Ai-je le droit de demander une césarienne?
Officiellement, au Québec, la césarienne élective n'est pas une option. Autant la Société des gynécologues et obstétriciens du Canada (SOGC) que l'AOGQ se sont prononcés contre cette pratique. «À ce jour, rien ne prouve que la césarienne est préférable à l'accouchement vaginal», explique la Dre Diane Francoeur, présidente de l'AOGQ et chef de l'unité des naissances à l'Hôpital Sainte-Justine de Montréal. Dans les faits, le médecin écoutera d'abord les raisons pour lesquelles une femme demande une césarienne élective. «Si elle demande une césarienne par peur d'accoucher, on en discute avec elle. On écoute ses craintes et on la rassure», dit la Dre Francoeur. Si c'est parce que la césarienne lui paraît plus facile, plus commode, le médecin va lui expliquer clairement le pour et le contre de la procédure.

 

Selon le Dr François Beaudoin, obstétricien gynécologue à l'Hôpital Ste-Justine, les femmes connaîtraient mal les risques liés à la césarienne. «Certaines pensent qu'il n'y a rien là, alors qu'il s'agit d'une intervention majeure pendant laquelle on ouvre le ventre. On ne fait pas une césarienne parce que c'est la mode ou que l'on craint d'avoir une vie sexuelle moins satisfaisante après un accouchement vaginal!» Cela dit, dans certaines circonstances particulières, la césarienne élective peut être envisagée. Par exemple, si une mère a connu un premier accouchement extrêmement difficile et que les chances sont grandes que le deuxième le soit aussi, le médecin peut juger, en accord avec elle, que la césarienne élective serait préférable.

 

Comment se déroule la césarienne?
La préparation. Pour une césarienne planifiée, on obtient un rendez-vous à l'hôpital. Dans le cas d'une césarienne d'urgence, l'équipe responsable de la césarienne se mobilise rapidement et la mère entre en salle d'opération de 30 à 60 minutes plus tard. S'il s'agit d'une césarienne de détresse (la santé de la mère ou du bébé est compromise), le tout se fait beaucoup plus rapidement: en cinq minutes, le bébé sera né. On prépare la mère à la chirurgie par les gestes de routine avant une chirurgie: enlever les bijoux et toute trace de maquillage, poser un soluté si ce n'est déjà fait, faire des prises de sang et obtenir le consentement écrit, explique Mme Woodeline Dorlean, infirmière à l'unité des naissances de l'Hôpital Montfort à Ottawa.

Vient ensuite l'anesthésie. «Si la femme est déjà sous péridurale (dans le cas d'une césarienne d'urgence), on continuera à administrer l'anesthésie par cette voie. Sinon, l'anesthésiste fera ce qu'on appelle un blocage rachidien. Comme la péridurale, c'est une injection dans la colonne vertébrale, mais ses effets sont plus immédiats, plus forts et durent moins longtemps», explique la Dre Francoeur. Dans les deux cas, la mère est pleinement consciente et ne ressent aucune douleur, mais elle peut sentir des pressions lorsque le bébé sort de l'utérus. En cas de grande urgence, on peut devoir pratiquer une anesthésie générale, plus rapide.

L'intervention. L'obstétricien pratique une incision de 10 à 12 cm de largeur en forme de sourire en haut du pubis. Normalement, le bébé est sorti de l'utérus dans les 5 à 10 premières minutes de l'intervention. Le médecin dégage les voies respiratoires du bébé et le remet à l'infirmière, qui vérifie son état, le lave et le donne à la mère, qui peut le prendre contre elle si elle va bien. Durant ce temps, le chirurgien retire le placenta et commence à recoudre les tissus. Le processus complet exige normalement de 30 à 45 minutes. En tout temps, le conjoint ou une personne accompagnatrice est présent avec la mère dans la salle d'opération et peut lui parler.

Après la chirurgie. Après l'avoir confié quelques minutes à la mère, l'infirmière responsable ramène le nouveau-né à la pouponnière pour le garder au chaud (il fait froid dans un bloc opératoire). Dès la chirurgie terminée, la mère est amenée en salle d'éveil où, si tout va bien, elle reste une ou deux heures, le temps de vérifier que son état est stable. Si bébé va bien, on le ramène à sa mère et ils ne se quittent plus de leur séjour à l'hôpital.