poursuivi ma formation en m'inscrivant au Cégep en technique d'éducation à l'enfance. Après un an d'études intensives, je travaillais déjà en garderie, diplôme en main!

Quelques années plus tard, une amie m'a appris qu'une garderie en milieu familial fermait ses portes et m'a suggéré de m'ouvrir la mienne. Jamais l'idée de me lancer en affaires et de créer mon entreprise ne m'avait traversé l'esprit! Même si je n'avais pas d'argent à investir, je suis allée voir ce que la propriétaire de l'ancienne garderie avait à vendre. Quand elle a su que je pensais peut-être créer la mienne, elle m'a tout laissé pour 150$! Les matelas, les jouets, les chaises hautes, etc. J'ai alors immédiatement loué un logement plus grand que j'ai entièrement retapé pour accueillir les enfants.

J'ai ma propre garderie en milieu familial accréditée depuis maintenant 12 ans. C'est fou ce qu'on peut faire avec 150$ et un peu de cœur au ventre!»

Son conseil: Ça vaut la peine de retourner aux études après 40 ans. Le cerveau est comme un muscle: avec un peu de pratique, il reprend du service!

 

Concilier travail, famille et passion

Josée, 40 ans, propriétaire de Lilyécolo

«À la mi-trentaine, mon horloge biologique d'entrepreneure a sonné. Je rêvais de créer mon entreprise depuis que j'étais toute petite, mais là j'en sentais l'urgence. Je devais faire quelque chose, mais quoi?

Je voulais trouver une idée d'affaires qui me colle vraiment à la peau pour qu'elle puisse évoluer avec moi. Avant la naissance de mon premier enfant, je faisais du démarchage de commanditaires pour une boîte de publicité, j'avais une formation en mise en marché de la mode, un esprit créatif, le besoin d'être disponible pour ma famille et l'envie de faire ma part pour l'environnement. J'ai donc dessiné un triangle avec les mots design, écologie et famille aux trois extrémités et un point d'interrogation au centre. Et puis Eureka! J'avais trouvé: j'allais me lancer dans le design, la confection et la vente de sacs de magasinage écologiques à partir de chez moi.

Lors du démarrage de mon entreprise, j'ai eu la chance de pouvoir me fier sur mon conjoint pour pourvoir aux besoins de base de notre famille. Les cinq premières années, j'ai brassé beaucoup d'argent et roulé sur des marges de crédit. Maintenant que mes enfants sont plus grands, je veux m'investir davantage dans mon commerce.

Être mon propre patron me permet de concilier mon besoin d'épanouissement personnel et mon envie de prendre soin de ma famille. Nous avons installé mon atelier au garage, mon conjoint va travailler à vélo et je fais du bénévolat à l'école des enfants. Mon entreprise génère de la valeur pour ma famille et ma collectivité. Pour moi, c'est le plus important!»

Son conseil: trouver une idée d'affaire connectée à soi pour passer à travers les embuches et évoluer avec elle.

Se faire confiance

Marcelle Geoffroy, 41 ans, propriétaire de La Jouetterie

«Avant la naissance de mon fils, j'étais secrétaire comptable. Comme je ne voulais absolument plus travailler dans ce domaine, j'ai mis sur pied une garderie en milieu familial. Pendant les six années où j'ai tenu ma garderie, j'avais à trouver de nouveaux jouets éducatifs pour les enfants, dont certains jeux spécialisés pour une petite fille handicapée. C'était compliqué, il n'y avait pas de boutique spécialisée dans mon coin, ni de conseiller pour orienter mes choix. J'ai alors eu l'idée d'ouvrir mon propre petit magasin de jouets.

Quand je me suis lancée dans l'aventure, je n'y connaissais absolument rien! J'ai loué un local et j'ai monté mon entreprise en même temps que ma garderie. L'été où tout a démarré, j'amenais même les enfants à la boutique pour qu'ils puissent m'aider à placer les jeux sur les tablettes!

Pour trouver la mise de fonds nécessaire au démarrage de mon projet, mon conjoint et moi avons dû faire un refinancement hypothécaire. Aux dires de mes fournisseurs, il m'aurait fallu investir bien davantage. Ils me répétaient sans cesse que mon magasin n'était pas assez plein, que ça ne fonctionnerait pas. C'était inquiétant parce que nous n'avions vraiment pas les moyens de nous planter! Mais je me suis écoutée et j'ai augmenté mes commandes petit à petit. Ma plus grande peur était de ne pas être capable de gérer la comptabilité, mais je m'en sors plutôt bien.

Aujourd'hui, ma boutique fonctionne très bien! Je travaille tard le soir et il m'arrive encore de ne pas dormir la nuit. Quand je regarde les autres commerçants qui ont acheté des commerces existants ou repris l'affaire familiale, je suis assez fière.»

Son conseil: Garder notre projet d'affaires secret jusqu'à ce qu'il se concrétise. Ne pas en parler reste la meilleure façon de ne pas se laisser décourager.


La version originale de cet article a été publiée sur vitamagazine.ca

 

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