L'allaitement est-il compromis après une césarienne?
«Pas du tout, répond la Dre Francoeur. L'allaitement est plus long à mettre en branle lorsqu'on a eu une césarienne, mais pas plus difficile.» Selon Huguette Chapleau, infirmière en périnatalité au CLSC du Plateau Mont-Royal à Montréal, la montée laiteuse peut prendre 5 à 6 jours après une césarienne, comparativement à 3 ou 4 jours après un accouchement vaginal. L'allaitement peut alors être plus exigeant pour les mères, car les bébés ont très faim et sont souvent au sein. Une infirmière en périnatalité surveille donc la prise de poids du bébé; s'il n'est pas suffisamment nourri, elle proposera peut-être de supplémenter son alimentation avec du lait maternisé.

Comme l'allaitement s'établit mieux lorsqu'il est tenté le plus tôt possible après la naissance, on essaie de mettre le bébé au sein dans l'heure suivant sa naissance. «Dès que la mère est confortablement installée dans la salle d'éveil et que son état est stable, le bébé est mis au sein. Il est généralement très réveillé dans l'heure qui suit la naissance, donc plus réceptif», explique Mme Dorlean, qui ajoute que l'oxytocine, l'hormone libérée dans le corps de la mère pendant l'allaitement, agit aussi sur l'utérus et aide à contrôler les saignements, plus abondants après une césarienne.

Quel suivi médical prévoit-on après le congé de l'hôpital?
Le même qu'après un accouchement naturel, en ajoutant la surveillance de la plaie et des risques d'infection. Une infirmière en périnatalité du CLSC ou de l'hôpital fait un suivi téléphonique 24 heures après la sortie de l'hôpital et une visite à domicile dans les 48 à 72 heures. Mme Chapleau explique: «Durant la visite, l'infirmière évaluera la cicatrisation de la plaie, vérifiera s'il y a des signes d'infection, questionnera la mère sur son état physique, son alimentation, son succès à allaiter, son état émotif et restera attentive à tout signe de dépression plus sérieuse que l'habituel baby blues. Elle examinera aussi le bébé. Dans tous les cas, un suivi est offert tant qu'il en est besoin.»

 

À quoi ressemble la convalescence?
«La césarienne est une chirurgie majeure et exige un repos en conséquence, explique le Dr DiTommaso. Un rétablissement complet nécessite environ 2 mois.» Durant les premières semaines, on ralentit au maximum. «On dit aux mamans qu'elles ont deux priorités: allaiter et veiller aux soins de leur bébé, et s'occuper d'elle-mêmes et se reposer», dit Luce Michaud, infirmière en périnatalité au CLSC Ahuntsic à Montréal. Jusqu'à ce que la plaie soit bien guérie et que l'on se sente de nouveau en pleine forme, il faut:

 

  • limiter l'effort physique, en laissant tomber le ménage et en ne soulevant rien de plus lourd que le bébé. On suggère également de ne pas prendre le volant dans les deux semaines suivant la césarienne.
  • réduire les visites. Essentiel pour toutes les nouvelles mères, le repos l'est encore davantage pour celles qui ont subi une césarienne. Or, les visiteurs à longueur de journée empêchent de se reposer. Avant même d'accoucher, on peut expliquer aux amis et parents qu'on veut vivre nos premières semaines à la maison en famille dans l'intimité, ou établir un horaire de visites à respecter.
  • demander de l'aide pour les tâches quotidiennes comme préparer les repas, faire les courses ou prendre soin du bébé.
  • bien manger et boire beaucoup d'eau. Une alimentation riche en protéines maigres (produits laitiers, viandes maigres, noix et légumineuses, etc.) aide la plaie à guérir. On privilégie une alimentation variée avec trois repas par jour pour se donner de l'énergie. Si on allaite, il faut boire beaucoup d'eau, idéalement 8 verres par jour.
  • allaiter confortablement. Les infirmières en hôpital et en visite périnatale proposeront à la mère des positions d'allaitement confortables malgré la plaie de la césarienne.
  • éviter les relations sexuelles les six premières semaines, le temps que le col se referme.