Leur personnalité à table
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Des solutions à nos problèmes
«Mon ado grignote tout le temps»
«Les besoins caloriques des adolescents sont très élevés, signale Marie-France Lalancette. C'est normal qu'ils mangent beaucoup.» À titre d'exemple, selon Santé Canada, les adolescents de 14 à 16 ans qui effectuent quotidiennement 30 à 60 minutes d'exercices modérés ont besoin en moyenne de 2 100 calories/jour (filles) et de 2 700 calories/jour (garçons). Lorsqu'ils pratiquent plus de 60 minutes d'activités par jour, leurs besoins énergétiques atteignent respectivement 2 350 et 3 100 calories/jour. En comparaison, une femme de 35 ans qui effectue des activités quotidiennes typiques n'a besoin que de 1 800 calories/jour. «Ça illustre combien il est difficile pour un ado en croissance de combler sa faim, dit Marie-France Lalancette.»
La règle est donc d'offrir une variété d'aliments nutritifs à la maison, soutient Marilyn Manceau. «Il faut faire en sorte que le choix le plus facile soit le choix santé.» L'ado qui revient de l'école doit avoir quelque chose à se mettre sous la dent. «Ayez un bol de fruits lavés, des légumes coupés et une trempette, et du fromage coupé en cubes dans le frigo», poursuit la nutritionniste. S'il n'y a que des croustilles dans le garde-manger, l'adolescent va se lancer dans le sac. On propose des collations nutritives comme des fruits, des noix mélangées, un sandwich au beurre d'arachide ou une mini-pizza et on le laisse faire son choix.
«Mon fils consomme beaucoup de fast-food»
Il y a moyen de faire compétition à la restauration rapide, croit Marie-France Lalancette. «Ce que les jeunes apprécient du fast-food, c'est sa rapidité, note-t-elle. Si on prépare un lunch ou une collation pour notre ado, c'est souvent ce qu'il mangera parce que c'est le choix le plus facile et le plus rapide. Il va même préférer ça à l'idée de dépenser son argent au casse-croûte.» Comme ils sont souvent actifs, les ados apprécient un lunch qui se mange vite et bien, poursuit Marilyn Manceau. «On oublie les plats à réchauffer et ceux qui commandent l'utilisation d'ustensiles.»
Interdire le fast-food n'est pas la solution. «On se reprend en offrant des aliments de qualité à la maison, suggère Marie Breton. Si, à l'extérieur, notre grande ne boit pas beaucoup de lait et ne mange pas vraiment de fruits, on met le paquet pour lui en offrir. L'importance des besoins caloriques des ados sauve leur diète. Au bout de la journée, même s'ils ont consommé du fast-food, ils ont aussi mangé des aliments nutritifs nécessaires à leur développement.»
«Ma fille s'est mise au régime et saute des repas»
Les nutritionnistes interrogées confirment que l'obsession de la minceur encourage plusieurs adolescentes à suivre un régime. «Pour prévenir la situation, on valorise les qualités personnelles de notre ado plutôt que son apparence, conseille Marie-France Lalancette. On lui parle des risques que comportent les diètes en période de croissance. On lui fait aussi valoir qu'elles augmentent ses chances de prendre du poids par la suite. C'est prouvé que les jeunes filles qui ne se mettent pas au régime courent moins de risques de devenir obèses que celles qui font des diètes.»
Il faut aussi faire comprendre aux jeunes filles que leur poids va doubler de 8 à 18 ans. C'est donc normal de prendre du poids à l'adolescence, c'est un effet de la croissance. «On devrait éviter d'avoir un pèse-personne à la maison, ajoute la nutritionniste, auteure du livre Adieu régime, bonjour la vie!. Une jeune fille qui n'a pas de pèse-personne à la maison risque moins d'être obsédée par la minceur que celle qui voit sa mère se peser chaque jour.» On peut aussi faire prendre conscience aux ados que les images véhiculées dans certains magazines sont truquées. «Que des corps aussi minces, ça n'existe pas! dit Pascale Morin. On allonge les jambes, on affine la taille à l'ordinateur, etc.» Toutefois, si on pense que le problème d'obsession de la minceur de notre ado est sérieux, on consulte une nutritionniste ou un médecin.















