1950-1980: en pleine mouvance

De plus en plus de femmes choisissent d'accoucher à l'hôpital. En 1955, 67 % des mères donnent naissance en milieu hospitalier, contre 16 % quinze ans plus tôt. En 1961, la péridurale vient remplacer l'anesthésie générale. La même année, le gouvernement Lesage adhère au plan fédéral d'assurance- hospitalisation, ce qui convainc la presque totalité des Québécoises d'accoucher à l'hôpital.
De grands changements surviennent également au sein des foyers. En 1952, un livre révolutionne le concept d'autorité parentale: Comment éduquer et soigner son enfant. Son auteur, le Dr Benjamin Spock, invite les parents à éviter les recettes toutes faites en matière d'éducation, à s'affranchir du regard d'autrui et à écouter son instinct. «Chaque enfant est unique et a ses besoins propres», rappelle-t-il. Une philosophie qui tranche avec la conception rigide du rôle parental qui prévalait jusque-là et qui vaudra au Dr Spock d'être surnommé le «père de la permissivité».


La maternité devient un choix... parfois déchirant

L'arrivée de la pilule, en 1960, permet aux couples de planifier leur progéniture et engendre une réduction de la cellule familiale. Le taux de fécondité passe de 3,858 enfants en 1960 à 2,086 enfants en 1970. Les mères font moins d'enfants et se sentent appelées par un vent de changement. C'est que le féminisme souffle fort et leur insuffle une grande confiance en elles. Plusieurs, désireuses de s'émanciper, investissent le marché du travail et confient leur petit à un des services de garde naissants, mais néanmoins de plus en plus nombreux. Pour de nombreuses mères, cette promesse d'épanouissemment cède le pas à un sentiment rarement éprouvé avant: la culpabilité. «Laisser une autre femme éduquer mon enfant fait-il de moi une mauvaise maman?»