Les règles d'or
Quel que soit l'âge de nos enfants, la nutritionniste Marie Breton, collaboratrice de Coup de pouce et auteure de plusieurs livres, dont À table, les enfants! et À table en famille, croit que le partage des responsabilités est une approche gagnante, car chacun a son rôle à jouer dans l'alimentation. Les parents ont la responsabilité d'offrir des repas variés et équilibrés, de mettre en place des horaires réguliers pour les repas et les collations, et de faire en sorte que le déroulement du repas soit agréable. «Après, c'est l'enfant qui choisit ce qu'il mange parmi les aliments offerts, souligne-t-elle. Il décide aussi de la quantité qu'il veut manger. L'enfant reconnaît naturellement ses signaux de faim et de satiété. Il a cette capacité à la naissance. Souvent, il la perd parce qu'il s'est fait dire: "Finis ton assiette" ou "Mange encore quatre bouchées de viande", etc. Il faut lui faire confiance.»

Si les nutritionnistes interrogées reconnaissent que le Guide alimentaire canadien sert de modèle, elles précisent également qu'il ne faut pas en faire une obsession. «Certains enfants ont peu d'appétit et ne mangeront jamais les minimums recommandés, explique Marie-France Lalancette, nutritionniste au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine. D'autres sont plus affamés. Il faut que la faim soit le critère qui guide le nombre de portions que notre enfant mange.» «Les parents doivent aussi servir de modèles, ajoute Marilyn Manceau, nutritionniste chez NutriUM, le Centre universitaire de nutrition préventive de l'Université de Montréal. Pour savoir ce qui est sécuritaire et bon à manger, l'enfant se fie à ses parents.» Il est donc recommandé de manger en famille. «Les enfants qui mangent le plus souvent à la maison en famille mangent mieux, affirme Marie Breton. On mange avec eux, la même chose qu'eux, on prend plaisir à manger et on ne force pas notre enfant à finir son assiette. Malheureusement, certains parents veulent que leurs enfants adoptent de saines habitudes alimentaires rapidement. Ils poussent et finissent par obtenir le comportement contraire. Lorsqu'on met moins de pression, les choses s'améliorent.» Manger en famille apporte aussi un soutien affectif, remarque Pascale Morin, consultante en nutrition et chercheuse au CSSS de Sherbrooke. «Les enfants qui mangent en famille sont moins anxieux et souffrent beaucoup moins de dépression que ceux qui mangent seuls devant la télé ou l'ordinateur.»

On ne devrait pas non plus utiliser les aliments comme punition ou comme récompense. Le traditionnel «Mange tes légumes, sinon, tu n'auras pas de dessert» est à proscrire. «Ça crée un attrait pour le dessert et une aversion aux légumes», note Marilyn Manceau. À l'inverse, on ne devrait pas récompenser nos enfants avec des aliments. «Dire, par exemple, qu'on ira se payer une frite si notre enfant a une belle journée à l'école crée une association malsaine. L'enfant comprend que, quand on veut se récompenser, on mange. Et, en prime, on mange du fast-food!» Il y a d'autres façons de féliciter les enfants, notamment en faisant des activités avec eux (sortie cinéma, bricolage, jeux au parc, etc.).

À surveiller
Attention aux boissons sucrées!
Les jus ne sont pas nécessaires à l'alimentation des enfants, soutient Sophie Mercure, nutritionniste clinicienne au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke. «Un verre de 250 ml de jus de fruits, même purs à 100 %, contient la même quantité de sucre qu'une boisson gazeuse, dit-elle. Il s'agit d'un véritable coupe-faim! De plus, le jus favorise la carie dentaire.» Pour étancher leur soif, on donne de l'eau à nos enfants.

On ne coupe pas dans le gras

Les enfants vont chercher une partie de leurs besoins caloriques dans le gras. Jusqu'à 2 ans, on privilégie le lait à 3,25 %. Ensuite, on peut passer au lait à 2 ou à 1 %, mais jamais au lait écrémé. On évite aussi d'acheter du yogourt ou du fromage légers.