Argent et consommation

Choisir ses chaussures de sport

Choisir ses chaussures de sport

IStock Photographe : IStock Auteur : Coup de Pouce

Argent et consommation

Choisir ses chaussures de sport

Qu'on entre dans un magasin généraliste ou dans une boutique spécialisée, ce qui frappe, c'est le nombre de modèles de chaussures de jogging offerts. Les souliers de course ont la cote. «La course, qui se pratique autant sur la route qu'en sentier, en forêt et en montagne, gagne en popularité. Mais il faut dire que bien des gens achètent ce type de chaussures pour faire toutes sortes de sports, pas juste du jogging», explique Léo Viger-Bernard, spécialiste en course à pied et conseiller chez Mountain Equipment Co-op (MEC) à Montréal. Pourtant, il se pourrait fort bien qu'un autre type de chaussure soit plus approprié à nos besoins, surtout si on ne court pas. Conseils de pros.


Avant de magasiner...

On se renseigne sur les dernières innovations
«La grande tendance en matière de chaussures de sport ces dernières années, c'est l'allègement, signale Alain Dufort, éducateur physique et responsable des achats de chaussures à la Boutique Courir de Montréal. D'une saison à l'autre, les compagnies ne cessent d'abaisser le poids de leurs souliers en utilisant des matériaux de plus en plus légers.»

François Prince, directeur du département de kinésiologie de l'Université de Montréal, salue ces changements. «C'est bien, car la légèreté ajoute à l'agrément de courir et de bouger. Quand on enlève ne serait-ce que quelques dizaines de grammes à un soulier, c'est autant de poids de moins à porter. Les compagnies ont aussi diminué l'épaisseur des semelles pour favoriser la stabilité grâce à un meilleur contact entre le pied et le sol.»

Ces transformations sont influencées par une tendance dite minimaliste, qui favorise une chaussure se rapprochant le plus possible du pied nu pour respecter sa biomécanique naturelle dans la pratique du sport, particulièrement de la course. Ce courant prône l'utilisation d'une chaussure simple, légère, flexible, avec une semelle mince qui ne présente presque pas de différence de hauteur entre le talon et l'avant du pied.

«Depuis deux ans, ce mouvement influence la tendance que prennent les fabricants de chaussures, remarque aussi Blaise Dubois, physiothérapeute. Les grosses chaussures de jogging commencent à disparaître, les compagnies abaissent graduellement la hauteur des talons. Elles simplifient leurs produits et y mettent de moins en moins de technologie. Pour moi, c'est une bonne nouvelle. J'apprécie également le fait que les compagnies amorcent ces transformations en douceur, parce que tout changement radical risque d'entraîner des blessures.»

François Prince note aussi des innovations en ce qui a trait au confort. «Certains fabricants, par exemple, utilisent dans la semelle qui sert à doubler le talon une mousse "à mémoire" qui s'adapte à la morphologie du pied pour un confort accru.»

 

On se fixe une limite de prix

Selon les spécialistes interrogés, le prix moyen d'une bonne chaussure de sport devrait varier entre 100 $ et 150 $. François Prince conseille de magasiner pour trouver le modèle le plus confortable et le mieux adapté à nos besoins, mais d'attendre ensuite les soldes dans les grandes surfaces pour l'acheter. «De cette façon, on peut parfois s'en tirer pour 70 $», dit-il. Bon à savoir: les boutiques spécialisées ne font pas de soldes; en revanche, elles vendent leurs souliers souvent moins cher que le prix de détail suggéré.

L'essayage

On magasine en fin de journée, conseille François Prince. «Vers 16 h ou 17 h, nos pieds ont légèrement enflé et sont un peu plus longs, dit-il. C'est le bon moment pour essayer des souliers.»

On oublie le marketing et l'esthétique et on mise sur le confort. «Il faut que la chaussure se moule bien à la forme de notre pied, précise Blaise Dubois. Nos orteils doivent pouvoir s'y déployer naturellement, et on doit pouvoir les bouger. Il faut aussi prévoir au moins 1 cm d'espace devant notre orteil le plus long, car le pied gagne en longueur quand on y met de la pression.» On ressent un inconfort? Ça ne s'améliorera pas avec le temps: on oublie ce modèle et on passe au suivant.

Si la chaussure est serrée, on demande à essayer une version plus large du même modèle. Si on a le pied très large, on peut se tourner vers les modèles pour hommes; toutefois, sur ces modèles, la région du talon est aussi plus large et l'arrière de notre pied risque d'y flotter un peu.

On essaie toujours les deux souliers et on les lace correctement. «Ensuite on bouge, conseille Alain Dufort. On court un peu dans le magasin ou on fait des mouvements et des déplacements typiques du sport qu'on pratique pour tester le confort de la chaussure.» Il est également important de les essayer avec le genre de chaussettes qu'on porte pour notre activité.

«On s'assure que notre talon ne se soulève pas quand on marche et que notre pied reste bien en place, dit Léo Viger-Bernard. Par exemple, notre pied ne doit pas glisser vers l'avant lorsqu'on descend une pente.»
On essaie au moins trois ou quatre modèles, histoire de se faire une tête avant de choisir.

Quand devrait-on changer de chaussures?

On se fie à l'usure de la semelle. «Une usure irrégulière, c'est-à-dire plus marquée sur une partie de la semelle, par exemple sur le côté interne ou externe du talon, nous indique qu'il est temps de changer de chaussure, affirme Blaise Dubois. Autrement, cette déformation peut nous inciter à bouger de façon moins naturelle et entraîner des blessures.» L'apparition d'une douleur (genou, dos, cheville) après un entraînement sans qu'on ait rien changé à notre routine ou à nos activités est un autre signe que nos souliers sont peut-être trop usés. À titre d'exemple, François Prince estime qu'une personne qui s'entraîne régulièrement deux fois par semaine pourrait garder ses souliers durant deux ans. Une femme plus active, qui court quatre fois par semaine, devra peut-être changer après un an. Mais ce n'est pas une règle absolue, il faut vraiment observer l'état de la chaussure.

On a envie de changer de modèle? On demeure prudente. «Si on court depuis trois ans avec des chaussures de type traditionnel, qu'elles sont confortables et qu'on n'a pas de blessures, il n'y a pas de raison de changer, prévient Blaise Dubois. Par contre, si on commence un programme de course, on pourrait songer à opter pour une chaussure de type minimaliste. Et si on veut passer d'une chaussure traditionnelle à une minimaliste, on s'assure d'y aller progressivement.»

Une bonne façon de procéder: au début, on commence par courir une minute avec nos nouvelles chaussures plus minces, puis on termine notre entraînement avec nos vieilles chaussures. À chaque entraînement, on court une minute de plus avec les nouvelles chaussures. Léo Viger-Bernard suggère même d'être encadrée par un entraîneur dans un club de course lorsqu'on fait un tel changement.

 

Comment faire durer nos souliers

«S'ils sont mouillés, on retire la semelle interne et on la laisse sécher à la température ambiante. Jamais au soleil ni sur un calorifère, car cela pourrait endommager les matériaux», avise Alain Dufort.

Pour chasser l'humidité qui favorise le développement de bactéries et de mauvaises odeurs, on remplit nos chaussures avec du papier absorbant.

Pour les laver, on enlève la semelle interne et les lacets, on ouvre le soulier au maximum et on nettoie les taches avec un linge humide imbibé de savon liquide.

 

À LIRE: 3 façons de lacer ses souliers pour faire du sport

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